les voyages ne sont jamais les mêmes, pourtant c’est toujours la même force qui me propulse vers cet inconnu l
J’accède à la chambre où je dors par un couloir étroit situé au fond du chalet, dont la porte s’ouvre sur un balcon en bois surplombant une partie du village. Depuis mon lit, à travers la fenêtre – et si j’ouvre aussi la porte de la chambre pour augmenter ma vision – mon regard vient butter contre le flanc de la montagne. C’est une vue paisible dans laquelle le vert et le bleu se marient avec harmonie.

J’ouvre la fenêtre, la fraîcheur rentre. Les rumeurs du village montent jusqu’à moi, envahissent la chambre, m’obligent à prendre part à ce présent. Le bruit d’un engin de coupe sature l’espace une bonne partie de la matinée, couvre le chant du ruisseau qui s’écoule non loin et les gazouillis des oiseaux. En prenant place sur le balcon, je suis des yeux deux jeunes femmes, chacune avec un sac à dos volumineux sur les épaules, elle se dirigent vers le cœur du village en bavardant, un chien les devance. Les cloches de l’église sonnent l’heure ronde. Une présence, une habitude que plus personne n’entend tant ce rituel est ancré dans le quotidien. Pourtant, s’il vient à se rompre, tous seraient capables de le remarquer.

Le rituel des repas rassemble. Une odeur agréable de cuisine emplit l’espace jusqu’à se diffuser dehors sur la petite terrasse. Un plat libanais est en préparation. Autour de la longue table conviviale, l’eau coule dans les verres, les couverts cliquettent dans les assiettes. Le déjeuner se prolonge, rires et bonne humeur. Ambiance chaleureuse, échanges nourrissants. Dehors, la chaleur persiste. Je m’accorde une pause dans ma chambre, le temps de me ressourcer, de me recentrer sur un texte et de fermer un peu les yeux.

En début de soirée, descendre à pied la rue en tête d’épingle qui mène au centre du village, être invités à rentrer dans cette petite bibliothèque accueillante et croiser les regards gourmands des bibliothécaires bénévoles. Glisser dans l’arrière-boutique, s’assoir ensemble autour d’une table, se présenter, partager des expériences d’écriture, répondre à des interrogations, lire des passages de textes écrits par les auteurs ici présents. Les mots dansent, virevoltent, touchent. Partager ensuite un repas amical, offert avec générosité. Fromage régional, tarte et cake salés, gougères faites maison. Remonter au chalet sous la lueur pâle d’une lune presque pleine, dans le silence de la nuit, comblés.
on sent la fraîcheur des montagnes..
je file à ma rencontre en bibliothèque, vais essayer de me concentrer
mille pensées vers toi dans ce si charmant chalet…
merci françoise pour ton passage par ici et belles rencontres en bibliothèque