crnt US|san francisco – strawberry

[les carnets de route ailleurs là-bas]

éphémérides : lever du soleil 06:11, coucher 20:23, lune gibbeuse croissante premier /// prévision météo Strawberry : matin 14°C, après-midi 22 ress. 24, soir 17, nuit 14

TRAJET 28/07 /// San Francisco – Strawberry

Se lever et se dire que c’est certainement les derniers moments à passer dans cette ville. Les images successives des années antérieures défilent dans la tête, en boucle. C’était il y a longtemps. Bientôt elles ne seront toutes que des souvenirs accumulés qui se confondront, se superposeront et offriront un florilège de séquences vécues ici et là. Les dernières viendront compléter l’ensemble.

Amoeba Music – se souvenir avoir lu toute la série des Chroniques de San Francisco

Alors, redescendre Lombard Street et s’offrir une des plus belles vues de San Francisco, traverser la ville pour rejoindre Haight Street, rentrer dans Amoeba Music Shop et sélectionner deux, trois anciens vinyles d’occasion à ramener à la maison. Se souvenir plus tard comment ils étaient arrivés sur les étagères. Se rentre sur la 16th Street et découvrir une curiosité excentrée, Times Steps. Descendre les 163 marches et les remonter en observant la mosaïque qui représente le lien entre la mer et les étoiles. Au bas des marches, il y avait ce couple d’asiatiques. Il avait fixé son appareil photo sur un pied, elle s’était assise sur la cinquième ou sixième marche et semblait se prêter maladroitement à son désir à lui, poser pour l’appareil. On a descendu les marches, ils ont patienté. Il a pris un autre couple en photo à leur demande. On est remonté. Elle a commencé à se laisser prendre en photo. On est passé en voiture au bas des marches. Ils étaient toujours là.

Times Steps – 16th Avé

Sortir de la ville par l’emblématique Golden Gate Bridge. Prendre des photos, filmer rouge sur fond bleu à travers le pare-brise teinté. Puis, une fois de l’autre côté, faire un détour au phare de Point Bonita, prendre de la hauteur et s’offrir une vue panoramique magistrale sur le pont, Alcatraz et la ville au loin. Contempler, faire abstraction des touristes qui grouillent autour, se prennent en photo malgré le vent insupportable. Mais pas de brouillard aujourd’hui. C’est une chance.

Traversée du Golden Gate Bridget
Point Bonita Lighthouse

Il fallait retourner à Sausalito, manger une glace sur le port, regarder les touristes embarquer sur le ferry pour rejoindre San Francisco en 30 minutes de navigation. Les Floating Homes ne sont pas très loin, il est temps de se promener sur les pontons déserts, mais bien décorés, au calme même si la 101 n’est pas très loin et que le bruit de la circulation arrive jusqu’ici. On croise un résident, un paquet sous le bras. On échange quelques mots avec lui, il nous demande d’où on vient et précise que la communauté des gens vivants sur ce ponton est très sympathique, il en est fier. Sur d’autres pontons, certains promènent leur chien, disent bonjour dès qu’on se croise. Le soleil baisse à l’ouest. C’est une belle journée qui se termine. Il est temps de rejoindre le motel.

Sur le parking des Floating Houses, certains viennent de loin…

Trajet : Lombard Street – Haight Street – 16th Street – Golden Gate Bridge – Point Bonita Lighthouse – Battery Spencer – Sausalito Floating Homes – Strawberry

crnt US|san francisco 3

[les carnets de route ailleurs là-bas]

éphémérides : lever du soleil 06:10, coucher 20:24, lune gibbeuse croissante /// prévision météo San Francisco : matin 14°C, après-midi 18 ress. 20, soir 16, nuit 14

TRAJET 27/07 /// San Francisco – jour 3

Ce matin, la brume recouvre encore la ville. Le trafic m’a semblé plus dense en fin de nuit. Dans le parking du motel, des clients s’activent, remplissent le coffre de leur voiture, s’apprêtent à reprendre la route vers des destinations connues d’eux-mêmes. Sur les plaques, on peut lire Colorado, Illinois ou Arizona. Ces derniers ont dû fuir les chaleurs torrides qui sévissent depuis des jours et des jours dans le sud des Etats-Unis.

Prendre le temps de marcher dans les rues au hasard. Le pas est lent, le souffle court. Ça monte, ça descend. Des quartiers se dévoilent, révèlent de magnifiques maisons victoriennes dans des rues résidentielles moins fréquentées. On se prend à rêver une vie de cinéma, on se projette dans un quotidien irréaliste, on en rit tellement c’est inconcevable.

Dans la rue, un parfum subtil, les magnolias en fleurs. On reprend notre marche. Le vent s’engouffre dans les rues, balaie tout sur son passage. La température est douce au soleil, fraîche à l’ombre. Je garde mon sweat.

Alamo Square, le parc est très fréquenté à cette heure de la journée. La plupart des gens sont des touristes. Ils sont là, incrustés dans le paysage, debout ou assis dans l’herbe face aux Painted Ladies, à photographier, à figer ce moment pour en faire les souvenirs de demain. Un couple se rapproche, s’enlace, le visage tourné dans la même direction, vers les célèbres maisons victoriennes. L’homme passe sa main plusieurs fois dans le dos de la femme comme pour se persuader qu’il ne rêve pas, par ce geste il l’a connectée à son bonheur, il lui signifie qu’elles sont bien là, qu’ils ont atteint un des buts de leur voyage. Faire comme eux, profiter de cette magnifique vue, rester encore quelques minutes pour inscrire ce moment en soi.

Alamo Square – Painted Ladies

Trajet : Steiner St – Alamo Square – Scott St – Castro St – tram sur Market St jusqu’à Embarcadero

crnt US|san francisco 2

[les carnets de route ailleurs là-bas]

éphémérides : lever du soleil 06:09, coucher 20:25, premier quartier /// prévision météo San Francisco : matin 14°C, après-midi 15 ress. 17, vent 30km/h rafales à 45, soir 14, nuit 14

TRAJET 26/07 /// San Francisco – jour 2

La chambre 107 du motel se trouve au-dessus de la réception. Le soir le gérant d’origine indienne d’Inde échange quelques mots en français et fume sa cigarette sur les marches en face de sa loge. Le matin, il discute volontiers avec ses hôtes, n’hésite pas à recueillir leur avis sur la ville. Il dit que depuis quelques temps, la ville a changé, elle est devenue plus sale, moins attrayante. Il confirme ce qu’on n’osait pas s’avouer. On a tellement aimé San Francisco dans les années 90. On ressent une pointe de déception. Aujourd’hui, Frisco semble avoir perdu son âme, usée par des années de contestations à faire respecter la différence et le droit d’exister pour tous. C’est une ville éteinte, encore sillonnée par des touristes étrangers pour la plupart bruyants et sans gêne, irrespectueux de l’autre qui se précipitent sur Fisherman’s Wharf, Alcatraz, Lombard Street ou sur Market Street pour prendre un Cable Car. On a croisé quelques résidents qui aiment leur ville, surtout pour son climat, mais constatent aussi de nombreuses failles.

Lombard Street

On a marché longtemps sur Lombard Street jusqu’aux huit virages serrés au milieu des hortensias rosés et bleutés, aujourd’hui au bout de leur floraison. Puis on a poursuivi la marche jusqu’à Colombus Avenue avec en ligne de mire la fameuse Transamerica Pyramid. Un stop obligé pour honorer la mémoire des écrivains de la Beat Generation à la librairie City Lights Booksellers et au Vesuvio Cafe. L’esprit n’est plus là, mais il y avait cet homme, au look style SDF, assis au milieu des livres en train de lire de la poésie à voix haute. Il était tout à son texte, passionné, tournait les pages de ses doigts colorés par la crasse, s’encourageant d’un coup de tête au crâne partiellement rasé. Il a lu les quelques cinquantaines de pages jusqu’au bout, puis il s’est levé, à déposer le livre sur le comptoir sous les yeux de la caissière aux cheveux colorés en vert et il est sorti dans la rue.

City Lights Booksellers
Vesuvio cafe

Peu de monde dans le quartier chinois. Remonter Grant Ave jusqu’au Dragon Gate, puis s’arrêter au Café de la Presse, une brasserie style parisienne en bordure du quartier français. Se souvenir qu’on s’y était déjà arrêté. Derrière la vitre, on a cramé. On aurait dû prendre la table maintenant occupée par deux jeunes femmes qui dégustent avec grand intérêt une planche de charcuterie et un morceau de fromage accompagné de morceaux de pain frais. So french ! Deux paires de lunettes de soleil sont posées au bord de la table ronde.

Chinatown
Café de la Presse

Le soir, planifier les jours à venir. Le projet de prendre la route vers le sud, l’Arizona, n’est plus envisageable. Phœnix croule sous des chaleurs exorbitantes. Pas la peine de se mettre en difficulté. Peut-être poursuivre la route 1, la Californie du Nord devrait nous offrir quelques belles surprises, de la fraîcheur, des parcs aux arbres gigantesques en bordure d’océan. Peut-être aller tremper le bout des pieds dans le lac Tahoe, faire une boucle en passant par la Napa Valley. Encore une belle aventure à poursuivre.

crnt US|san francisco 1

[les carnets de route ailleurs là-bas]

éphémérides : lever du soleil 06:08, coucher 20:26, premier quartier /// prévision météo San Francisco : matin 15°C, après-midi 18 ress. 21, soir 17, nuit 14

TRAJET 25/07 /// San Francisco – jour 1

Écouter les bruits de la ville, sentir ses vibrations, ses pulsations. Le calme une partie de la nuit et au petit matin la circulation reprend, des sirènes de véhicules de pompier, police ou ambulance retentissent dans les rues encore peu fréquentées, les voitures glissent sur le bitume humide, les camions poubelles s’arrêtent devant les habitations, les éboueurs échangent des mots incompréhensibles, la corne de brume sonne au loin dans la baie.

On a cherché l’adresse de la maison bleue dans le quartier de Mission District, on a marché jusqu’à l’apercevoir en remontant la 18th Street, au 3841, parce qu’elle fait partie de notre jeunesse, de notre histoire. On la chantait sur la route des départs en vacances, l’été dans les années 70, on la fredonnait encore à la rentrée des classes et on rêvait déjà d’Amérique. La maison bleue est devant nous, mais tellement inaccessible. Alors, on s’imagine monter les marches, ouvrir la porte et rentrer comme on rentrerait chez soi en jetant la clé sur la table.

Mission High School
Balmy Street

Dans Balmy Street, il y avait un homme d’origine mexicaine, un sac de courses au bout des doigts, qui s’est arrêté devant cette peinture de street art et à récité à voix basse un Je vous salue Marie. Puis il a marché jusqu’au bout de la rue Balmy et je l’ai perdu de vue.

Les rues sont sales, sentent mauvais, le quartier semble à l’abandon, les passants en transit, des SDF dorment à même le sol bétonné du trottoir. La misère s’affiche devant nos yeux, impudique, bien réelle.

1855 Haight St.

Amoeba Music, un arrêt indispensable pour les amateurs de musique. Des centaines de vinyles pour les nostalgiques. Quelques livres d’occasion et l’achat de Day out of Days de Sam Shepard, 8,98$, from one of our most acclaimed writers, précise la quatrième de couverture. Un ensemble de petites histoires captées le long de la route d’hommes et de femmes remarqués par l’œil aguerri de l’auteur.

Marcher dans la ville, ça monte, ça descend. Regarder les belles maisons victoriennes, charme et élégance. Rejoindre Market Street pour attraper le tram et rejoindre les quais.

On le savait, trop de touristes, trop d’attitudes d’incivilité, ça pousse, ça gruge, ça regarde mal, trop de sans gêne et de paroles exprimées à voix hautes dans des langues étrangères qu’on ne comprend pas, trop de ce qui n’est pas l’image de l’Amérique même si elle est critiquable. Mais on ne l’avait jamais fait, c’était l’occasion, Alcatraz et son mythe était à portée de main. Mais à quel prix. Il a fallu imaginer très fort, s’isoler dans sa tête, se repasser des images de films vus et revus comme l’Evadé d’Alcatraz avec Clint Eastwood. Me revient aussi en tête mon préféré, son premier film en tant que réalisateur, Play Misty for Me, les années 70. Revenir sur le rocher célèbre, suivre l’audiophone, instaurer des pauses, imaginer la cours aux prises avec le vent de la baie, la ville si proche et si loin à la fois, le Golden Gate dans la brume.

Trajet : Mission District – Clarion Alley – Balmy Alley – Church Street – Market Street – Pier 33

crnt US|monterey – san francisco

[les carnets de route ailleurs là-bas]

éphémérides : lever du soleil 06:08, coucher 20:21, premier quartier /// prévision météo Monterey : matin 14°C, après-midi 17 ress. 19, soir 16, nuit 14

TRAJET 24/07 /// Monterey – San Francisco

Motel à Monterey

Il a fallu quitter le motel pas trop tard, une longue journée était à prévoir. Au programme, l’aquarium de Monterey, Cannery Row, Carmel et reprendre la route 1 jusqu’à San Francisco.

Aquarium de Monterey

Ce n’était pas une première, on aurait pu passer outre, mais le désir de revoir les loutres de mer a été le plus fort. Des créatures adorables, gracieuses, joueuses et attachantes. Plus de deux heures à observer les poissons, petits et gros, les anémones, les pingouins et cette foule qui s’accentuait au fur et à mesure que la journée avançait. Il y a eu cette famille composée de quatre adolescents dont un garçon et la petite dernière dans un chariot poussette, les parents menaient la danse, les enfants suivaient. Il y a eu ces enfants insupportables, ils tapaient sur la vitre d’un aquarium et j’imaginais une fissure remontant jusqu’en haut, cédant soudainement et l’eau se déverser, violente sur ces mêmes petits démons affolés. Il y a eu cette femme sur un fauteuil roulant fascinée par ce qu’elle pouvait observer. Le monde continuait à affluer, il était temps de sortir.

Le bassin des loutres
Cannery Row

Cannery Row, juste fermer les yeux pour imaginer l’endroit au début du siècle dernier. Les conserveries de sardines, l’activité autour, les bateaux revenant de la pêche les filets remplis à raz bord, les femmes se dirigeant vers les usines et les camions chargés de boîtes de conserves. Comme dans les romans de John Steinbeck que j’ai tant adorés.

Sur la route 1 – Capitola

Puis reprendre la route 1 jusqu’à San Francisco, longer le littoral entre soleil et nappes de brume. L’heure avançait, pas trop le temps de flâner. Juste un arrêt à Capitola, pas vraiment concluant. La photo est plus harmonieuse que la réalité. Tant mieux.

Arrivée le soir à San Francisco

Arriver par la 101, apercevoir au loin le Golden Gate Bridge au nord et les immeubles du downtown SF au tournant de la route. Se mettre en appétit pour les jours à venir.

Route : Monterey – Carmel – route 1 – San Francisco

crnt US|monterey

[les carnets de route ailleurs là-bas]

éphémérides : lever du soleil 06:01, coucher 20:10, premier croissant /// prévision météo Monterey : matin 16°C, après-midi 17 ress. 19, soir 14, nuit 13

TRAJET 23/07 /// Monterey-Salinas-Monterey

National Steinbeck Center Salinas

Sur les traces de Steinbeck à Salinas, ses débuts dans l’existence et la maison de famille au 132 Central Avenue, les champs de laitues de la vallée de la Salinas dans lesquels il a travaillé jeune, la ferme des grands-parents maternels à King City.

1962 – Travels with Charley
Main street Salinas

Main Street, le cœur de Salinas, ses restaurants, ses cinémas et ce dimanche matin une parade de vieilles voitures, puis une autre, plus insolite, à cheval. On s’interroge, puis on lit sur une affiche que c’est le dernier jour du rodéo de Salinas. L’un des 10 meilleurs des US, on l’apprendra plus tard. Alors, on suit toutes les voitures, on fait la queue aux guichets, on fait la queue pour rentrer dans l’enceinte, on monte les marches jusqu’en haut de la tribune. C’est incroyable, inouï, on y est !

Rodéo – Salinas
Old Fisherman’s Wharf

En fin de journée, on rentre sur Monterey, encore étonné du spectacle de l’après-midi. Une balade sur les vieux pontons de la ville et on rentre au motel fatigué mais comblé.

Retour de pèche

crnt US|king city – monterey

éphémérides : lever du soleil 06:06, coucher 20:23, premier croissant /// prévision météo Monterey : matin 14°C, après-midi 18 ress. 20, soir 16, nuit 13

TRAJET 22/07 /// King City – Monterey

En remontant la vallée de la Salinas, c’est une succession de champs de salades, tomates, fraises, épinards. Les journaliers s’affairent dans les parcelles même le samedi, les tracteurs labourent et les camions sont chargés de la récolte du jour. Le soleil caresse la terre, au loin, les entrées maritimes accostent le littoral.

Vallée de la Salinas

Il a fallu prendre la 101 North jusqu’à Salinas, rattraper la 68 pour revenir sur la route 1 à Monterey et la descente jusqu’au panneau road closed au nord de Lucia cette fois. Tout ce détour pour profiter de la route 1, toujours aussi magnifique et fascinante.

Big Sur
Big Sur – Nepenthe

Il y a eu ce déjeuner à Big Sur face à l’océan. Il y a eu cette partie de cache-cache avec le soleil. Il y a eu ces multiples arrêts sur le bord de la route pour observer le paysage, grandiose, les lions de mer, les loutres et les phoques associés aux différentes espèces d’oiseaux présentes sur les rochers et dans le ciel. Il y a eu ce couple de jeunes gens, seuls au monde au milieu du paysage de dunes, s’échangeant vœux et bagues de fiançailles assis sur des coussins un verre de champagne à la main. Il y a eu cet arrêt insolite à la Henry Miller Library, une petite maison en bois construite au milieu de nulle part et ce libraire bavard et passionné. Il y a eu cet homme recroquevillé sur un canapé, les yeux rivés sur la page d’un livre certainement passionnant. Il y a eu ce couple surprenant, elle, cheveux verts, lui, barbe rose. Il voulait poursuivre la route au-delà du panneau indiquant la fin.

Henry Miller Library
Route 1 fermée au nord de Lucia

Il y a eu la fin de la route 1, une nouvelle fois. Le retour vers Carmel by the Sea et Monterey. Il y a eu le 17 Miles Drive, sa route qui serpente à travers des golfs, de belles résidences, longe la plage et de jolis points de vue. Il y a eu la fin de Rocky 3 à la TV.

Route : King City – Salinas – Monterey – Big Sur – Lucia – Big Sur – 17 miles – Monterey

crnt US|morro bay-king city

[les carnets de route ailleurs là-bas]

éphémérides : lever du soleil 06:01, coucher 20:10, premier croissant /// prévision météo Morro Bay : matin 16°C, après-midi 17 ress. 19, soir 14, nuit 13

TRAJET 21/07 /// Morro Bay – King City

Morro Rock

Capricieuse et instable, la côte Pacifique engendre souvent de la frustration lorsque les entrées maritimes voilent le littoral et font baisser la température. Nous nous sommes couchés sous la brume, réveillés aujourd’hui sous le même ciel gorgé d’humidité. Du quai de Morro Bay, on devinait à peine la silhouette du Morro Rock juste en face, à l’extrémité de la route formant un coude. J’hésite à photographier ces deux-là assis dans leur fauteuil de camping, sur le parking, casquette vissée sur la tête, ils attendent, face au rocher fantôme que le ciel se dégage.

What are you waiting for ?

Le créneau horaire pour visiter Hearst Castle à San Simeon a été réservé la veille. Je prends quelques photos, le site est magnifique, mais il me sera interdit de les diffuser.

Sur les hauteurs, au loin, Hearst Castle

On l’a su, entendu, lu, la route 1 est coupé sur un court tronçon il faudra rebrousser chemin, mais nous avons roulé, direction nord. A quelques kilomètres au sud de Lucia les panneaux road closed barraient la route. Il était temps de redescendre à la hauteur de Cambria et de rejoindre la 101 vers le nord, un long détour qui devrait nous prendre plus de 4 heures de route pour contourner la difficulté d’une centaine de mètres.

Route 1
End of the road 1

La route deviendra désormais intérieure. Les températures montent, on passe de 13 degrés en fin de journée à plus de 30. On coupe à travers la montagne vallonnée recouverte d’herbes hautes jaunies par le soleil. Ici et là des troupeaux de vaches, des chevaux, l’entrée d’un ranch au portail en fer arborant un nom qui fait appel à notre mémoire de westerns visionnés dans les années 70.

Route : morro bay – caucus – cambria – san simeon – ragged point – garda – limekiln – san simeon – cambria – route 46 est puis 101 nord – san miguel – bradley – san luca – king city

crnt US|santa barbara – morro bay

[les carnets de route ailleurs là-bas]

éphémérides : lever du soleil 06:01, coucher 20:10, premier croissant /// prévision météo Santa Barbara : matin 17°C, après-midi 22 ress. 25, soir 18, nuit 18

TRAJET 20/07 /// Santa Barbara-Morro Bay

Stearns Wharf – Santa Barbara

On a marché jusqu’à la jetée. Les entrées maritimes viennent rafraîchir l’atmosphère et le souvenir de ce lieu remonte à la mémoire. On foule à nouveau les lourdes traverses du ponton, on rentre dans la même boutique de souvenirs. On choisit des cartes postales. Vivre en décalé la même séquence d’une vie, un moment déjà inscrit dans le temps et qui se superpose à celui du présent. Sensation troublante d’un vécu en train de se rejouer et de se réinscrire dans la mémoire. Ces deux histoires n’en feront bientôt qu’une.

Santa Barbara – entrées maritimes
Santa Barbara
Sur la route 154

Prendre de la hauteur, surplomber la ville et rouler sur la 154, puis la 246 en direction de Solvang. Le tracé de la route se déploie dans la montagne, le paysage change, la température augmente. Tomber sur un champ de lavande en fleur, insolite dans ce paysage californien même si le climat est favorable. Les terres se déploient à perte de vue dans un paysage vallonné. Ranchs aux clôtures en bois peintes en blanc et parcelles viticoles cohabitent. En redescendant vers l’océan pour rattraper la PCH, c’est une plaine agricole qui entoure Lompoc. La période des champs de fleurs est passée, ça devait être beau. La terre est à présent retournée.

Sur la route 246
Valley Drive In sur la route 1 à Lompoc

Ici la trace d’un ancien Drive-in Theatre. L’écran toujours en place fait face à un champ abandonné, herbes hautes brulées par un soleil intense. En fermant les yeux, on imagine l’époque où les habitants des environs se retrouvaient, voiture contre voiture pour deux heures d’une projection attendue, un samedi soir.

Pismo Beach Pier

Le bord de mer retrouvé, une balade incontournable et traditionnelle sur la jetée de Pismo Beach avant de reprendre la route vers Morro Bay.

Morro Bay T Pier

Retrouver le soir l’ambiance des brumes qui se déposent sur les pontons avant le coucher du soleil.

Trajet : Santa Monica – Solvang – Lompoc – Pismo Beach – San Luis Obispo – Los Osos – Morro Bay

crnt US|santa monica ~ santa barbara

[les carnets de route ailleurs là-bas]

éphémérides : lever du soleil 05:56, coucher 20:03, premier croissant /// prévision météo : matin 19°C, après-midi 26 ress. 31, soir 22, nuit 19

TRAJET 19/07 /// Anaheim ~ Santa Barbara

Il a fallu rouler 2 heures dans Los Angeles pour atteindre Santa Monica, apercevoir la jetée où le road trip route 66 de l’été 2022 s’était achevé sous le panneau End of the trail. Au bord de l’océan Pacifique, il fait doux, on a perdu quelques degrés. Une brise souffle du large, rafraîchit, sale la peau et emmêle les cheveux.

Face B de Palisades Beach Rd – Santa Monica

En roulant sur Palisades Beach Rd, sur la gauche au 1343 et 1341, Goth & Bubblegum Houses. La folie californienne en bordure de plage.

Street Art sur Pierside hôtel Colorado Ave Santa Monica – Å“uvre de Shepard Fairey (Obey Giant)

Rattraper la route 1, longer la côte entre océan et montagne jusqu’à Malibu. Les palmiers bordent les rues du front de mer, frémissent à la brise marine, accompagnent le flux des voitures qui se croisent dans un axe nord sud. Ici et là, on devine des résidences de personnalités d’hier et d’aujourd’hui, nichées sur les hauteurs, surplombant l’océan ou les pieds dans l’eau en bordure du littoral. Portails imposants, rues privatisées avec barrière et gardien à l’entrée, inaccessibles et si proches à la fois, elles invitent à l’imagination. Sur Google map, on les repère en agrandissant l’image, ici l’ancienne maison de Michaël Lindon (pour les fans de La Petite maison dans la prairie !), on tente l’arrêt, on tourne, on repère encore une fois sur la carte, on capitule. La route se poursuit, les plages se succèdent, Will Rogers Beach au bas de Pacific Palissade, Zuma Beach à Malibu après Point Dume, El Matador State Beach non loin de la maison rose de Barbie, Rincon Beach. On alterne avec les jetées. La Pacific Coast Hwy (PCH) serpente dans un paysage étroit où l’homme a dû parfois faire exploser la roche pour poursuivre sa route. A présent, on avance dans un paysage où le bord de la route ressemble à un long ruban colonisé par des dizaines de véhicules aménagés, aussi énormes les uns que les autres. Certains relèvent d’un vrai montage en lego, des modules entiers sortent des cloisons, élargissent ainsi l’espace à vivre à l’intérieur. Ce sont de vrais appartements ambulants.

Pacific Coast Hwy
C’est aussi ça la Californie – Barbie et Ken sont de retour !

Route du jour : Anaheim, Santa Monica, Malibu, port Hueneme, Ventura, Santa Barbara

Jetée de Port Huene

crnt US|los angeles

[les carnets de route ailleurs là-bas]

éphémérides : lever du soleil 05:55, coucher 20:03, nouvelle lune /// prévision météo : matin 20°C, après-midi 26 ress. 31, soir 22, nuit 19

TRAJET 18/07 /// Seal Beach – Angel Stadium Anaheim

Sentir l’effet du décalage horaire, réveil à 4h30.

On s’est engouffré dans la voiture garée sur l’avenue. Clignotant à gauche et on a tracé jusqu’à Huntington Beach. Marcher sur la plage, observer l’arrivée des lifeguards à leur poste d’observation, et l’installation des vacanciers sur la plage, chaises pliantes et glacières remplies de bières, de sodas, rangées sous les parasols. On a pris des photos, écouté le grondement de l’océan, regardé les groupes de surfeurs assis sur leur planche. Sous le Pier, les vagues s’écrasent et un photographe professionnel mitraille les surfeurs. Les journées de compétition approchent et, sur la plage, les ouvriers s’activent à monter les podiums et le village pro qui accueilleront prochainement la semaine de l’US Open of Surfing. On a marché sur la jetée, on a échangé des souvenirs. Ici, rien n’a changé, toujours la même ambiance de bord de mer, soleil et brise maritime, pêcheurs sur le ponton, surfeurs en attente de « la » vague, promeneurs, marcheurs ou joggers, tous profitent du bien-être du lieu.

Huntington Beach
La jetée
Lifeguards en herbe

On a rejoint la voiture, ouvert les portes pour faire courant d’air et on a roulé en bord d’océan pour rejoindre Balboa Island. Des souvenirs remontant aux années 90 auraient dû revenir, quelques clichés, mais si peu restent présents. La gourmandise étant, fallait-il vraiment goûter aux frozen bananas roulées dans du chocolat et saupoudrées de topings au choix? Le soleil à son zénith piquait sur la peau, mais on a marché, fait le tour de l’île, croisé deux fois la même marcheuse, dans le rythme, écouteurs dans les oreilles, en grande conversation téléphonique, on a longé les magnifiques maisons aux jardinets bien entretenus, terrasses en bois et pots de fleurs de saison, on a cherché un peu d’ombre pour éviter les coups de soleil inévitables sur les bras, le bout du nez.

Le programme de début de soirée s’annonçait chargé, 18:37 début du match de baseball opposant les Angels de Los Angeles vs les Yankees de New York. Alors on a pris la 55, fait un arrêt à John Wayne airport. D’autres souvenirs inscrits dans la mémoire, une époque ancienne où on louait des petits avions de tourisme pour rejoindre Palm Springs, se poser sur de petits aérodromes et traîner dans des hangars sentant l’huile de moteur, où des passionnés restauraient de vieilles machines, puis le bonheur d’avoir photographié la patrouille des Blues Angels au sol et d’avoir fait un touch down sur Calatina Island.

Ambiance à l’américaine. Les joueurs rentrent sur le terrain, musique, applaudissements. Le public se lève, main sur le cœur, l’hymne national est chanté par une célébrité locale. Puis c’est un va et vient incessant dans les tribunes, ça parle, ça commente, ça crie, ça boit des bières, des sodas aux prix exorbitants, ça mange des nachos accompagnés de fromage fondu, de guacamole le tout présenté dans des casques de batteur, les hot dogs chauds sont emballés dans du papier alu, on fait la queue pour acheter des frites. Ce soir, les Angels ont gagné 5/1, leurs supporters revêtus de casquettes et de tee-shirts à l’effigie du club rentrent chez eux satisfaits. On est retourné à l’hôtel exténué mais heureux. Tout proche, on entend le feu d’artifice de Disney.

crnt US|le départ

[les carnets de route ailleurs là-bas]

Départ imminent…

CDG – LAX fermeture des portes 8:46

Il a fallu se lever tôt ce matin, 4h45. Une nuit courte, mais au sommeil profond, étonnamment réparateur. Il y a eu l’enregistrement des valises, le filtre de police et l’attente en salle d’embarquement. Initialement K39, puis reporté K37. Une nouvelle fouille aléatoire juste avant de monter dans l’A350. Il y a eu le vol, programmé 10h30, le survol de l’Angleterre, de la pointe sud du Groenland, du Canada et la descente sur Los Angeles. Il y a eu les couloirs interminables, les files d’attente pour arriver aux comptoirs des formalités d’entrée aux US. Les questions d’usage sur le temps passé sur place, la raison, le nom de l’hôtel de résidence. Il y a eu la navette pour se rendre à l’agence de location de la voiture. Puis la route a défilé, la descente le long de la côte sans jamais sortir de LA, le vent du Pacifique dans les palmiers, la promenade sur la plage et la chambre d’hôtel.

LA Aéroport international – 17/07/23 – arrivée 11h

Il est 8:00pm (5:00 en France), déjà 24h sans dormir. Se recaler à l’heure de la côte Ouest au plus vite pour ne pas sombrer en plein milieu de l’après-midi les premiers jours. Se préparer pour la journée de demain.

Vue de la chambre d’hôtel…
Vue du roof top de l’hôtel… le Pacifique