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Que reste-t-il d’avant ?
Que fait-on d’aujourd’hui ?
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Que reste-t-il d’avant ?
Que fait-on d’aujourd’hui ?
les voyages ne sont jamais les mêmes, pourtant c’est toujours la même force qui me propulse vers cet inconnu
Nous y sommes, le jour J du départ est arrivé. Dans quelques heures nous nous envolerons pour rentrer en France, le cœur gros de quitter ce pays que nous aimons sillonner, mais les yeux remplis des paysages magnifiques que nous avons parcourus. Difficile de se projeter dans une nouvelle aventure, celle-ci se terminant, mais nous y travaillerons, j’en suis certaine.

Aujourd’hui est un jour sans rêves
Nous quittons le Papago Hôtel pour l’aéroport. Le ciel est dégagé et le thermomètre affiche déjà 32•C en cette fin de matinée. On aperçoit le downtown qui semble tout proche, juste à portée de main. À la radio, la dernière chanson du séjour avant de déposer la voiture chez le loueur, comme une invitation à partir sans regrets, Supertramp avec Goodbye Stranger.




L’avion est arrivé à l’heure prévu, notre équipage également. Nous attendons l’embarquement en porte B 25 d’ici 20 mn.
les voyages ne sont jamais les mêmes, pourtant c’est toujours la même force qui me propulse vers cet inconnu
Retour sur Phoenix
Nous roulons sur l’I-17. Dans la voiture, le soleil nous réchauffe la peau. Sur le trajet, nous allons perdre plus de 1800m d’altitude. Terminé les hauts plateaux, les mesas et les canyons. La température extérieure devrait pratiquement atteindre les 40•C à Phoenix.

Nous traçons la route et je me dis que c’est ma représentation du voyage, rouler, rouler, avaler les kilomètres, peu importe la destination. S’octroyer du temps dans les endroits où on se sent bien, faire une pause et repartir, libre. Cette sensation qui m’habite me transporte ailleurs, mon regard se nourrit du beau comme du moins esthétique. À la radio, toujours les mêmes chansons en boucle depuis des années. Du rock, de la pop, de la country, Bruce Springsteen, Rod Steward, Kenny Rogers, Dionne Warwick, Léo Sayer, Eric Clapton, Emmylou Harris, Supertramp, Huey Lewis and The News, et plein d’autres.
Mais j’ai également besoin de prendre de la distance, du temps, et de faire et refaire en boucle ces voyages, pour mieux les habiter, mieux les comprendre, pour les reformuler à ma manière, leur apporter mon regard, ma signification. Les quelques notes portées sur divers supports comme ce blog contribuent à fixer ces moments dans le temps, les capturer, les figer, leur redonner vie, sens. Les réécrire autrement.

L’I-17 se tortille entre les collines et poursuit sa descente, nos oreilles se bouchent. L’embranchement de Sedona n’est plus très loin, un panneau vert l’indique.

Depuis notre arrivée, le printemps se fait sentir, les arbres fleurissent, reverdissent. On sent cette montée en puissance de la vie qui reprend force. Le vert tendre habite de plus en plus le paysage dans la vallée.

En début d’après-midi, nous rentrons dans l’agglomération de Phoenix. Le thermomètre annonce 100•F (38•C). Avec la climatisation dans la voiture, on ne ressent pas encore les effets d’une telle chaleur, mais je redoute le moment où nous allons nous arrêter…

Phoenix est une ville plate, si bien que lorsqu’on se trouve sur une Interstate à 2 fois 6 voies, entourée de murs anti-bruit, on n’a pas accès au paysage. On roule. On suit la route, les panneaux, le GPS, en espérant trouver une ouverture pour apercevoir les hauts buildings du downtown.


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Nous quittons Moab sous un soleil radieux avec un petit pincement au cœur et déjà en tête l’idée de revenir et de visiter d’autres parcs.

Toujours ces sommets enneigés sur notre gauche et la roche rouge se chauffant au soleil sur la droite. Le GPS prévoit 5 heures de route pour rejoindre Flagstaff, notre ville étape, avant de revenir à Phoenix. 48 heures pour s’imprégner encore de cette terre que j’aime tant.


Nous reprenons l’UT-191 South jusqu’au croisement avec l’US-160 que nous suivrons jusqu’à Tuba City où nous rejoindrons quelques miles plus loin l’US-89 South jusqu’à Flagstaff.

Nous traversons pour le moment Monticello, puis Blanding avant d’atteindre Bluff. Toujours à des altitudes élevées de 2100m, 1600m. C’est une vaste région de plaines sur lesquelles paissent quelques troupeaux de vaches de couleur noire et où quelques parcelles reçoivent des cultures, le reste n’est que terres sauvages.

Nous passons la ligne de changement d’état et revenons en Arizona en territoire Navajo.



Nous arrivons à Flagstaff en fin d’après-midi, le temps de déguster une glace, de rentrer dans une librairie, puis un antique shop et de regarder passer plusieurs trains de marchandises sur le quai de la gare…





les voyages ne sont jamais les mêmes, pourtant c’est toujours la même force qui me propulse vers cet inconnu
La fatigue commence à se faire un peu sentir. Nous ne sommes pas partis de bonne heure ce matin alors que nous avons au programme Dead Horse Point et Canyonlands North. Nous prenons la route UT-191 au nord de Moab et bifurquons Ouest après l’entrée des Arches sur l’I-70 avant de prendre la direction de la Dead Horse Mesa Scenic Road (313). Le ciel est voilé ce matin et la température va encore monter, jusqu’à 30•C.
DEAD HORSE POINT (1731m)

Les qualificatifs, les mots manquent à nouveau lorsqu’on est face à autant de beauté, si majestueuse, si sauvage, si brute. Les méandres du Colorado, abrités par les profonds canyons, semblent adoucir la rudesse de la roche qui se décline en plusieurs tons de rouge et de ocre. Le regard se perd dans l’horizon brumeux. On aspire au silence, à la méditation, à l’observation.

En bas, sur cet autre plateau, la piste en terre trace sa route dans ce paysage désertique. C’est la piste que nous aurions dû prendre hier si nous avions eu un véhicule plus approprié. On aperçoit les bassins de potasse, puis plus loin le Thelma et Louise Point. La piste se poursuit vers le Gooseneck et le Shefer Trail Road. Cette dernière partie très impressionnante. Elle remonte à flanc de roche, dans le vide, sur une piste très étroite où les 4×4 peinent à se croiser et attendent souvent au détour d’une courbe que l’un d’eux passe. Nous les avons suivis de notre point d’observation, tels de minuscules fourmis.


Et pour mieux se rendre compte de l’ampleur de l’espace, deux vidéos :
CANYONLANDS – ISLAND IN THE SKY (1853m)
Une incommodité physique passagère m’empêche d’être au meilleur de ma forme aujourd’hui et c’est bien dommage. Je vais devoir renoncer aux 2 ou 3 trails que nous avions prévus à Canyonlands. Si près du but… c’est rageant. J’ai tenu à aller jusqu’au Grand View Point sans pouvoir m’en approcher, mais j’ai tout de même profité de la vue de notre véhicule. Se remplir une nouvelle fois de la beauté des lieux.



les voyages ne sont jamais les mêmes, pourtant c’est toujours la même force qui me propulse vers cet inconnu
La journée d’hier m’a exténuée ! Après une bonne nuit réparatrice, nous partons à la découverte de Potash Road. Le ciel est couvert et il fait une température de 17•C. À la sortie de Moab North, nous prenons l’UT 279. Sur la gauche, les sommets enneigés, à droite, la paroi rocheuse rouge et entre, le Colorado.
Sur les parois abruptes, des sportifs s’entraînent à l’escalade.

À Poison Spider Mesa, c’est un rendez-vous de 4×4. Roues dégonflées, ces monstrueux véhicules s’engouffrent sur les pistes de terres rouges à travers un paysage rocheux. L’espace est là et la piste bien tracée.

Après une heure de marche sous le soleil et la chaleur, nous arrivons à Corona Arch. Cette marche, moins célèbre que celle menant à Delicate Arch, est néanmoins très spectaculaire. Je m’assois dans son ombre, apprécie le moment, même si derrière moi, deux américains se racontent leur vie à voix haute. Je sens une légère brise sur ma peau, c’est rafraîchissant. Je regarde cette pierre aux dégradés d’ocre, sculptée par le vent, le froid, admirative des formes dessinées mêlant arrêtes et arrondis.





De retour au parking, nous reprenons la route qui serpente entre les parois rocheuses du canyon, la Colorado River à gauche et la voie de chemin de fer à droite.

Suivre la piste de Potash Road nous semble inconcevable sans un vrai 4×4. Nous devons renoncer à contre cÅ“ur à emprunter la piste en terre, à la vue sur les bassins de potasse et surtout à Thelma et Louise Point.

Nous faisons demi-tour et décidons de retourner à Arches NP pour faire le trail que nous n’avions pas fait hier, Park Avenue Trail. La chaleur est moins oppressante, l’ombre des parois rocheuses se répand sur le fond de cette vallée. Nous croisons peu de monde. Et cette impression que le paysage nous offre le meilleur. Fin de journée.



les voyages ne sont jamais les mêmes, pourtant c’est toujours la même force qui me propulse vers cet inconnu
Les jours filent à grande vitesse. Les paysages s’accumulent, s’entassent les uns sur les autres pour ne former qu’un tout qui s’enchevêtre et procure un sentiment de vivre quelque chose d’unique qu’il faudra digérer au fil du temps. Et même si je me laisse bercer par la route et prends le temps de me remplir de cette beauté insolente, le temps passe et je me sens impuissante à le retenir. Je sais que demain sera autre. Pour l’heure, les merveilles que l’Utah nous offre sont à déguster sans modération.

Aujourd’hui, nous nous préparons à passer une journée dans Arches NP. Une seule route aller-retour et des marches en perspective. Il fait beau et 18•C pour le moment. La température devrait monter bien plus haut au fil des heures et le ciel se voiler.
Nous faisons la queue à l’entrée du parc. L’agent nous souhaite une belle journée et nous tend une carte du site. Nous prenons de l’altitude et roulons jusqu’au trail du jour, Delicate Arch, le symbole de l’Utha.


Après une marche d’une heure à fort dénivelé pour moi, sur la roche rouge, nous arrivons au graal. Encore une fois, la vue est magnifique. Faire encore abstraction d’une nuée de personnes qui parlent fort, des enfants qui crient et de ceux qui font la queue pour se faire prendre en photo devant l’arche. Difficile de capter un cliché sans personne. Un vent doux souffle par rafales. Le soleil est presque à la verticale. Observer, se nourrir de ce moment, apprécier cette chance d’être ici.
Le retour est un peu plus rapide, sous un soleil plus mordant. Il me tarde d’arriver au parking pour récupérer.

La suite des visites se fait plus paisible avec des trails de 20 à 30 minutes égrainés sur l’unique route qui traverse le parc. Sand Dune Arch, Double Arch. Je renonce à faire la boucle autour de Balanced Rock. Cuite par le soleil, je me régale de la vue à distance.

Demain ou mercredi, nous prévoyons de revenir le matin pour faire Park Avenue Trail qui devrait prendre 1 heure.
Nous cumulons les miles, les paysages grandioses, vastes étendues flamboyantes, et je me sens bien, à ma place sur cette terre qui m’offre un rapport à la nature unique, un rêve d’enfant réalisé en partie.
les voyages ne sont jamais les mêmes, pourtant c’est toujours la même force qui me propulse vers cet inconnu
Le ciel est d’un bleu magnifique lorsque nous quittons la chambre 119 du Motel The Atomic Blue pour prendre un breakfast au The Over Bite.


Nous ne sommes qu’à une heure de Moab, mais décidons de profiter de la journée pour reporter notre arrivée et profiter de La Sal Mountain Loop Road. Une scenic road de 60 miles que nous atteindrons en prenant l’US-191 North.




De beaux paysages nous attendent. La route serpente. Nous quittons les sols désertiques et prenons de l’altitude pour atteindre la forêt de conifères à 2400m. durant ces 2-3 heures de route, nous verrons La Sal Mountains, Castle Valley et la Colorado River sans perdre de vue la terre rouge et ses blocs massifs, ses mesas.

Nous passons de l’autre côté du massif montagneux et découvrons Castle Valley baignant dans sa terre rouge, traversée par les eaux vertes de la Colorado River.


Ici, je tremperai ma main dans le fleuve, et recevrai la vitalité de son eau fraîche comme une forme de bénédiction.

les voyages ne sont jamais les mêmes, pourtant c’est toujours la même force qui me propulse vers cet inconnu
La journée s’annonce encore une fois pleine de promesses. Après un petit déjeuner improvisé face à la San Juan River, nous n’avons que quelques miles à faire pour arriver à Goosenecks State Park.

GOOSENECKS STATE PARK


Un spectacle grandiose s’offre à nous. Le lieu est insolite. On ne surplombe pas moins de trois méandres de la San Juan River. Au loin, au-dessus de la mesa on aperçoit Monument Valley. Le soleil nous chauffe le dos. L’espace est paisible. On entend le cacardement des oies au loin.

MOKI DUGWAY
Nous reprenons la route pour atteindre Muley Point et empruntons la piste panoramique en terre, Moki Dugway, creusée à flanc de la Cedar Mesa. La montée à fort pourcentage de 3 miles est impressionnante, les lacets serrés. J’ai le vertige, ce qui ne me permet pas de profiter pleinement du paysage durant le trajet. Nous arrivons sur les hauteurs de la mesa. Partout où le regard se pose ce n’est qu’émerveillement.


À la sortie de Moki Dugway, sur la mesa, nous prenons une route en terre de 2,3 miles qui nous mène en ligne droite à Muley Point.


Être seule au monde en haut de la mesa à contempler la Valley of the Gods, les méandres de la San Juan River. Au loin les contours de Monument Valley me procure un moment de grâce. Invitation à la méditation. Respect devant tant de beauté. Autour le silence. Seul le son du battement d’ailes de quelques insectes près des oreilles. S’imprégner de ce moment majestueux et le garder en soi à jamais, le chérir.


On redescend lentement par la piste, Moki Dubway. Vitres ouvertes, on entend le crissement des pneus sur les gravillons.


VALLEY OF THE GODS ROAD – 17 miles – WEST ENTRANCE
Considérée comme une version miniature et plus sauvage de Monument Valley. Ses buttes et ses mésas en grès rouge m’émerveillent toujours. La piste de terre sillonne à travers ces impressionnants rochers monolithiques. Je n’ai plus les mots pour dire cette beauté-là .





FOUR CORNERS
En sortant de la Valley of the Gods, nous prenons la direction East pour rejoindre l’US-191 South durant quelques miles, avant de couper par la Red Mesa Road et prendre L’US-160 jusqu’aux 4 Corners. Seul endroit aux Etats-Unis où 4 états se rejoignent : l’Arizona, le Nouveau-Mexique, le Colorado et l’Utah. Malgré l’aspect touristique, j’avais envie de vivre ce moment.

CROCHET DANS LE COLORADO
Nous avions le choix entre 3 trajets pour atteindre Monticello (Utah). Nous prenons celui qui propose le plus de miles dans l’état du Colorado. Nous restons pour le moment sur l’US-160. À gauche la Black Mountain et de chaque côté de la route, à perte de vue, des Badlands et des mesas. Ici, sur la réserve des Utes, la terre a changé de couleur, elle est ocre, jaune




Passé la ville de Cortez, le paysage devient plus agricole. Des ranchs, des chevaux, des vaches, des terres cultivables.



les voyages ne sont jamais les mêmes, pourtant c’est toujours la même force qui me propulse vers cet inconnu
Bientôt 8h et nous quittons la chambre 216 du Best Western, direction Petrified Forest. Ciel bleu, température de 8•C, pour le moment. Elle va vite monter.
PETRIFIED FOREST NP
Petrified Forest est une vraie découverte. Lors de notre road trip sur la Route 66, nous n’avions pas eu le temps de nous y arrêter. C’est chose rectifiée ce jour ! Nous prenons la route panoramique par l’entrée Sud du NP.



Marcher sous le soleil du matin déjà chaud, prendre le temps d’admirer le paysage sous différents angles, photographier des détails qui attirent mon regard et créent une certaine harmonie, puis réaliser que ce lieu est une vraie splendeur.



Toucher ce bois qui n’en est plus, imaginer ces troncs pétrifiés depuis des millénaires me trouble. Observer leurs courbes, leurs couleurs, leurs formes, me renvoie à des temps si retirés que j’en ai le vertige.


NAVAJO RESERVATION ET FORREST GUMP POINT
Par l’US-191 North, qui partage la réserve en deux, nous rentrons dans la Navajo Reservation, la plus étendue du territoire étasunien. Cette terre aride à la couleur rouge tait depuis des décennies sa souffrance passée avec dignité.
Sur une caravane délabrée en bord de route, j’aperçois une inscription, Keep Out. Même un bien modeste se doit d’être préservé.

A Granada l’US-191 se confond avec l’US 264 jusqu’à Burnside et reprend droit vers le Nord. Sur cette terre brûlée par le soleil, recouverte de badlands, ici et là se dessinent de modestes habitations souvent des Mobil-home, habitées par des Navajos.




De chaque côté de la route, c’est une plaine immense qui butte au loin sur d’incroyables mesas. On aperçoit même la silhouette de Round Rock.



On pensait avoir manqué le panneau artisanal en planche en bois « Forrest Gump » au mile maker 13, mais en fait ce n’était pas le cas. Il n’existe plus.


En faisant abstraction du monde, nous avons profité de cette magnifique vue. La nuit tombe, il est temps de rejoindre le Motel à Mexican Hat.


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Après une nuit réparatrice à Scottsdale, nous quittons la chambre 112 du Motel 6 pour rejoindre une dernière fois notre petit groupe au Senna House afin de partager un petit-déjeuner.

La route se poursuit maintenant à deux. Il fait déjà 94•F à midi quand nous rendons la Chevrolet Tahoe chez Alamo avant de prendre une voiture plus petite chez Sixt. Petits déboires de location et enfin la troisième voiture est la bonne. Une heure de perdue ! Nous décidons de nous arrêter à un In-n-Out avant de quitter Phoenix pour Holbrook sous une température étouffante de 40•C. 3 heures de route pour une arrivée prévue à 18 heures.


Très vite la ville s’efface laissant place à un décor désertique, chaotique d’où émergent des cactus aussi droits que des cierges. Au loin, les montagnes vers lesquelles nous nous dirigeons. Le ciel est bleu et la radio joue des airs de country.


À Payson, nous quittons l’US 87 North pour rejoindre la Hwy 260. Massif montagneux, forêts de conifères et la route qui slalome autour des monts épousant leurs contours ou se frayant un chemin à travers une trouée creusée par l’homme.



Avant de redescendre vers Holbrook, nous traversons la Sitgreaves National Forest.
Le temps s’écoule tranquillement. L’esprit s’évade, le regard se noie dans le paysage. Nous glissons progressivement vers la plaine désertique laissant derrière nous la forêt de sapins. Ici, le moindre relief se repère, usine, éoliennes, pylônes à haute tension. La température remonte à 25•C.

De cette route à deux voies, on aperçoit au loin des paysages connus. Ceux des terres rouges, des mesas aux flancs abrupts et des pitons rocheux de l’Ouest américain.


Holbrook est maintenant en vue. Encore 10mn de route. Nous allons enjamber le Little Colorado, déjà traversé hier en revenant vers Flagstaff.



Holbrook, ville traversée par la Route 66, ville où nous avions déjà fait étape il y a 4 ans. Avant la tombée de la nuit, à l’heure dorée, je prends quelques photos tout en sillonnant quelques rues déjà parcourues. Il est alors temps de rejoindre notre hôtel.










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7h30, nous prenons la route, direction Est, Monument Valley. De chaque côté de l’Us-98, un paysage désertique se déploie à perte de vue. Une sensation de bien-être, de liberté s’en dégage. Nous atteignons sans nous en rendre compte 1800m d’altitude. Mon regard explore cette immense étendue, repère au loin la Navajo Mountain.

À la jonction avec la Hwy 160, une station Shell, un marketplace et un hôtel, La Quinta. C’est tout. Nous prenons à gauche et longeons une voie de chemin de fer.
Avant de tourner sur la Hway 163, nous faisons une halte à Kayenta, au supermarché. Quelques courses pour préparer un pique-nique.

La Hwy 163, route incroyable qui borde le parc de Monument Valley.

Jamais je n’aurais pensé revenir à Monument Valley. C’était l’été 2022, l’année de la route 66. Aujourd’hui, c’est avec beaucoup d’émotion que je reviens sur ce lieu habité, chargé de symbolique.





Sur ma rétine est inscrit à jamais la couleur rouge de la roche et de la terre de Monument Valley.


La route du retour. Hwy 163, puis 160 jusqu’à Tuba City où nous reprenons la Hwy 89 qui nous mène jusqu’à Flagstaff. Il a fallu quitter la terre rouge de la réserve Navajo, contourner celle du peuple Hopi pour retrouver un paysage autrement désertique, herbes jaunies, délavées et buissons.



Au loin, un massif montagneux aux sommets enneigés. À 40 minutes de Flagstaff, la Hwy passe de deux à quatre voies, puis six. Altitude, 1800 mètres, puis 2200 mètres. Ici, une partie de la forêt de sapins a brûlé.

Nous faisons une halte sucrée bien appréciée à Flagstaff.

les voyages ne sont jamais les mêmes, pourtant c’est toujours la même force qui me propulse vers cet inconnu
Avec le décalage horaire, je suis réveillée à 4h30 du matin, la tête lourde, les muscles endoloris et l’espoir d’une journée qui s’annonce chargée de merveilleux moments. Ainsi, petit-déjeuner pris notre petite troupe se dirige vers le point de rendez-vous downtown, sur la 6th Avenue. Objectif du matin, Upper Antelope Canyon. Enregistrement fait via un QR code, nous montons à bord d’un des trois véhicules 4X4 qui nous conduit jusqu’à l’entrée du canyon à travers une piste privée située sur les terres de la réserve Navajo.

Notre guide Navajo, qui plus tard me révélera son nom, Yellow Horse, nous conduit à l’entrée du Canyon.
À partir de ce moment, les mots me manquent.



Sur la terre sacrée du peuple Navajo, la terre, les éléments, le spirituel se connectent. Harmonie et douceur des formes, contraste de la lumière, ombres et silence. Nous marchons dans ce long couloir, canyon aux parois sculptées par l’eau et le vent, respectueux du site qui nous donne tant. Le sentiment de vivre un moment indéfinissable me submerge.
De retour à Page, encore imprégnés de ce que nous venons de vivre, nous reprenons la voiture pour nous rendre sur le site de Horseshoe Bend. Ici, on peut observer la force de travail de la nature. La Colorado River a œuvré depuis des millénaires à sculpter ce magnifique méandre. Au-dessus, la vue panoramique invite à la méditation. Je fait abstraction du monde autour de moi et trouve pour quelques minutes un espace protégé pour me délecter de ce spectacle si inspirant.


En fin de journée, nous avons rendez-vous pour visiter le Lower Antelope Canyon. Notre jeune guide Navajo, rattaché à Ken’s Tours, nous fait découvrir ce « slot canyon » très étroit, long de plus de 400 mètres, dans lequel nous devons descendre et monter des escaliers et des échelles relativement raides. Très différent du Lower Antelope Canyon, il n’en est pas moins magnifique. Les parois ondulées, aux teintes orange dégradées offrent une expérience unique.


