crnt queige | samedi

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Ce matin, un voile transparent tapisse le ciel. Quelque part, non loin, un bébé pleure. Les cloches du cloché de l’église sonnent, en réponse, celles des vaches résonnent dans la vallée. Une fanfare joue quelque part dans le village. Je me demande si elle s’exerce ou bien si elle joue pour une occasion particulière.

Le tian de X.

Dans le chalet, chacun de nous habite l’espace à sa manière. Se succèdent des phases où chacun d’entre nous se replie dans son intimité et d’autres moments où nous sommes dans le partage, la convivialité. C’est le troisième jour plein que nous partagerons dans cette résidence d’écriture et je n’arrive pas vraiment à écrire sur ce présent. C’est un constat étrange. Peut-être que cet espace ne se vit que dans la fragilité de l’instant. Et pourtant, il y a de la résistance et écrire au quotidien sur une expérience où, pour une fois, le mouvement en tant que déplacement dans l’espace, n’a pas lieu. C’est déroutant. L’expérience en est changée, les petits riens prolifèrent et le regard peine à tous les saisir, les écrire.

La journée s’écoule, paisible. Une légère prise de hauteur dévoile un autre regard sur la montagne. L’espace prend plus d’ampleur. Le point de vue est plus touchant. Le silence apparent de la nature se glisse dans le paysage et favorise la contemplation du lieu. Ici, ça respire autrement, ça résonne fort à l’intérieur, ça prend sa place et provoque une émotion paisible, ancrée dans l’instant vécu.

Le village, si petit, si répétitif, si réel. Accroché à sa montagne, résistant aux intempéries, protecteur des âmes, il existe à travers les traces du temps passé et les aménagements du présent. Il fait bon s’y promener, croiser les habitants à la terrasse du café, dans la petite épicerie tout juste ramenée à la vie, flâner dans la petite bibliothèque supervisée par des bénévoles passionnés. 

crnt queige | vendredi

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L’école est en contrebas du chalet. Ce matin, les rires d’enfants me réveillent et me ramènent à la vie, au quotidien. Je prends le temps de m’étirer, de contempler la vue, de m’emplir de la force de ces montagnes afin d’aborder une nouvelle journée. A l’intérieur du chalet, c’est un amoncellement de petits objets aussi kitsch les uns que les autres. Il y en a partout, jusque dans les moindres recoins.

Dans l’espace dédié à la cuisine, il y a une douce agitation autour de la fabrication de deux belles tartes salées qui régaleront sous peu toute la maisonnée. Des mains agiles s’agitent, pétrissent la pâte, la roule et l’étale dans des moules usés par le temps. Une conversation à deux voix s’installe, des bribes me parviennent. Mon esprit s’échappe ailleurs.

Après la sieste, la chaleur persiste, mais vient l’heure de descendre au pied du village, direction la grande halle où se déroule le marché d’été des producteurs et des artisans.

crnt queige | jeudi

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J’accède à la chambre où je dors par un couloir étroit situé au fond du chalet, dont la porte s’ouvre sur un balcon en bois surplombant une partie du village. Depuis mon lit, à travers la fenêtre – et si j’ouvre aussi la porte de la chambre pour augmenter ma vision – mon regard vient butter contre le flanc de la montagne. C’est une vue paisible dans laquelle le vert et le bleu se marient avec harmonie.

J’ouvre la fenêtre, la fraîcheur rentre. Les rumeurs du village montent jusqu’à moi, envahissent la chambre, m’obligent à prendre part à ce présent. Le bruit d’un engin de coupe sature l’espace une bonne partie de la matinée, couvre le chant du ruisseau qui s’écoule non loin et les gazouillis des oiseaux. En prenant place sur le balcon, je suis des yeux deux jeunes femmes, chacune avec un sac à dos volumineux sur les épaules, elle se dirigent vers le cœur du village en bavardant, un chien les devance. Les cloches de l’église sonnent l’heure ronde. Une présence, une habitude que plus personne n’entend tant ce rituel est ancré dans le quotidien. Pourtant, s’il vient à se rompre, tous seraient capables de le remarquer.

Le rituel des repas rassemble. Une odeur agréable de cuisine emplit l’espace jusqu’à se diffuser dehors sur la petite terrasse. Un plat libanais est en préparation. Autour de la longue table conviviale, l’eau coule dans les verres, les couverts cliquettent dans les assiettes. Le déjeuner se prolonge, rires et bonne humeur. Ambiance chaleureuse, échanges nourrissants. Dehors, la chaleur persiste. Je m’accorde une pause dans ma chambre, le temps de me ressourcer, de me recentrer sur un texte et de fermer un peu les yeux. 

En début de soirée, descendre à pied la rue en tête d’épingle qui mène au centre du village, être invités à rentrer dans cette petite bibliothèque accueillante et croiser les regards gourmands des bibliothécaires bénévoles. Glisser dans l’arrière-boutique, s’assoir ensemble autour d’une table, se présenter, partager des expériences d’écriture, répondre à des interrogations, lire des passages de textes écrits par les auteurs ici présents. Les mots dansent, virevoltent, touchent. Partager ensuite un repas amical, offert avec générosité. Fromage régional, tarte et cake salés, gougères faites maison. Remonter au chalet sous la lueur pâle d’une lune presque pleine, dans le silence de la nuit, comblés.

crnt queige | mercredi

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A 7 heures les cloches de l’église ont sonné 7 fois, puis ce fut l’Angelus, trois séries de 3 tintements suivies d’une pleine volée. Ma nuit venait de prendre fin. Le soleil glissait sur une bonne partie des sommets, dans la vallée, et malgré la fraîcheur matinale, la chaleur n’allait pas tarder à me saisir.

Vue matinale
Le village

Nous attendons les autres membres du groupe dont l’arrivée est programmée dans l’après-midi. J’en profite pour me mettre dans le bain de l’écriture en relisant un premier article à diffuser dans mon blog. Ces quelques jours vont être porteur d’échanges, d’écriture et de réflexions, de quoi stimuler ma propre pratique.

Le chalet

Ici, la montagne prend toute sa dimension. Présente à 360 degrés, elle m’enveloppe de sa grandeur, de sa majesté. De ses pentes arborées à la fois de feuillus et de conifères, je perçois des zones de pâturage, des espaces adossés à des chalets d’habitation, parfois j’imagine le tracé d’une route grâce à un véhicule en mouvement aperçu au travers de cette masse verte résistante au dénivelé du versant. Les crêtes encore enneigées, à la fois proches et lointaines, offrent un spectacle grandiose qui me rappelle au combien je suis peu de chose face à la nature. J’imagine les sentiers de marche se déployant tels des toiles d’araignée dans la nature toute revigorée par la force du printemps, même si les chaleurs présentent brulent la cime des arbres, assoiffent la terre, grillent les brins d’herbe.  

Le soir, les rues du village sont paisibles. Il fait moins chaud. Les rumeurs de la nuit s’installent alors que la lune croissante apparaît derrière la montagne encore enneigée.

crnt queige | la route

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6:55, on roule plein Est. Le GPS indique 7h14 de route. La radio annonce une journée de grande chaleur et le thermomètre affiche déjà 22 degrés. Rocade, pont d’Aquitaine, on récupère l’autoroute A89 que l’on pratiquera jusqu’à son terme. On a évité les bouchons matinaux et le van roule à bonne allure vers Clermont-Ferrand, Lyon, Albertville et Queige, ma destination finale.

À la radio, on apprend la mort de Sonny Rollins survenue hier dans l’état de New York. Avec lui, c’est toute une grande époque du jazz qui s’éteint. Je me souviens de l’achat de mes premiers albums des maîtres du jazz dans les années 80 à la Fnac de Dijon. Grâce à des économies, j’avais acquis un ampli de la marque anglaise Cyrus One, des enceintes Rogers et une platine Dual. J’éduquais mon oreille aux sons des albums Blue Note et différents labels de jazz performés par Miles Davis, Cannonball Adderley, John Coltrane puis Oscar Peterson, Cher Baker entre autres.

La Dordogne

La campagne est florissante et offre à mes yeux toute une palette de dégradés de vert. Après Périgueux, on s’arrête sur une aire d’autoroute. Sur le parking, peu de monde, à l’intérieur, c’est pareil. Surtout des hommes, des routiers très certainement.

La Creuse, troisième département traversé durant ce trajet. Relief vallonné, boisé. Horizon saturé. Végétation dense. On longera bientôt sur notre gauche le sud du parc naturel régional de Millevaches. Après un séjour écourté l’an passé, une envie d’y retourner pour se fondre dans le calme et la beauté des paysages.

Ici, on change de département, Puy de Dôme, et de région, région Rhône-Alpes. Au loin, on aperçoit la chaîne des sommets du Puy de Dôme. Elle nous accompagnera un certain nombre de kilomètre, toujours parée de cette couleur irréelle prise dans une sorte de mirage recouvert par un filet de brume.

Elle est belle cette chaîne dont les monts se détachent au loin tels des silhouettes fantomatiques uniformes. Je n’avais encore jamais réalisé que, de ce point de vue, le Puy de Dôme ressemble à l’un des dessins contenu dans Le Petit Prince de Saint-Exupéry représentant un chapeau contenant un éléphant. Faute d’éléphant, ce mont doit certainement avoir englouti un mammouth laineux de l’époque préhistorique.

On contourne Clermont-Ferrand par le Nord. Entre les montagnes, la ville aplatie dans la plaine, à peine perçue, à peine vivante. Juste quelques traces de civilisation.

À la radio, les émissions se succèdent entrecoupées par des flashs d’information. Outre la disparition de Sonny Rollins, il est question des violences obstétricales dans un entretien accordé à la sage-femme et chroniqueuse Anne Roy, du dernier film d’Agnès Jaoui sur les VSS, L’Objet du désir, mais aussi de la souffrance au travail dans le service public. Etonnant comme ces thèmes font écho à la médecine narrative. Trois évocations de sujets sensibles autour de la violence essentiellement faite aux femmes en une matinée, ça interpelle.

Pause déjeuner à 140 km de Lyon dans une station-service de bord d’autoroute, rien de bien glamour ! On a maintenant dépassé les 30 degrés. La région vallonnée est couverte d’une dense forêt de conifères. Parfois, on aperçoit des coupes sur un flanc exposé d’un vallon. On prend un peu d’altitude en entrant dans le département de la Loire, puis un panneau de signalisation annonce la traversée du pays roannais, de la plaine du Forez.

Très vite, on entre dans le département du Rhône, on aperçoit quelques parcelles de vignes du Beaujolais. Puis au terme de l’A89, on s’engage Nord sur l’A6 pour rejoindre l’A46 et contourner l’agglomération de Lyon. Un panneau signale qu’on traverse la Saône.

On longe une ligne de chemin de fer. Dans le ciel, un avion d’Easy Jet en approche de l’aéroport Saint-Exupéry disparaît sous l’horizon.

À ce stade de la route, il reste 1h30 de à parcourir et les panneaux signalétiques annoncent des destinations hors frontière comme une invitation à poursuivre vers Genève, Turin, Milan. Ici on vit avec l’idée de l’ailleurs au quotidien.

Chambéry n’est plus très loin, les contreforts des Alpes en témoignent. J’ai vécu quelques temps à Bassens lorsque mon père était en formation de pilotage à l’aérodrome de Challes-les-Eaux, fin des années 60. Sur Google map, j’ai retrouvé la cité dans laquelle nous avons habité durant un ou deux ans. Je me souviens tout particulièrement des Jeux Olympiques de 68. Mes parents avaient acheté une TV en noir et blanc sur laquelle nous suivions les performances de Jean-Claude Killy, Guy Périllat, Annie Famose, les sÅ“urs Goitschel. Puis nous allions faire du ski à la petite station de La Féclaz.

La traversée de Chambéry, les crêtes enneigées, l’enjambement de l’Isère et la vallée, large et verdoyante et puis sans tarder, Albertville. J’envoie un message à J. Bientôt la fin du trajet pour moi. M ira jusqu’à Chamonix où il passera la semaine.

Le temps de la montée sur Queige, le rendez-vous est pris au bar en face de la mairie. Nous arrivons en même temps que J.

Petite balade digestive en soirée

crnt us 🇺🇸 Phoenix J13 | Départ

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Nous y sommes, le jour J du départ est arrivé. Dans quelques heures nous nous envolerons pour rentrer en France, le cœur gros de quitter ce pays que nous aimons sillonner, mais les yeux remplis des paysages magnifiques que nous avons parcourus. Difficile de se projeter dans une nouvelle aventure, celle-ci se terminant, mais nous y travaillerons, j’en suis certaine.

Aujourd’hui est un jour sans rêves

Nous quittons le Papago Hôtel pour l’aéroport. Le ciel est dégagé et le thermomètre affiche déjà 32•C en cette fin de matinée. On aperçoit le downtown qui semble tout proche, juste à portée de main. À la radio, la dernière chanson du séjour avant de déposer la voiture chez le loueur, comme une invitation à partir sans regrets, Supertramp avec Goodbye Stranger.

L’avion est arrivé à l’heure prévu, notre équipage également. Nous attendons l’embarquement en porte B 25 d’ici 20 mn.

crnt us 🇺🇸 Phoenix J12 | retour à Phoenix

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Retour sur Phoenix

Nous roulons sur l’I-17. Dans la voiture, le soleil nous réchauffe la peau. Sur le trajet, nous allons perdre plus de 1800m d’altitude. Terminé les hauts plateaux, les mesas et les canyons. La température extérieure devrait pratiquement atteindre les 40•C à Phoenix.

Nous traçons la route et je me dis que c’est ma représentation du voyage, rouler, rouler, avaler les kilomètres, peu importe la destination. S’octroyer du temps dans les endroits où on se sent bien, faire une pause et repartir, libre. Cette sensation qui m’habite me transporte ailleurs, mon regard se nourrit du beau comme du moins esthétique. À la radio, toujours les mêmes chansons en boucle depuis des années. Du rock, de la pop, de la country, Bruce Springsteen, Rod Steward, Kenny Rogers, Dionne Warwick, Léo Sayer, Eric Clapton, Emmylou Harris, Supertramp, Huey Lewis and The News, et plein d’autres.

Mais j’ai également besoin de prendre de la distance, du temps, et de faire et refaire en boucle ces voyages, pour mieux les habiter, mieux les comprendre, pour les reformuler à ma manière, leur apporter mon regard, ma signification. Les quelques notes portées sur divers supports comme ce blog contribuent à fixer ces moments dans le temps, les capturer, les figer, leur redonner vie, sens. Les réécrire autrement.

L’I-17 se tortille entre les collines et poursuit sa descente, nos oreilles se bouchent. L’embranchement de Sedona n’est plus très loin, un panneau vert l’indique.

Depuis notre arrivée, le printemps se fait sentir, les arbres fleurissent, reverdissent. On sent cette montée en puissance de la vie qui reprend force. Le vert tendre habite de plus en plus le paysage dans la vallée.

En début d’après-midi, nous rentrons dans l’agglomération de Phoenix. Le thermomètre annonce 100•F (38•C). Avec la climatisation dans la voiture, on ne ressent pas encore les effets d’une telle chaleur, mais je redoute le moment où nous allons nous arrêter…

Phoenix est une ville plate, si bien que lorsqu’on se trouve sur une Interstate à 2 fois 6 voies, entourée de murs anti-bruit, on n’a pas accès au paysage. On roule. On suit la route, les panneaux, le GPS, en espérant trouver une ouverture pour apercevoir les hauts buildings du downtown.

crnt us 🇺🇸 Phoenix J11 | route retour – Flagstaff, ville Ã©tape

les voyages ne sont jamais les mêmes, pourtant c’est toujours la même force qui me propulse vers cet inconnu

Nous quittons Moab sous un soleil radieux avec un petit pincement au cœur et déjà en tête l’idée de revenir et de visiter d’autres parcs.

Toujours ces sommets enneigés sur notre gauche et la roche rouge se chauffant au soleil sur la droite. Le GPS prévoit 5 heures de route pour rejoindre Flagstaff, notre ville étape, avant de revenir à Phoenix. 48 heures pour s’imprégner encore de cette terre que j’aime tant.

Nous reprenons l’UT-191 South jusqu’au croisement avec l’US-160 que nous suivrons jusqu’à Tuba City où nous rejoindrons quelques miles plus loin l’US-89 South jusqu’à Flagstaff.

Nous traversons pour le moment Monticello, puis Blanding avant d’atteindre Bluff. Toujours à des altitudes élevées de 2100m, 1600m. C’est une vaste région de plaines sur lesquelles paissent quelques troupeaux de vaches de couleur noire et où quelques parcelles reçoivent des cultures, le reste n’est que terres sauvages.

Nous passons la ligne de changement d’état et revenons en Arizona en territoire Navajo.

Nous arrivons à Flagstaff en fin d’après-midi, le temps de déguster une glace, de rentrer dans une librairie, puis un antique shop et de regarder passer plusieurs trains de marchandises sur le quai de la gare…

Photo trouvée au milieu de rien dans l’antique shop…
Cette année est le 💯 ème anniversaire 🎂 de la Route 66
Le convoi est tiré par plusieurs locomotives et compte jusqu’à plus de 150 wagons

crnt us 🇺🇸 Phoenix J10 | Dead Horse Point State Park – Canyonlands Island in the sky

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La fatigue commence à se faire un peu sentir. Nous ne sommes pas partis de bonne heure ce matin alors que nous avons au programme Dead Horse Point et Canyonlands North. Nous prenons la route UT-191 au nord de Moab et bifurquons Ouest après l’entrée des Arches sur l’I-70 avant de prendre la direction de la Dead Horse Mesa Scenic Road (313). Le ciel est voilé ce matin et la température va encore monter, jusqu’à 30•C.

DEAD HORSE POINT (1731m)

Les qualificatifs, les mots manquent à nouveau lorsqu’on est face à autant de beauté, si majestueuse, si sauvage, si brute. Les méandres du Colorado, abrités par les profonds canyons, semblent adoucir la rudesse de la roche qui se décline en plusieurs tons de rouge et de ocre. Le regard se perd dans l’horizon brumeux. On aspire au silence, à la méditation, à l’observation.

Les bassins de potasse

En bas, sur cet autre plateau, la piste en terre trace sa route dans ce paysage désertique. C’est la piste que nous aurions dû prendre hier si nous avions eu un véhicule plus approprié. On aperçoit les bassins de potasse, puis plus loin le Thelma et Louise Point. La piste se poursuit vers le Gooseneck et le Shefer Trail Road. Cette dernière partie très impressionnante. Elle remonte à flanc de roche, dans le vide, sur une piste très étroite où les 4×4 peinent à se croiser et attendent souvent au détour d’une courbe que l’un d’eux passe. Nous les avons suivis de notre point d’observation, tels de minuscules fourmis.

Sur la gauche en bordure du vide, la piste prend fin au Thelma et Louise Point.
Gooseneck

Et pour mieux se rendre compte de l’ampleur de l’espace, deux vidéos :

CANYONLANDS – ISLAND IN THE SKY (1853m)

Une incommodité physique passagère m’empêche d’être au meilleur de ma forme aujourd’hui et c’est bien dommage. Je vais devoir renoncer aux 2 ou 3 trails que nous avions prévus à Canyonlands. Si près du but… c’est rageant. J’ai tenu à aller jusqu’au Grand View Point sans pouvoir m’en approcher, mais j’ai tout de même profité de la vue de notre véhicule. Se remplir une nouvelle fois de la beauté des lieux.

Green River. Elle se jette dans le Colorado, un peu plus au sud, entre les deux parcs de Canyonlands.
Shafer Canyon Overlook

crnt us 🇺🇸 Phoenix J9 | Moab – Potash Road

les voyages ne sont jamais les mêmes, pourtant c’est toujours la même force qui me propulse vers cet inconnu

La journée d’hier m’a exténuée ! Après une bonne nuit réparatrice, nous partons à la découverte de Potash Road. Le ciel est couvert et il fait une température de 17•C. À la sortie de Moab North, nous prenons l’UT 279. Sur la gauche, les sommets enneigés, à droite, la paroi rocheuse rouge et entre, le Colorado.

Sur les parois abruptes, des sportifs s’entraînent à l’escalade.

À Poison Spider Mesa, c’est un rendez-vous de 4×4. Roues dégonflées, ces monstrueux véhicules s’engouffrent sur les pistes de terres rouges à travers un paysage rocheux. L’espace est là et la piste bien tracée.

Après une heure de marche sous le soleil et la chaleur, nous arrivons à Corona Arch. Cette marche, moins célèbre que celle menant à Delicate Arch, est néanmoins très spectaculaire. Je m’assois dans son ombre, apprécie le moment, même si derrière moi, deux américains se racontent leur vie à voix haute. Je sens une légère brise sur ma peau, c’est rafraîchissant. Je regarde cette pierre aux dégradés d’ocre, sculptée par le vent, le froid, admirative des formes dessinées mêlant arrêtes et arrondis.

Début du trail pour Corona Arch

De retour au parking, nous reprenons la route qui serpente entre les parois rocheuses du canyon, la Colorado River à gauche et la voie de chemin de fer à droite.

Le Colorado

Suivre la piste de Potash Road nous semble inconcevable sans un vrai 4×4. Nous devons renoncer à contre cÅ“ur à emprunter la piste en terre, à la vue sur les bassins de potasse et surtout à Thelma et Louise Point.

Nous faisons demi-tour et décidons de retourner à Arches NP pour faire le trail que nous n’avions pas fait hier, Park Avenue Trail. La chaleur est moins oppressante, l’ombre des parois rocheuses se répand sur le fond de cette vallée. Nous croisons peu de monde. Et cette impression que le paysage nous offre le meilleur. Fin de journée.

Park Avenue Trail

crnt us 🇺🇸 Phoenix J8 | Moab – Arches NP

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Les jours filent à grande vitesse. Les paysages s’accumulent, s’entassent les uns sur les autres pour ne former qu’un tout qui s’enchevêtre et procure un sentiment de vivre quelque chose d’unique qu’il faudra digérer au fil du temps. Et même si je me laisse bercer par la route et prends le temps de me remplir de cette beauté insolente, le temps passe et je me sens impuissante à le retenir. Je sais que demain sera autre. Pour l’heure, les merveilles que l’Utah nous offre sont à déguster sans modération.

Aujourd’hui, nous nous préparons à passer une journée dans Arches NP. Une seule route aller-retour et des marches en perspective. Il fait beau et 18•C pour le moment. La température devrait monter bien plus haut au fil des heures et le ciel se voiler.

Nous faisons la queue à l’entrée du parc. L’agent nous souhaite une belle journée et nous tend une carte du site. Nous prenons de l’altitude et roulons jusqu’au trail du jour, Delicate Arch, le symbole de l’Utha.

Après une marche d’une heure à fort dénivelé pour moi, sur la roche rouge, nous arrivons au graal. Encore une fois, la vue est magnifique. Faire encore abstraction d’une nuée de personnes qui parlent fort, des enfants qui crient et de ceux qui font la queue pour se faire prendre en photo devant l’arche. Difficile de capter un cliché sans personne. Un vent doux souffle par rafales. Le soleil est presque à la verticale. Observer, se nourrir de ce moment, apprécier cette chance d’être ici.

Le retour est un peu plus rapide, sous un soleil plus mordant. Il me tarde d’arriver au parking pour récupérer.

Sand Dune Arch

La suite des visites se fait plus paisible avec des trails de 20 à 30 minutes égrainés sur l’unique route qui traverse le parc. Sand Dune Arch, Double Arch. Je renonce à faire la boucle autour de Balanced Rock. Cuite par le soleil, je me régale de la vue à distance.

Double Arch

Demain ou mercredi, nous prévoyons de revenir le matin pour faire Park Avenue Trail qui devrait prendre 1 heure.

Nous cumulons les miles, les paysages grandioses, vastes étendues flamboyantes, et je me sens bien, à ma place sur cette terre qui m’offre un rapport à la nature unique, un rêve d’enfant réalisé en partie.

crnt us 🇺🇸 Phoenix J7 | Monticello – Moab

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Le ciel est d’un bleu magnifique lorsque nous quittons la chambre 119 du Motel The Atomic Blue pour prendre un breakfast au The Over Bite.

Nous ne sommes qu’à une heure de Moab, mais décidons de profiter de la journée pour reporter notre arrivée et profiter de La Sal Mountain Loop Road. Une scenic road de 60 miles que nous atteindrons en prenant l’US-191 North.

Sur L’US-191 | Church Rock
Sur l’uS-191 | William Arch que nous atteindrons après une petite ascension.
Sur l’US-191 | Hole ‘N’ The Rock. RAS!

De beaux paysages nous attendent. La route serpente. Nous quittons les sols désertiques et prenons de l’altitude pour atteindre la forêt de conifères à 2400m. durant ces 2-3 heures de route, nous verrons La Sal Mountains, Castle Valley et la Colorado River sans perdre de vue la terre rouge et ses blocs massifs, ses mesas.

Nous passons de l’autre côté du massif montagneux et découvrons Castle Valley baignant dans sa terre rouge, traversée par les eaux vertes de la Colorado River.

Ici, je tremperai ma main dans le fleuve, et recevrai la vitalité de son eau fraîche comme une forme de bénédiction.