[les carnets de route ailleurs là-bas]
éphémérides : lever du soleil 06:08, coucher 20:26, premier quartier /// prévision météo San Francisco : matin 15°C, après-midi 18 ress. 21, soir 17, nuit 14
TRAJET 25/07 /// San Francisco – jour 1
Écouter les bruits de la ville, sentir ses vibrations, ses pulsations. Le calme une partie de la nuit et au petit matin la circulation reprend, des sirènes de véhicules de pompier, police ou ambulance retentissent dans les rues encore peu fréquentées, les voitures glissent sur le bitume humide, les camions poubelles s’arrêtent devant les habitations, les éboueurs échangent des mots incompréhensibles, la corne de brume sonne au loin dans la baie.

On a cherché l’adresse de la maison bleue dans le quartier de Mission District, on a marché jusqu’à l’apercevoir en remontant la 18th Street, au 3841, parce qu’elle fait partie de notre jeunesse, de notre histoire. On la chantait sur la route des départs en vacances, l’été dans les années 70, on la fredonnait encore à la rentrée des classes et on rêvait déjà d’Amérique. La maison bleue est devant nous, mais tellement inaccessible. Alors, on s’imagine monter les marches, ouvrir la porte et rentrer comme on rentrerait chez soi en jetant la clé sur la table.


Dans Balmy Street, il y avait un homme d’origine mexicaine, un sac de courses au bout des doigts, qui s’est arrêté devant cette peinture de street art et à récité à voix basse un Je vous salue Marie. Puis il a marché jusqu’au bout de la rue Balmy et je l’ai perdu de vue.


Les rues sont sales, sentent mauvais, le quartier semble à l’abandon, les passants en transit, des SDF dorment à même le sol bétonné du trottoir. La misère s’affiche devant nos yeux, impudique, bien réelle.

Amoeba Music, un arrêt indispensable pour les amateurs de musique. Des centaines de vinyles pour les nostalgiques. Quelques livres d’occasion et l’achat de Day out of Days de Sam Shepard, 8,98$, from one of our most acclaimed writers, précise la quatrième de couverture. Un ensemble de petites histoires captées le long de la route d’hommes et de femmes remarqués par l’œil aguerri de l’auteur.



Marcher dans la ville, ça monte, ça descend. Regarder les belles maisons victoriennes, charme et élégance. Rejoindre Market Street pour attraper le tram et rejoindre les quais.


On le savait, trop de touristes, trop d’attitudes d’incivilité, ça pousse, ça gruge, ça regarde mal, trop de sans gêne et de paroles exprimées à voix hautes dans des langues étrangères qu’on ne comprend pas, trop de ce qui n’est pas l’image de l’Amérique même si elle est critiquable. Mais on ne l’avait jamais fait, c’était l’occasion, Alcatraz et son mythe était à portée de main. Mais à quel prix. Il a fallu imaginer très fort, s’isoler dans sa tête, se repasser des images de films vus et revus comme l’Evadé d’Alcatraz avec Clint Eastwood. Me revient aussi en tête mon préféré, son premier film en tant que réalisateur, Play Misty for Me, les années 70. Revenir sur le rocher célèbre, suivre l’audiophone, instaurer des pauses, imaginer la cours aux prises avec le vent de la baie, la ville si proche et si loin à la fois, le Golden Gate dans la brume.



Trajet : Mission District – Clarion Alley – Balmy Alley – Church Street – Market Street – Pier 33