éphémérides : lever du soleil 06:14, coucher 19:44, lune dernier croissant /// prévision météo Los Angeles : matin 20°C, après-midi 28 ress. 33, soir 22, nuit 19
TRAJET 14/08 /// Melrose Avenue – Street Art
On s’installe peu à peu dans la ville, son immensité devient familière, ses Hwy à 5, 6, 7, 8 voies de front, même chose dans l’autre sens, ses échangeurs à différents niveaux, son béton. Ça tourne, ça se croise, ça file au loin. C’est plat, c’est vaste, sous le soleil tout s’organise au rythme des temps forts de la journée. L’Interstate 110 Nord, on y revient toujours comme un leitmotiv connu. Elle traverse Los Angeles du Nord au Sud de Long Beach à Pasadena en passant par le Downtown L.A. Tellement envie de la photographier cette Hwy 110 que je loupe tous les endroits stratégiques. Coup d’œil lent ce matin. Anesthésiée par la ville. Photographe de pacotille. Reste à y retourner, peut-être.
Rouler sur Melrose Avenue. Des magasins, des restaurants, des coffee shops et du street art. Derrière, des quartiers résidentiels. On s’arrête pratiquement à tous les coins de rue pour photographier du street art. Certaines pièces sont très connues comme les Angels Wings de Colette Miller, le Pink Wall de Paul Smith ou le Rainbow Wall, d’autres beaucoup moins. Certaines ont disparu, remplacées par d’autres peintures. On suit différents guides sur divers blogs. On note les adresses. On en découvre par nous-mêmes. Malgré le bon numéro de rue, il arrive qu’on ne retrouve pas la fresque en question.
Et puis on rentre des couleurs plein les yeux en passant par Beverly Hills.
éphémérides : lever du soleil 06:14, coucher 19:44, lune dernier croissant /// prévision météo Los Angeles : matin 19°C, après-midi 28 ress. 31, soir 21, nuit 19
TRAJET 13/08 /// Pasadena
Un week-end californien à LA. au programme de ce dimanche, le Flea Market de Pasadena.
On quitte la chambre d’hôtel sous la brume, direction Pasadena, le Rose Bowl stadium où a lieu le deuxième dimanche du mois un des plus gigantesque Flea Market du pays. Se garer, marcher jusqu’à l’entrée sous un ciel bleu, soleil mordant, retirer quelques dollars aux bornes et s’apercevoir que les billets d’entrée doivent s’acheter maintenant sur le net. Retour à la voiture pour récupérer le téléphone avec la carte T-Mobile US. Croiser les doigts pour capter du réseau. C’est un flux permanent de gens qui rentrent, leur téléphone à la main présentant le QR code attestant du paiement en règle. Des groupes attendent aussi à l’extérieur, chacun pianote tête baissée sur le clavier de son téléphone. D’autres ressortent déjà des chariots, des sacs bien remplis. Certains se photographient devant l’entrée du Rose Bowl, la rose imprimée sur le mur au-dessus de l’entrée. Enfin, après quelques galères, on obtient le QR code qui va nous permettre de rentrer à l’intérieur de l’enceinte. C’est immense, des stands partout. On arpente le site, allée par allée, durant 4 heures, il fait chaud, on est exténué. Mon cerveau se neutralise.
Croiser une foule parfois compacte parfois moins dense qui chine, fouille dans les piles de vêtements usagés, négocie des prix. Échanger avec des exposants, juste pour le plaisir. Parler espagnol, un peu. Profiter d’un Brumisateur pour se rafraîchir. Boire un ice tea et se passer le gobelet glacé sur les joues. Feuilleter des vieux Avenger. Demander le prix d’un drapeau californien, il n’est pas à vendre.
éphémérides : lever du soleil 06:14, coucher 19:45, lune dernier croissant /// prévision météo Los Angeles : matin 20°C, après-midi 24 ress. 29, soir 20, nuit 19
TRAJET 12/08 /// Hermosa Beach – Anaheim
Un week-end californien à LA. Au programme de ce samedi, plage et bull-riding.
Le road trip est terminé et les quelques jours programmés à Los Angeles sont en partie l’occasion de faire un bilan, certes précoce, mais digne d’intérêt, sur le vécu de cet été californien. Les différents ressentis, les expériences, les désirs assouvis ou refoulés, les rêves restant à l’état de rêve, les loupés. Une autre page restera à écrire, celle qui sera empreinte à la fois du réel, du passé et de ce qui en reste de vérité.
La matinée a bien failli être engloutie par la diffusion de Lady Bird à la TV. La même dont il a été question quelque jours plus tôt à Sacramento, ou plutôt son fantôme. Revoir des images du film agrémente la liste des « choses à faire » en rentrant en France, revoir Lady Bird en fait désormais partie. Anyway diraient les Américains. Pas de voiture dans l’immédiat, on marche vers la plage, on longe le front de mer, ses maisons toutes alignées les unes à côté des autres, on se rapproche de la jetée d’Hermosa Beach. Des piétons nous doublent, des jeunes en rollers ou skate, des vélos aussi. La plage, les life’s guards le regard tourné vers l’océan, le soleil piquant, les parties de beach volley organisées entre amis, une légère brise bienvenue, les peaux bronzées, le vrai cliché californien juste là, dans le cadre.
Un peu moins d’une heure de route est programmée pour rejoindre le Honda Center à Anaheim. Ce soir, c’est la grand-messe des cowboys, c’est une étape du championnat des Professional Bull Riders, PBR. Les énormes pickups se rangent, les uns après les autres, en ordre dans les parkings aux abords du stadium. En descendent des familles entières, des couples, des bandes d’amis. Chapeau et bottes de cowboy, chemise à carreaux, jeans et boucle de ceinturon composent la panoplie du public venu très nombreux. Certains fêtent déjà la soirée avec des bières qu’ils partagent à côté de leur pickup en discutant, riant, parfois bruyamment. A l’entrée ouest du Honda Center des groupes de défenseurs d’animaux, mégaphones à la main, ils interpellent les spectateurs qui attendent de rentrer dans le bâtiment, shame on you répètent-ils en boucle. Il sera nécessaire de revenir sur cette question plus tard. La salle est grandiose, le spectacle aussi, impressionnant. Show à l’américaine, feux d’artifice, présentation des équipes en musique, prière du Rider, hymne national revisité, spectateurs debout, main sur le cœur, commentateurs enthousiastes. La recette est parfaite, bien rodée, aucune fausse note. Dans les box, les participants se préparent chacun leur tour avec minutie, c’est tout un rituel observé grâce aux caméras de proximité et à la projection des images sur les écrans dans la salle, concentration extrême, palpable, corde tressée bien ajustée autour de l’animal nerveux pour 8 secondes d’adrénaline. 8 secondes, le temps d’une respiration, une éternité pour d’autres. Le public est conquis, crie, hurle, siffle, encourage les riders. La porte s’ouvre, les secondes défilent au compteur, trouver son rythme, se maintenir en place grâce au bras en lien avec l’animal, l’autre bras comme le corps en balancement permanent en recherche d’équilibre.
éphémérides : lever du soleil 06:12, coucher 19:46, lune dernier croissant /// prévision météo Los Angeles : matin 21°C, après-midi 26 ress. 31, soir 21, nuit 20
TRAJET 11/08 /// Los Angeles
Temps couvert encore aujourd’hui au lever. On décide tout de même d’aller faire la petite marche pour voir le Hollywood Sign. En même temps, à la TV, la pub annonce le début de la diffusion de Forrest Gump. Tellement envie de le revoir. Départ différé. Pas raisonnable, mais tant pis. Les yeux scotchés à l’écran, scène après scène, deux heures après les premières images, la petite plume, régulièrement présente dans le film, sort de l’écran. Satisfaction. Se souvenir d’avoir vu Forrest Gump pour la première fois ici même à Los Angeles dans une salle de cinéma de Fashion Island à Newport Beach l’année de sa sortie. Depuis, vu et revu plusieurs fois. Se souvenir d’avoir marché dans ses pas l’an passé à Monument Valley. Un arrêt sur le bord de la route, dans la ligne droite, à l’emplacement même où il décide d’arrêter de courir. Se souvenir de ce que momma always said, life was like a box of chocolates, you never know what you’re gonna get.
Circulation dense sur l’I 110, les voitures avancent lentement. Au loin, la skyline du downtown L.A. sur la gauche, le Coliseum, le stade le plus grand du monde. On glisse le long du downtown par l’ouest avant de prendre la 101 puis de la quitter à hauteur de Cover St. Tourner dans Beachwood Dr. après le feu tricolore. Tout droit, en face, sur le relief se dessine Hollywood Sign. On joue à cache-cache avec les arbres, le relief, il apparaît, il disparaît. La route monte, raide, se resserre, de chaque côté, des résidences construites à flanc de montagne, sur pilotis, dans le vide. On gare la voiture où on peut, le plus près possible en haut de la rue marquée sans issue. Le reste se fera à pied. On croise un groupe de trois jeunes japonaises qui, a un point de vue stratégique, ne cessent de se prendre en photo dans des poses maniérées qui nous font sourire. On ne les croisera pas en redescendant. Maintenant, il fait chaud, le soleil a fait son apparition, un vent léger vient parfois nous rafraîchir dans une courbe du chemin de terre. Les Lettres se méritent. En haut, la vue est magnifique. La ville s’étale jusqu’à se perdre dans la brume au loin. Ses contours deviennent flous, incertains, les buildings du downtown des pièces de Lego, les voitures des processions de fourmis. Le Griffith Observatory semble si près, lui, dans le prolongement de la colline, à gauche. Encore deux, trois photos pour figer le moment, le graver dans sa mémoire pour se souvenir lorsque le Hollywood Sign apparaîtra dans un film, un documentaire, on y est allé, c’était l’été, il faisait beau ce jour-là et la journée était bien avancée.
éphémérides : lever du soleil 06:10, coucher 19:48, lune dernier croissant /// prévision météo Los Angeles : matin 21°C, après-midi 26 ress. 29, soir 21, nuit 20
TRAJET 10/08 /// Los Angeles – San Clemente – Los Angeles
Journée qui s’annonce nuageuse. Le wifi fonctionne mal à l’hôtel ce qui ne facilite pas le traitement des photos, les posts IG et la mise en ligne des articles sur le blog. Au lever, prendre le temps de planifier les prochains jours, de projeter une lisibilité jamais atteinte sur une ville inépuisable. Tellement sillonné la ville dans tous les sens depuis plusieurs décennies et pas encore arrivée au bout de ce qu’elle est, de ce qu’elle représente, toujours des lieux où revenir, des quartiers délaissés qui méritent le détour du voyageur qui a déjà arpenté tous les grands classiques. Des heures de route sur les Hwy, longs rubans urbains de deux fois 6 voies, surchargés de véhicules qui tracent leur route au-delà des 65 mph, inimaginable dans les années 90. Les Hwy, ces artères surdimensionnées, toiles d’araignée indispensables aux déplacements dans la ville. La moindre sortie prend minimum une heure de route aller. Le temps ici se calcule au rythme des distances à parcourir et même la car pool (nécessité d’être plus de 2 dans un véhicule) n’est pas toujours d’une grande aide. On roule direction Sud sur la Hwy 405 maintes fois empruntée. Les panneaux de signalisation défilent, indiquent les numéros de sortie dans le coin droit, écriture blanche sur fond vert, et signalent les noms de rues, avenues, boulevards sur lequel on va se retrouver. Le bruit du frottement des roues sur les plaques bétonnées souvent striées fait un bruit sourd et particulier rappelant celui du train.
On arrive à San Clemente, Exit 75 sur l’Interstate freeway 5. Direction le bord du Pacifique, la jetée. Il fait doux, une vingtaine de degrés. Flâner, commander un fish & chips, visiter les hauteurs de la ville. Rien de particulier, une petite ville balnéaire au bord de l’eau. Vie paisible, pêche sur la jetée, surf, baignade, promenade sur le front de mer.
Jetée de San Clemente Life guardsPlage à San Clemente
Au retour, on s’arrête au Mall South Coast Plaza à Costa Mesa le long de l’I 405. Des images me reviennent d’un temps révolu. Aujourd’hui, peu de monde, parkings si démesurément immenses qu’ils semblent vides, les allées du Mall, désertes même en plein après-midi, musique de fond indéfinissable, climatisation qui pourrait représenter le seul prétexte valable à avancer pour rentrer dans ces bâtiments. Il y a comme quelque chose de pathétique qui se dégage de ce moment, des âmes qui errent au milieu des magasins vides, parfois fermés, avec un petit paquet au bout des doigts, manière de ne pas rentrer les mains vides. J’ai l’impression de revivre une scène de Breaking Bad lorsque Saul Goodman, contraint de changer d’identité, se retrouve derrière un comptoir à vendre des pâtisseries dans un centre commercial à Omaha dans le Nebraska. Tous les centres commerciaux se ressemblent et lorsque je sors, je réalise que je n’ai pas rencontré la star de la série, mais que je suis bien en Californie.
Mall South Coast Plaza à Costa MesaRetour
Trajet : Hermosa Beach – San Clemente – Hermosa Beach
éphémérides : lever du soleil 06:07, coucher 20:03, lune gibbeuse décroissante /// prévision météo Santa Barbara : matin 18°C, après-midi 21 ress. 26, soir 18, nuit 17
TRAJET 09/08 /// Santa Barbara-Los Angeles, Hermosa Beach
Une fin de matinée à sillonner les rues de Santa Barbara, à pied, en voiture, à la recherche de librairies d’occasion. Pendant ce temps, la couche nuageuse se dissipe. Sur State Street, les piétons vaquent à leurs occupations quotidiennes. Je rentre dans une première librairie, en face de la bibliothèque municipale, livres neufs et d’occasion se côtoient. Je flâne, m’imprègne de son ambiance, c’est calme, peu de monde, la voix du libraire est douce. Je ressors avec deux petits livres, un de Patty Smith que je n’avais pas encore en version originale et le dernier texte écrit par Sam Shepard. La deuxième librairie, Mesa Bookstore, se situe sur Cliff Dr. Un cagibi de 6 m2 environ, des livres partout empilés sur des étagères, une chaise, le sol. Le libraire, assis au fond derrière un étroit bureau encombré de plusieurs piles de livres, discute avec un client. Il me demande si j’ai besoin d’aide et avec une pointe d’humour me conseille de ne pas me perdre dans toute cette immensité. Beaucoup de livres policiers en fait, assez chers pour de l’occasion. Je comprends que le client, coincé entre le libraire et la porte de sortie, est natif de Boston où il vivait plus jeune, mais le climat est plus plaisant ici. L’espace de quelques secondes, mon esprit s’échappe en Nouvelle Angleterre, j’aime bien Boston, remonter en voiture vers le Maine en automne, au moment où la forêt s’embrase de couleurs magnifiques. Ils échangent sur des émissions TV qu’ils qualifient de mauvaise qualité, je ne les connais pas. Le tour étant rapide, je remercie, ressors, tourne le coin de la rue et rejoins le parking derrière le bâtiment où la voiture est garée. Je m’aperçois que je n’ai même pas pris de photos ni du dedans ni du dehors de la librairie. On quitte le quartier de West Mesa en traversant Alta Mesa, le GPS propose la route 1 pour rejoindre le downtown. En haut de State St, on achète une glace. Il est maintenant l’heure de descendre sur LA.
Après la circulation intense de la 101, on prend la 23, elle sillonne à traverser la montagne pour rejoindre la PCH au niveau de Malibu, avant Point Dume. À Santa Monica, la circulation devient plus dense, c’est la fin de l’après-midi et au fur et à mesure de l’augmentation des points de ralentissement, l’heure d’arrivée à l’hôtel augmente. On passe à côté de Venice Beach, Marina del Rey, très encombré. En bout de piste de l’aéroport international de LAX, les avions décollent dans un rythme régulier, entament la plupart du temps un virage au-dessus de l’océan et poursuive la montée jusqu’à atteindre l’altitude de croisière. Après Manhattan Beach, on est presque arrivé.
Trajet : Santa Barbara – Ventura – Thousand Oaks – Western Malibu – Malibu – Pacific Palisade – Santa Monica – Venice – Marina del Rey – Manhattan Beach – Hermosa Beach
éphémérides : lever du soleil 06:09, coucher 19:56, lune dernier quartier /// prévision météo Lindsay : matin 26°C, après-midi 37 ress. 35, soir 32, nuit 23
TRAJET 08/08 /// Lindsay-Santa Barbara
Une chaleur sèche, brûlante, me saisit dès que j’ouvre la porte de la chambre du motel. Quand on quitte Lindsay en fin de matinée, il fait déjà 96°F. Impossible ne pas faire fonctionner la climatisation dans la voiture. De chaque côté de la Hwy 65, des champs de mandariniers à perte de vue. Sur un panneau publicitaire, une entreprise locale signale qu’elle travaille pour les jus de fruits Sunkist. À mi-chemin de Bekersfield, on passe sur une route à deux voies, à droite c’est vert, les champs de fruitiers, à gauche, c’est jaune, les herbes sauvages, la terre aride. Devant nous trois camions, ils mènent la file de voitures à 55 mph. Du temps devant moi. Observer le paysage, prendre quelques notes, des photos. Sur la gauche, un homme, 4×4 arrêté dans l’allée de son ranch, cadenasse les portes en fer surmontées du nom de la propriété avant de poursuivre sa route. Au loin des champs de derricks, ça pompe, ça pompe. On approche de Bekersfield.
LindsayBerkersfield – Nord
Bekersfield. Une ville plate, aux larges avenues, étendue sur un sol aux ressources pétrolifères. Sortir de la voiture, 101°F. Photographier le magnifique Fox Theater ouvert en 1930 au 2091 H St nécessite quelques efforts de résistance à la chaleur. Je me traîne le long de la rue à la recherche d’un filet d’air, recherche l’ombre d’un bâtiment pour prendre des photos. Je ne regarde même pas le résultat sur le petit écran, mettre mes lunettes de vue me demande trop d’efforts. On avisera plus tard, au frais. Dans le quartier, personne dans les rues excepté cet homme assis à l’abri du soleil, attablé devant un minuscule fast-food de l’autre côté du Fox Theater, il mange avec méthode et application un burger cuisiné par ses soins. On rentre dans un vieux magasin de guitares par curiosité et pour profiter de la climatisation qui s’avère être plutôt un ventilateur qui ne fait que brasser de l’air chaud. On fait le tour. Au mur, deux vieilles guitares attirent notre attention, le vendeur, aussi antique que sa boutique nous précise que ces guitares ont été fabriquées par un musicien dont j’ai oublié le nom, une célébrité locale, mort il n’y a pas si longtemps. Sa photo est encadrée un peu plus loin sur un mur.
Bakersfield – Fox Theater
Reprendre la route vers Santa Barbara, retrouver le Pacifique, un peu de fraîcheur le soir venu. Los Angeles, ce sera pour demain. Fin de la 99. Elle rejoint l’Interstate 5 au sud de Bekersfield juste avant de grimper dans le relief vallonné, puis montagneux. Cette artère de 2 fois 4 voies, on la quitte à Castaic Junction, au nord de Santa Clarita, pour prendre la 126 West. Le temps jusque-là magnifique devient brumeux sur les crêtes à l’horizon. Ventura et droit devant, le Pacifique.
Trajet : Lindsay – Porterville – Bekersfield – Caustic Junction – Ventura – Santa Barbara
On quitte les hauteurs de Mariposa, paysage vallonné, grandes étendues de prairies, quelques arbres, les herbes hautes jaunies par le soleil, la chaleur. Descendre vers Fresno par la 140. Enfilades de boîtes aux lettres sur le bord de la route, au loin des ranchs, des troupeaux de vaches, des chevaux, peu. Pas d’arrêt sur la route, on trace. Je prends des photos à la va vite avec mon portable de la voiture. La route défile. On rejoint la Hwy 99, tracé rectiligne. J’en profite pour trier les photos déjà prises et commencer à écrire sur le WordPress. A Fresno, direction East sur la 180, vers les montagnes, jusqu’à l’entrée de Sequoia Park. À la radio, Kenny Rogers chante Coward Of The Country. Ambiance western. En plein milieu d’un champ, au milieu de rien, planté dans la terre sèche, un drapeau américain flotte dans le vent.
Le Grand au coin de Jefferson St et Santa Fe AveLe Grand – Jefferson StLe Grand – Jefferson StSquaw Valley
La 180 grimpe dans la montagne. 2000 feet , 3000 feet au niveau du panneau indicateur de l’altitude Sur le bord de la route, une station-service, des motels de petite capacité, à peine une dizaine de chambres. La route serpente sur le flanc de la montagne et surplombe la vallée. 5000 feet , 74°F. A 150 mètres de l’entrée du parc, une file de voitures attend pour valider le pass de la journée. Passé le virage, j’aperçois la guérite du ranger, peu d’attente.
On rentre dans le Park par le Big Strump à l’Ouest et, avant de descendre la Generals Highway, on effleure la Kings Canyon Scenic Byway qu’on n’aura pas le temps de suivre jusqu’au bout, pour aller voir le General Grant Tree. On évitera le parking à proximité, on préférera la marche depuis le visiter Center. A la radio, The Rose de Bette Midller. Sequoia Park est riche d’arbres gigantesques. On sera ébloui par le General Sherman Tree, deux fois millénaire. Un monstre de beauté qui s’élance dans le ciel à plus de 80 mètres. Autour, ce ne sont que des spécimens aussi immenses les uns que les autres. Minuscule auprès d’eux, je pose mes mains sur un tronc. Fermer les yeux et l’odeur chaude de l’essence des arbres et de la résine me chatouille le nez. Ressentir la vie intérieure, impossible, imaginer le vécu de ces arbres, impossible, écouter les branches craquer, si peu, mais le remercier d’être là, présent au monde pour nous offrir ce temps de recueillement ou même sa naissance nous semble inimaginable dans un temps si lointain. Profiter aujourd’hui de cette richesse que la nature nous offre et la chérir, la préserver le plus possible des menaces quotidiennes. La route sillonne parfois au travers d’un paysage où domine désolation, des cimetières d’arbres rongés et carbonisés par les flammes des feux qui sévissent régulièrement dans toute la Californie. Il s’agit là de protéger une forme de mémoire du monde dont nous n’avons pas toujours conscience. Alors, les mains toujours posées sur le tronc de ce géant des forêts de séquoias, je remercie avec simplicité.
General Grant TreeGeneral Grant TreeImpossible de rendre compte de la grandeur de ces géants en photo. Ici General Sherman TreeGeneral Sherman TreeGeneral Sherman Tree
Nous avons passé plus de temps que prévu pour traverser ce parc, il en valait la peine. La descente de la Generals Hwy après Moro Rock et Crescent Meadow par la 198 est longue. On est rentré dans la chambre du Motel 8 à Lindsay la nuit déjà bien installée à 21 heures, épuisés mais des paillettes plein les yeux.
Moro Rock
La surprise de fin de journée…
Trajet : Mariposa – Fresno – Big Stump Entrance – Sequoia Park Generals Hwy – Three River – Lake Kaweah – Exeter – Lindsay
éphémérides : lever du soleil 06:07, coucher 20:03, lune gibbeuse décroissante /// prévision météo Yosemite Valley : matin 16°C, après-midi 25 ress. 23, soir 17, nuit 9
TRAJET 06/08 /// Coleville-Mariposa
Le soleil se lève derrière la chaîne montagneuse en face du motel où nous avons passé la nuit. Un motel perdu au milieu de nulle part, mais sans contexte le plus plaisant jusqu’à maintenant. On ferme la porte, on dépose la clé à la réception. Aujourd’hui, on se prépare à traverser la Sierra Nevada à hauteur de Yosemite Park.
Motel à Coleville
La route se déplie au fond d’une étroite vallée entre une rivière bouillonnante et les flancs de la montagne parsemés de chaque côté de sapins. Impossible de trouver une radio potable depuis trois, quatre jours. Toujours les mêmes morceaux des années 80 en boucle, Kenny Loggins, Christopher Cross, Jackson Brown, Léo Sayer, Billy Océan, Chicago et d’autres encore. Plaisant, mais pas en boucle toute la journée ! L’altimètre annonce déjà 2100 m. On traverse une jolie vallée de prairie verte avant de rejoindre une plus large qui nous mène à Bridgeport par la 395. A l’entrée de la ville, on s’arrête à une station-service pour acheter quelques boissons fraîches, dehors une odeur d’élevages de bovins nous saisit. Les ranchs font parties du paysage de la vallée et sont aux portes de la ville. Sur la droite au loin, on devine Eagle Peak et Twin Peaks. La ville se définit essentiellement par Main Street qui la traverse en faisant un coude à la sortie. On gare la voiture pour prendre des photos, se dégourdir les jambes avant de poursuivre vers Mono Lake. Vue plongeante sur ce lac salé. Il fait 73°F. À Lee Vining, laisser la 395, tourner à droite sur la 120 qui à partir de cet endroit prend pour nom la Tioga Road, cette année, ouvert depuis le 22 juillet.
À l’entrée de Yosemite Park, un ralentissement. C’est dimanche, c’est l’été. Les voitures les unes derrière les autres. On s’arrête pour quelques minutes. Grâce à notre pass acheté sur le net, un ranger nous invite, ainsi que d’autres voitures dans la même situation que nous, à poursuivre sans attendre. La circulation sera plus facile sur le parcours. La route est magnifique. A peine tortueuse, elle glisse dans le paysage à haute altitude sans qu’on s’en aperçoive. La température est douce, le soleil au rendez-vous.
S’arrêter, écouter, contempler les beautés de la nature. Sa générosité, sa perfection. Même meurtrie, elle se relève, se reconstruit jour après jour pour encore nous combler. Gratitude. Le parc de Yosemite n’a pas échappé aux incendies ces dernières années. Vers la fin du parcours, c’est un paysage plus désœuvré, touchant que nous livre la route.
13:45, on quitte la 120 pour la Big Oat Flat Rd puis on glisse dans la Yosemite Valley, encaissée. Le temps de voir El Capitan, le Half Dôme et des chutes d’eau spectaculaires, on termine la boucle pour sortir du parc et rejoindre notre ville étape, Mariposa, sur la 140. Pour la première fois le thermomètre a atteint 100°F. L’air sec, chaud, assèche les lèvres.
Trajet : Coleville – Bridgeport – Lee Vining – Tioga Rd – Yosemite Valley – Incline – Mariposa
On quitte la meilleure chambre d’hôtel qu’on ait eu depuis le début du séjour. Plein soleil sur Sacramento ce matin et déjà la chaleur se fait sentir, 85°F. Avant de prendre la route vers le lac Tahoe, on fait le plein d’essence dans une station Chevron. Sur le parking, un motard, lunettes de soleil sur le nez, se repose à l’ombre allongé à côté de sa moto. C’est le week-end et le trafic est dense sur ce tronçon de l’Interstate 80. Elle me fait rêver cette Interstate 80 puisqu’elle relie San Francisco à New York en passant par Salt Lake City et Chicago et traverse ainsi 11 états. Après la Route 66 de l’an passé, elle pourrait devenir un autre projet de road trip, pourrait…
Pour atteindre la première étape de la journée, Kings Beach (1900 m d’alt.), on traverse la Tahoe National Forest. La 80 grimpe au milieu des conifères, le ciel est bleu, la température baisse un peu. A Truckee, on bifurque sur la 267 pour traverser une grande vallée bordée de reliefs boisés. Derrière la dernière barrière montagneuse, le lac Tahoe. Au bout de la 267, on bute sur le lac et la circulation dense qui caractérise Kings Beach à cette période.
Traverser la Tahoe National ForestKings Beach
On tourne à gauche sur la 28 qui nous conduit sur la côte Est du lac, la plus sauvage, la plus prisée, celle qui se déroule dans l’état du Nevada jusqu’à South Lake Tahoe. La route côtière prend de la hauteur, borde le lac et ses eaux turquoise. Difficile d’accéder à une plage, elles sont toutes privées. On se contente des points de vue ou de marcher sur la Tahoe East Shore Trail. Au loin, de l’autre côté du lac, les sommets de la chaîne montagneuse sont encore enneigés.
East Lake TahoeEast Lake TahoeEast Lake Tahoe
Arrivés à South Lake Tahoe, on fait une halte avant de prendre la direction de Coleville, une bourgade de quelques 500 âmes, à 1500 m d’altitude, dans une vallée d’élevage face au mont Patterson. La chambre 208 du motel nous attend.
South Lake TahoeIzzy’s Burger – South Lake TahoeSur la 395 South Sur la route Vue de la chambre du motel – Coleville
Old Sacramento au bord de la rivière Sacramento, on fait la connaissance de Greg à l’office du tourisme. Il est fier de nous dire quelques mots en français et lorsqu’un groupe de québécois rentre dans le local, on échange quelques mots. Ils disent qu’on a un accent charmant quand on parle français, je pensais que c’était l’inverse ! Greg nous conseille d’aller voir le saloon le bloc suivant, les margaritas y sont remarquables nous précise-t-il. Il est 13h, nous n’avons encore rien mangé et on attaque avec une sublime margarita accompagnée de tortilla chips et de fresh guacamole. Il va falloir assurer après…
Ils sont deux musiciens a jouer sous le porche de la promenade de la rue principale dans Old Town Sacramento. On s’assoit sur un banc, on les écoute quelques minutes et on poursuit notre chemin.
Old Sacramento Old SacramentoOld SacramentoCalifornia State Capitol
Il fait très chaud, plus de 30°C. La marche ce sera pour un autre jour. On reprend la voiture pour remonter Capitol Mall. On visite le Capitole de l’état californien, puis nous nous rendons au Sutter’s Fort State Historic Park, le fort restauré le plus vieux du pays. Nous n’aurons pas le temps de voir le State Indian Museum.
California State CapitolCalifornia State Capitol
Le soir, à l’hôtel, je reporte dans un cahier les dépenses de la journée, puis vient le temps de trier les photos, prendre des notes, lire celles accumulées dans la journée sur l’application Note du téléphone ou le carnet qui ne me quitte jamais, choisir et poster la photo du jour sur IG (parfois il y en a plusieurs), nourrir la page quotidienne du blog en textes/photos. J’apprends à écrire directement dans l’application WordPress du téléphone. C’est un vrai challenge. J’espère le tenir jusqu’au bout. Cette matière accumulée au fil des jours me permettra de poursuivre un travail d’écriture dans les mois à venir, du moins je l’espère.
Lady Bird – The Blue HouseLady Bird – The American Market and Deli – face ALady Bird – The American Market and Deli – face B
En 2017 est sorti aux USA Lady Bird de Greta Gerwig. Un premier film remarquable vu en 2018 à l’Utopia de Bordeaux. Aujourd’hui, comme l’an passé à Albuquerque (NM) pour la série TV Breaking Bad et Better Call Saul, on est allé sur les lieux de tournage du film, la maison bleue située au 1224, 44th St, et The American Market and Deli où Lady Bird achète ses cigarettes, ses tickets de loterie et un magazine Playgirl pour célébrer ses 18 ans. On est rentré dans ce Deli, on a aussi acheté un ticket de loterie pour gagner les 999 millions de $ mis en jeu ce vendredi 4 août. Une utopie ! Les résultats sont tombés ce soir, on a perdu…
MidtownMidtownMidtownSacramento « the city of trees »
Les Fabulous Forties est le quartier huppé de Sacramento. Ses rues sont larges est arborées. On y circule paisiblement tout en regardant des demeures toutes plus magnifiques les unes que les autres. On se prend à rêver, on imagine qu’on rentre dans une de ces résidences comme si c’était la nôtre et on en rigole tellement cette vie est loin de nous.
Easy Sacramento – Quartier des Fab 40’s East Sacramento – Quartier des Fab 40’sEast Sacramento – Quartier des Fab 40’s
Quitter Eurêka en fin de matinée, le soleil perce la brume, timide. A travers la vitre de la voiture, regarder l’océan et se demander si Le Terron est rentré de la pêche, si les deux marins ont débarqué le poisson pour aller le vendre avant le déjeuner. Se dire que la chambre d’hôtel était la plus propre qu’on ait eu jusqu’à présent et que c’était agréable, excepté le bruit des voitures sur les deux boulevards parallèles au motel. C’est une journée de route qui nous attend. On dit au revoir à la côte Ouest du Nord de la Californie. Alors, suivre le GPS et prendre la Redwood Hwy jusqu’à Alton, puis direction Est sur la Hwy 36 pour rejoindre Red Bluff et l’Interstate 5 Sud jusqu’à Sacramento.
La Hwy 36 Est
Sur un panneau indicateur à Carlotta, on peut lire Monroe lane. Je repense à Maryline et du détour l’an passé pour aller voir sa tombe au Westwood Village Memorial Park Cemetery à Los Angeles. En nous promenant dans cet endroit insolite au milieu des immeubles, on pouvait aussi lire d’autres noms célèbres sur les plaques. La brume est maintenant derrière nous. Le soleil transperce la forêt, le vert des arbres s’illumine. À la radio passe Thriller de Michaël Jackson. La route s’entortille dans le paysage, on longe des rivières, on monte en altitude, on redescend dans des vallées encaissées, on passe d’un flanc de montagne à un autre. Parfois, on croise des camions chargés d’une demi-douzaine de troncs d’arbre. Sur le bord de la route des rangées de boîtes aux lettres. En contrebas de la route, quelques maisons, des ranches aussi. Des panneaux indicateurs de distance annonce tous les 10 miles les kilomètres restant jusqu’à Red Bluff. Il en reste encore beaucoup. Bercée par les virages, je m’assoupis. Après Forest Glenn, la forêt a été dévastée par le feu sur des milliers d’hectares.
La Rettlesnake Creek serpente le long de la Hwy 36En descendant vers l’Interstate 5Forest Glen sur la Hwy 36 – trace des incendies
A Platina, un panneau indique une route qui mène à Redding. Red Bluff se trouve maintenant à 52 miles. On quitte la forêt pour un paysage plus sec, arboré de buissons, il fait 84°F.
A Red Bluff on récupère l’Interstate 5Sur la route de Sacramento – Interstate 5
L’Interstate 5 file du Nord au Sud dans la vallée de Sacramento, entre deux chaînes montagneuses. C’est tout droit au milieu des cultures d’arbres fruitiers, d’oliviers et de céréales. On arrive en fin d’après-midi à Sacramento. Quelques ralentissements aux abords de la ville, l’hôtel n’est plus très loin.