crnt US|santa barbara – los angeles

[les carnets de route ailleurs là-bas]

éphémérides : lever du soleil 06:07, coucher 20:03, lune gibbeuse décroissante /// prévision météo Santa Barbara : matin 18°C, après-midi 21 ress. 26, soir 18, nuit 17

TRAJET 09/08 /// Santa Barbara-Los Angeles, Hermosa Beach

Une fin de matinée à sillonner les rues de Santa Barbara, à pied, en voiture, à la recherche de librairies d’occasion. Pendant ce temps, la couche nuageuse se dissipe. Sur State Street, les piétons vaquent à leurs occupations quotidiennes. Je rentre dans une première librairie, en face de la bibliothèque municipale, livres neufs et d’occasion se côtoient. Je flâne, m’imprègne de son ambiance, c’est calme, peu de monde, la voix du libraire est douce. Je ressors avec deux petits livres, un de Patty Smith que je n’avais pas encore en version originale et le dernier texte écrit par Sam Shepard. La deuxième librairie, Mesa Bookstore, se situe sur Cliff Dr. Un cagibi de 6 m2 environ, des livres partout empilés sur des étagères, une chaise, le sol. Le libraire, assis au fond derrière un étroit bureau encombré de plusieurs piles de livres, discute avec un client. Il me demande si j’ai besoin d’aide et avec une pointe d’humour me conseille de ne pas me perdre dans toute cette immensité. Beaucoup de livres policiers en fait, assez chers pour de l’occasion. Je comprends que le client, coincé entre le libraire et la porte de sortie, est natif de Boston où il vivait plus jeune, mais le climat est plus plaisant ici. L’espace de quelques secondes, mon esprit s’échappe en Nouvelle Angleterre, j’aime bien Boston, remonter en voiture vers le Maine en automne, au moment où la forêt s’embrase de couleurs magnifiques. Ils échangent sur des émissions TV qu’ils qualifient de mauvaise qualité, je ne les connais pas. Le tour étant rapide, je remercie, ressors, tourne le coin de la rue et rejoins le parking derrière le bâtiment où la voiture est garée. Je m’aperçois que je n’ai même pas pris de photos ni du dedans ni du dehors de la librairie. On quitte le quartier de West Mesa en traversant Alta Mesa, le GPS propose la route 1 pour rejoindre le downtown. En haut de State St, on achète une glace. Il est maintenant l’heure de descendre sur LA.

Après la circulation intense de la 101, on prend la 23, elle sillonne à traverser la montagne pour rejoindre la PCH au niveau de Malibu, avant Point Dume. À Santa Monica, la circulation devient plus dense, c’est la fin de l’après-midi et au fur et à mesure de l’augmentation des points de ralentissement, l’heure d’arrivée à l’hôtel augmente. On passe à côté de Venice Beach, Marina del Rey, très encombré. En bout de piste de l’aéroport international de LAX, les avions décollent dans un rythme régulier, entament la plupart du temps un virage au-dessus de l’océan et poursuive la montée jusqu’à atteindre l’altitude de croisière. Après Manhattan Beach, on est presque arrivé.

Trajet : Santa Barbara – Ventura – Thousand Oaks – Western Malibu – Malibu – Pacific Palisade – Santa Monica – Venice – Marina del Rey – Manhattan Beach – Hermosa Beach

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[les carnets de route ailleurs là-bas]

éphémérides : lever du soleil 06:09, coucher 19:56, lune dernier quartier /// prévision météo Lindsay : matin 26°C, après-midi 37 ress. 35, soir 32, nuit 23

TRAJET 08/08 /// Lindsay-Santa Barbara

Une chaleur sèche, brûlante, me saisit dès que j’ouvre la porte de la chambre du motel. Quand on quitte Lindsay en fin de matinée, il fait déjà 96°F. Impossible ne pas faire fonctionner la climatisation dans la voiture. De chaque côté de la Hwy 65, des champs de mandariniers à perte de vue. Sur un panneau publicitaire, une entreprise locale signale qu’elle travaille pour les jus de fruits Sunkist. À mi-chemin de Bekersfield, on passe sur une route à deux voies, à droite c’est vert, les champs de fruitiers, à gauche, c’est jaune, les herbes sauvages, la terre aride. Devant nous trois camions, ils mènent la file de voitures à 55 mph. Du temps devant moi. Observer le paysage, prendre quelques notes, des photos. Sur la gauche, un homme, 4×4 arrêté dans l’allée de son ranch, cadenasse les portes en fer surmontées du nom de la propriété avant de poursuivre sa route. Au loin des champs de derricks, ça pompe, ça pompe. On approche de Bekersfield.

Lindsay
Berkersfield – Nord

Bekersfield. Une ville plate, aux larges avenues, étendue sur un sol aux ressources pétrolifères. Sortir de la voiture, 101°F. Photographier le magnifique Fox Theater ouvert en 1930 au 2091 H St nécessite quelques efforts de résistance à la chaleur. Je me traîne le long de la rue à la recherche d’un filet d’air, recherche l’ombre d’un bâtiment pour prendre des photos. Je ne regarde même pas le résultat sur le petit écran, mettre mes lunettes de vue me demande trop d’efforts. On avisera plus tard, au frais. Dans le quartier, personne dans les rues excepté cet homme assis à l’abri du soleil, attablé devant un minuscule fast-food de l’autre côté du Fox Theater, il mange avec méthode et application un burger cuisiné par ses soins. On rentre dans un vieux magasin de guitares par curiosité et pour profiter de la climatisation qui s’avère être plutôt un ventilateur qui ne fait que brasser de l’air chaud. On fait le tour. Au mur, deux vieilles guitares attirent notre attention, le vendeur, aussi antique que sa boutique nous précise que ces guitares ont été fabriquées par un musicien dont j’ai oublié le nom, une célébrité locale, mort il n’y a pas si longtemps. Sa photo est encadrée un peu plus loin sur un mur.

Bakersfield – Fox Theater

Reprendre la route vers Santa Barbara, retrouver le Pacifique, un peu de fraîcheur le soir venu. Los Angeles, ce sera pour demain. Fin de la 99. Elle rejoint l’Interstate 5 au sud de Bekersfield juste avant de grimper dans le relief vallonné, puis montagneux. Cette artère de 2 fois 4 voies, on la quitte à Castaic Junction, au nord de Santa Clarita, pour prendre la 126 West. Le temps jusque-là magnifique devient brumeux sur les crêtes à l’horizon. Ventura et droit devant, le Pacifique.

Trajet : Lindsay – Porterville – Bekersfield – Caustic Junction – Ventura – Santa Barbara

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[les carnets de route ailleurs là-bas]

éphémérides : lever du soleil 06:07, coucher 20:03, lune gibbeuse décroissante /// prévision météo Mariposa : matin 16°C, après-midi 25 ress. 23, soir 17, nuit 9

TRAJET 07/08 /// Mariposa-Lindsay

On quitte les hauteurs de Mariposa, paysage vallonné, grandes étendues de prairies, quelques arbres, les herbes hautes jaunies par le soleil, la chaleur. Descendre vers Fresno par la 140. Enfilades de boîtes aux lettres sur le bord de la route, au loin des ranchs, des troupeaux de vaches, des chevaux, peu. Pas d’arrêt sur la route, on trace. Je prends des photos à la va vite avec mon portable de la voiture. La route défile. On rejoint la Hwy 99, tracé rectiligne. J’en profite pour trier les photos déjà prises et commencer à écrire sur le WordPress. A Fresno, direction East sur la 180, vers les montagnes, jusqu’à l’entrée de Sequoia Park. À la radio, Kenny Rogers chante Coward Of The Country. Ambiance western. En plein milieu d’un champ, au milieu de rien, planté dans la terre sèche, un drapeau américain flotte dans le vent.

Le Grand au coin de Jefferson St et Santa Fe Ave
Le Grand – Jefferson St
Le Grand – Jefferson St
Squaw Valley

La 180 grimpe dans la montagne. 2000 feet , 3000 feet au niveau du panneau indicateur de l’altitude Sur le bord de la route, une station-service, des motels de petite capacité, à peine une dizaine de chambres. La route serpente sur le flanc de la montagne et surplombe la vallée. 5000 feet , 74°F. A 150 mètres de l’entrée du parc, une file de voitures attend pour valider le pass de la journée. Passé le virage, j’aperçois la guérite du ranger, peu d’attente.

On rentre dans le Park par le Big Strump à l’Ouest et, avant de descendre la Generals Highway, on effleure la Kings Canyon Scenic Byway qu’on n’aura pas le temps de suivre jusqu’au bout, pour aller voir le General Grant Tree. On évitera le parking à proximité, on préférera la marche depuis le visiter Center. A la radio, The Rose de Bette Midller. Sequoia Park est riche d’arbres gigantesques. On sera ébloui par le General Sherman Tree, deux fois millénaire. Un monstre de beauté qui s’élance dans le ciel à plus de 80 mètres. Autour, ce ne sont que des spécimens aussi immenses les uns que les autres. Minuscule auprès d’eux, je pose mes mains sur un tronc. Fermer les yeux et l’odeur chaude de l’essence des arbres et de la résine me chatouille le nez. Ressentir la vie intérieure, impossible, imaginer le vécu de ces arbres, impossible, écouter les branches craquer, si peu, mais le remercier d’être là, présent au monde pour nous offrir ce temps de recueillement ou même sa naissance nous semble inimaginable dans un temps si lointain. Profiter aujourd’hui de cette richesse que la nature nous offre et la chérir, la préserver le plus possible des menaces quotidiennes. La route sillonne parfois au travers d’un paysage où domine désolation, des cimetières d’arbres rongés et carbonisés par les flammes des feux qui sévissent régulièrement dans toute la Californie. Il s’agit là de protéger une forme de mémoire du monde dont nous n’avons pas toujours conscience. Alors, les mains toujours posées sur le tronc de ce géant des forêts de séquoias, je remercie avec simplicité.

General Grant Tree
General Grant Tree
Impossible de rendre compte de la grandeur de ces géants en photo. Ici General Sherman Tree
General Sherman Tree
General Sherman Tree

Nous avons passé plus de temps que prévu pour traverser ce parc, il en valait la peine. La descente de la Generals Hwy après Moro Rock et Crescent Meadow par la 198 est longue. On est rentré dans la chambre du Motel 8 à Lindsay la nuit déjà bien installée à 21 heures, épuisés mais des paillettes plein les yeux.

Moro Rock
La surprise de fin de journée…

Trajet : Mariposa – Fresno – Big Stump Entrance – Sequoia Park Generals Hwy – Three River – Lake Kaweah – Exeter – Lindsay

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[les carnets de route ailleurs là-bas]

éphémérides : lever du soleil 06:07, coucher 20:03, lune gibbeuse décroissante /// prévision météo Yosemite Valley : matin 16°C, après-midi 25 ress. 23, soir 17, nuit 9

TRAJET 06/08 /// Coleville-Mariposa

Le soleil se lève derrière la chaîne montagneuse en face du motel où nous avons passé la nuit. Un motel perdu au milieu de nulle part, mais sans contexte le plus plaisant jusqu’à maintenant. On ferme la porte, on dépose la clé à la réception. Aujourd’hui, on se prépare à traverser la Sierra Nevada à hauteur de Yosemite Park.

Motel à Coleville

La route se déplie au fond d’une étroite vallée entre une rivière bouillonnante et les flancs de la montagne parsemés de chaque côté de sapins. Impossible de trouver une radio potable depuis trois, quatre jours. Toujours les mêmes morceaux des années 80 en boucle, Kenny Loggins, Christopher Cross, Jackson Brown, Léo Sayer, Billy Océan, Chicago et d’autres encore. Plaisant, mais pas en boucle toute la journée ! L’altimètre annonce déjà 2100 m. On traverse une jolie vallée de prairie verte avant de rejoindre une plus large qui nous mène à Bridgeport par la 395. A l’entrée de la ville, on s’arrête à une station-service pour acheter quelques boissons fraîches, dehors une odeur d’élevages de bovins nous saisit. Les ranchs font parties du paysage de la vallée et sont aux portes de la ville. Sur la droite au loin, on devine Eagle Peak et Twin Peaks. La ville se définit essentiellement par Main Street qui la traverse en faisant un coude à la sortie. On gare la voiture pour prendre des photos, se dégourdir les jambes avant de poursuivre vers Mono Lake. Vue plongeante sur ce lac salé. Il fait 73°F. À Lee Vining, laisser la 395, tourner à droite sur la 120 qui à partir de cet endroit prend pour nom la Tioga Road, cette année, ouvert depuis le 22 juillet.

À l’entrée de Yosemite Park, un ralentissement. C’est dimanche, c’est l’été. Les voitures les unes derrière les autres. On s’arrête pour quelques minutes. Grâce à notre pass acheté sur le net, un ranger nous invite, ainsi que d’autres voitures dans la même situation que nous, à poursuivre sans attendre. La circulation sera plus facile sur le parcours. La route est magnifique. A peine tortueuse, elle glisse dans le paysage à haute altitude sans qu’on s’en aperçoive. La température est douce, le soleil au rendez-vous.

S’arrêter, écouter, contempler les beautés de la nature. Sa générosité, sa perfection. Même meurtrie, elle se relève, se reconstruit jour après jour pour encore nous combler. Gratitude. Le parc de Yosemite n’a pas échappé aux incendies ces dernières années. Vers la fin du parcours, c’est un paysage plus désœuvré, touchant que nous livre la route.

13:45, on quitte la 120 pour la Big Oat Flat Rd puis on glisse dans la Yosemite Valley, encaissée. Le temps de voir El Capitan, le Half Dôme et des chutes d’eau spectaculaires, on termine la boucle pour sortir du parc et rejoindre notre ville étape, Mariposa, sur la 140. Pour la première fois le thermomètre a atteint 100°F. L’air sec, chaud, assèche les lèvres.

Trajet : Coleville – Bridgeport – Lee Vining – Tioga Rd – Yosemite Valley – Incline – Mariposa

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[les carnets de route ailleurs là-bas]

éphémérides : lever du soleil 06:12, coucher 20:14, lune gibbeuse décroissante /// prévision météo Sacramento : matin 18°C, après-midi 36 ress. 38, soir 32, nuit 21

TRAJET 05/08 /// Sacramento-Coleville

On quitte la meilleure chambre d’hôtel qu’on ait eu depuis le début du séjour. Plein soleil sur Sacramento ce matin et déjà la chaleur se fait sentir, 85°F. Avant de prendre la route vers le lac Tahoe, on fait le plein d’essence dans une station Chevron. Sur le parking, un motard, lunettes de soleil sur le nez, se repose à l’ombre allongé à côté de sa moto. C’est le week-end et le trafic est dense sur ce tronçon de l’Interstate 80. Elle me fait rêver cette Interstate 80 puisqu’elle relie San Francisco à New York en passant par Salt Lake City et Chicago et traverse ainsi 11 états. Après la Route 66 de l’an passé, elle pourrait devenir un autre projet de road trip, pourrait…

Pour atteindre la première étape de la journée, Kings Beach (1900 m d’alt.), on traverse la Tahoe National Forest. La 80 grimpe au milieu des conifères, le ciel est bleu, la température baisse un peu. A Truckee, on bifurque sur la 267 pour traverser une grande vallée bordée de reliefs boisés. Derrière la dernière barrière montagneuse, le lac Tahoe. Au bout de la 267, on bute sur le lac et la circulation dense qui caractérise Kings Beach à cette période.

Traverser la Tahoe National Forest
Kings Beach

On tourne à gauche sur la 28 qui nous conduit sur la côte Est du lac, la plus sauvage, la plus prisée, celle qui se déroule dans l’état du Nevada jusqu’à South Lake Tahoe. La route côtière prend de la hauteur, borde le lac et ses eaux turquoise. Difficile d’accéder à une plage, elles sont toutes privées. On se contente des points de vue ou de marcher sur la Tahoe East Shore Trail. Au loin, de l’autre côté du lac, les sommets de la chaîne montagneuse sont encore enneigés.

East Lake Tahoe
East Lake Tahoe
East Lake Tahoe

Arrivés à South Lake Tahoe, on fait une halte avant de prendre la direction de Coleville, une bourgade de quelques 500 âmes, à 1500 m d’altitude, dans une vallée d’élevage face au mont Patterson. La chambre 208 du motel nous attend.

South Lake Tahoe
Izzy’s Burger – South Lake Tahoe
Sur la 395 South
Sur la route
Vue de la chambre du motel – Coleville

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[les carnets de route ailleurs là-bas]

éphémérides : lever du soleil 06:11, coucher 20:15, lune gobeuse décroissante /// prévision météo Sacramento : matin 16°C, après-midi 33 ress. 35, soir 29, nuit 18

TRAJET 04/08 /// Sacramento

Une ville étape, de repos et de découvertes.

Tower Bridge

Old Sacramento au bord de la rivière Sacramento, on fait la connaissance de Greg à l’office du tourisme. Il est fier de nous dire quelques mots en français et lorsqu’un groupe de québécois rentre dans le local, on échange quelques mots. Ils disent qu’on a un accent charmant quand on parle français, je pensais que c’était l’inverse ! Greg nous conseille d’aller voir le saloon le bloc suivant, les margaritas y sont remarquables nous précise-t-il. Il est 13h, nous n’avons encore rien mangé et on attaque avec une sublime margarita accompagnée de tortilla chips et de fresh guacamole. Il va falloir assurer après…

Ils sont deux musiciens a jouer sous le porche de la promenade de la rue principale dans Old Town Sacramento. On s’assoit sur un banc, on les écoute quelques minutes et on poursuit notre chemin.

Old Sacramento
Old Sacramento
Old Sacramento
California State Capitol

Il fait très chaud, plus de 30°C. La marche ce sera pour un autre jour. On reprend la voiture pour remonter Capitol Mall. On visite le Capitole de l’état californien, puis nous nous rendons au Sutter’s Fort State Historic Park, le fort restauré le plus vieux du pays. Nous n’aurons pas le temps de voir le State Indian Museum.

California State Capitol
California State Capitol

Le soir, à l’hôtel, je reporte dans un cahier les dépenses de la journée, puis vient le temps de trier les photos, prendre des notes, lire celles accumulées dans la journée sur l’application Note du téléphone ou le carnet qui ne me quitte jamais, choisir et poster la photo du jour sur IG (parfois il y en a plusieurs), nourrir la page quotidienne du blog en textes/photos. J’apprends à écrire directement dans l’application WordPress du téléphone. C’est un vrai challenge. J’espère le tenir jusqu’au bout. Cette matière accumulée au fil des jours me permettra de poursuivre un travail d’écriture dans les mois à venir, du moins je l’espère.

Lady Bird – The Blue House
Lady Bird – The American Market and Deli – face A
Lady Bird – The American Market and Deli – face B

En 2017 est sorti aux USA Lady Bird de Greta Gerwig. Un premier film remarquable vu en 2018 à l’Utopia de Bordeaux. Aujourd’hui, comme l’an passé à Albuquerque (NM) pour la série TV Breaking Bad et Better Call Saul, on est allé sur les lieux de tournage du film, la maison bleue située au 1224, 44th St, et The American Market and Deli où Lady Bird achète ses cigarettes, ses tickets de loterie et un magazine Playgirl pour célébrer ses 18 ans. On est rentré dans ce Deli, on a aussi acheté un ticket de loterie pour gagner les 999 millions de $ mis en jeu ce vendredi 4 août. Une utopie ! Les résultats sont tombés ce soir, on a perdu…

Midtown
Midtown
Midtown
Sacramento « the city of trees »

Les Fabulous Forties est le quartier huppé de Sacramento. Ses rues sont larges est arborées. On y circule paisiblement tout en regardant des demeures toutes plus magnifiques les unes que les autres. On se prend à rêver, on imagine qu’on rentre dans une de ces résidences comme si c’était la nôtre et on en rigole tellement cette vie est loin de nous.

Easy Sacramento – Quartier des Fab 40’s
East Sacramento – Quartier des Fab 40’s
East Sacramento – Quartier des Fab 40’s

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[les carnets de route ailleurs là-bas]

éphémérides : lever du soleil 06:16, coucher 20:32, lune gibbeuse décroissante /// prévision météo Eurêka : matin 13C, après-midi 17 ress. 20, soir 15, nuit 14

TRAJET 03/08 /// Eurêka-Sacramento

Quitter Eurêka en fin de matinée, le soleil perce la brume, timide. A travers la vitre de la voiture, regarder l’océan et se demander si Le Terron est rentré de la pêche, si les deux marins ont débarqué le poisson pour aller le vendre avant le déjeuner. Se dire que la chambre d’hôtel était la plus propre qu’on ait eu jusqu’à présent et que c’était agréable, excepté le bruit des voitures sur les deux boulevards parallèles au motel. C’est une journée de route qui nous attend. On dit au revoir à la côte Ouest du Nord de la Californie. Alors, suivre le GPS et prendre la Redwood Hwy jusqu’à Alton, puis direction Est sur la Hwy 36 pour rejoindre Red Bluff et l’Interstate 5 Sud jusqu’à Sacramento.

La Hwy 36 Est

Sur un panneau indicateur à Carlotta, on peut lire Monroe lane. Je repense à Maryline et du détour l’an passé pour aller voir sa tombe au Westwood Village Memorial Park Cemetery à Los Angeles. En nous promenant dans cet endroit insolite au milieu des immeubles, on pouvait aussi lire d’autres noms célèbres sur les plaques. La brume est maintenant derrière nous. Le soleil transperce la forêt, le vert des arbres s’illumine. À la radio passe Thriller de Michaël Jackson. La route s’entortille dans le paysage, on longe des rivières, on monte en altitude, on redescend dans des vallées encaissées, on passe d’un flanc de montagne à un autre. Parfois, on croise des camions chargés d’une demi-douzaine de troncs d’arbre. Sur le bord de la route des rangées de boîtes aux lettres. En contrebas de la route, quelques maisons, des ranches aussi. Des panneaux indicateurs de distance annonce tous les 10 miles les kilomètres restant jusqu’à Red Bluff. Il en reste encore beaucoup. Bercée par les virages, je m’assoupis. Après Forest Glenn, la forêt a été dévastée par le feu sur des milliers d’hectares.

La Rettlesnake Creek serpente le long de la Hwy 36
En descendant vers l’Interstate 5
Forest Glen sur la Hwy 36 – trace des incendies

A Platina, un panneau indique une route qui mène à Redding. Red Bluff se trouve maintenant à 52 miles. On quitte la forêt pour un paysage plus sec, arboré de buissons, il fait 84°F.

A Red Bluff on récupère l’Interstate 5
Sur la route de Sacramento – Interstate 5

L’Interstate 5 file du Nord au Sud dans la vallée de Sacramento, entre deux chaînes montagneuses. C’est tout droit au milieu des cultures d’arbres fruitiers, d’oliviers et de céréales. On arrive en fin d’après-midi à Sacramento. Quelques ralentissements aux abords de la ville, l’hôtel n’est plus très loin.

La Sacramento River et au loin la ville

Trajet : Eurêka – Alton – Red Bluff – Sacramento

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[les carnets de route ailleurs là-bas]

éphémérides : lever du soleil 06:13,, coucher 20:31, pleine lune décroissante /// prévision météo Eurêka : matin 14°C, après-midi 18 ress. 20, soir 15, nuit 14

TRAJET 02/08 /// Eurêka-Redwood-Eurêka

Ce matin, on prend un breakfast dans le plus gloque des Starbucks jamais fréquenté. Dehors à l’entrée, la misère exposée, une poignée de SDF, regard éteint, silencieux dans leur quotidien affligeant. Dedans, pas mieux, un groupe de jeunes dépenaillés et bruyants attendent leur commande. À côté de nous, un homme ouvre un livre, je reconnais les versés de la Bible. Notre carte Maps.Me n’est pas à jour, on retourne au Starbucks. La carte est réticente à se charger, on fera avec une capture d’écran si le réseau T-Mobile est inaccessible sur la Redwood Hwy en montant vers le Park. La brume a une nouvelle fois élu domicile en bordure d’océan et s’accroche aux reliefs. Sur ce tronçon de la 101, la route est bordée de sapins qui deviendront bientôt d’immenses séquoias.

Redwood Park. On a prévu un circuit de visite pour la journée. Une forêt magnifique. Premier circuit : Newton B. Drury Scenic Pkwy. Deuxième circuit, plus au nord dans le Jedediah Smith, la Holland Hill Road, une route en terre battue qui serpente à travers les arbres. Puis 2 petites marches à Stout Grove et Simpson-Red Grove sur la 199.

Sur la route du retour en direction d’Eurêka, à Crescent City, on rencontre un couple de retraités qui voyage en camping-car avec leur chien depuis la Caroline du Nord. Ils ont loué le véhicule pour 7 semaines et il leur reste 15 jours pour rentrer par la route du sud. C’était son rêve à lui, après l’armée qui lui a permis de beaucoup voyager à l’étranger, il souhaitait découvrir son propre pays. Il nous explique qu’il a attendu que sa femme soit à la retraite et début juillet, ils ont pris la route. Ils nous font visiter l’intérieur du véhicule et nous propose une boisson que nous déclinons pour ne pas abuser de leur gentillesse. À la suite de cette escapade, le couple nous précise qu’ils n’achèteront pas de camping-car pour repartir, une expérience leur suffit, trop de contraintes d’utilisation, comme la vidange des eaux usées et le remplissage de la réserve d’eau potable.

Ce soir, dans le port de pêche d’Eurêka il faisait bon, la brume s’était retirée au loin sur l’eau et le soleil brillait. Le Terron, petit bateau de pêche s’apprêtait à appareiller. Sur le ponton, j’ai croisé l’un des deux marins, nous avons échangé des banalités. Je ne saurai jamais si leur territoire de pêche était loin, mais j’imagine qu’avec un petit bateau ils ne s’éloignent pas trop de la côte, je ne saurai jamais combien d’heures ou de jours ils restaient en mer, mais j’imagine peu de temps, je ne saurai jamais quel type de poisson il remontent, je ne l’ai pas demandé. Ils sont partis à deux en début de soirée avant la marée basse et en faisant la marche arrière, comme on les observait partir, ils nous ont fait un signe d’au revoir auquel nous avons volontiers répondu.

Route : Eurêka – Redwood Park – Eurêka

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[les carnets de route ailleurs là-bas]

éphémérides : lever du soleil 06:11, coucher 20:21, lune gibbeuse croissante /// prévision météo Gualala : matin 13°C, après-midi 19 ress. 21, soir 15, nuit 13

TRAJET 01/08 /// Gualala-Eurêka

A Flumeville, on bifurque sur la gauche direction Point Arena Lighthouse. Le phare est dans la brume comme une bonne partie de la côte. Entrée : 5$ par personne, on décide de rester sur le parking extérieur. C’est à cet endroit qu’on fait la connaissance de Jean, like jean we wear, précise-t-elle. Elle a 76 ans et voyage depuis le Colorado avec son chien dans un combi T2 VW jaune de 1973 qu’elle a acheté à un Allemand. Jean nous montre son véhicule et précise que l’intérieur et la sellerie sont d’origine. On discute un moment ensemble, elle nous demande d’où on vient, ce qui lui remémore sa venue en France dans les années 80, Paris, Chamonix. Elle explique qu’elle devait rejoindre un groupe de voyageurs en van comme elle au Canada pour descendre le long de la côte Pacifique jusqu’au Mexique durant 12 jours, mais qu’une avarie sur la route ne lui a pas permis d’arriver à temps au rendez-vous. Après 7 jours de mobilisation du van dans un garage, elle a décidé de faire le voyage par elle-même. Avant de se dire au revoir, on se prend mutuellement en photo devant son van.

Le T2 VW de Jean
Jean et son chien
Point Arena Llighthouse

Mendocino. On décide de faire une halte, marcher un peu dans les rues, sentir l’âme de cet emplacement, prendre quelques photos des maisons, écouter les promeneurs, déjeuner au GoodLife Cafe & Bakery et commander une soupe du jour, tomatoes ou butternut, un régal. On est arrivé peu de temps avant la fermeture. À la table à côté de nous, deux femmes bavardaient très fort, terminaient leur soupe, on pouvait suivre leur conversation quelque peu futile, des choses et autre de la vie, des virées à San Francisco, des hommes croisés à certains moments de leur vie, les voisins trop présents. Aujourd’hui , elles ont certainement fait la fermeture de l’établissement.

La route. Parfois seulement la regarder. Elle change, évolue au fil du chemin parcouru. Elle offre des spectacles inattendus. Elle nous comble. Elle nous parle aussi. On longe le Pacifique depuis la route 1, elle nous a conduits de Los Angeles à Leggett en passant par San Francisco. Aujourd’hui, on la quitte, le panneau the end est apparu au croisement de la 101, alors on a pris à gauche. On monte encore un peu vers le Nord.

Côté Pacifique, la brume
De l’autre côté de la chaîne montagneuse, le soleil et la chaleur (25 degrés F de différence !)
Et voilà un objectif atteint, fin de la route 1.

Sur un parking, on croise des motards québécois. Je vois ma première moto de la marque française Indian. Elle est belle, rutilante. Ils venaient de San Francisco et parlaient d’y retourner. Ici, il fait trop froid.

Route : Gualala – Anchor Bay – Flumeville – Mendocino – Fort Bragg – Leggett – Eurêka

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[les carnets de route ailleurs là-bas]

éphémérides : lever du soleil 06:11, coucher 20:21, lune gibbeuse croissante /// prévision météo Napa : matin 15°C, après-midi 29 ress. 31, soir 19, nuit 14

TRAJET 31/07 /// Napa-Gualala

On quitte le pire motel du séjour par sa saleté, son eau chaude aléatoire et son odeur permanente de curry imprégnée même dans les murs. Ici, le rapport qualité/prix explose. Le gérant, un indien, est sorry, ne peut rien faire. La fine brume matinale se déchire, le soleil inonde le ciel. Quelques miles parcourus et c’est la fin de la Napa Valley. Encore quelques propriétés viticoles au sud de la Sonoma Valley et on file Ouest vers Pont Reyes.

Phare de Pont Reyes

Quand on arrive aux abords du phare, il est dans la brume, le vent souffle fort. Il faudra descendre 313 marches pour en faire le tour et 313 pour remonter au parking, logique. Puis il y a cette femme qui en me croisant prend le temps de faire une halte et de m’expliquer comment aborder les marches pour faire travailler un maximum de muscles. Étonnant ! On reprend la route dans l’autre sens pour récupérer la route 1, l’esprit essoré par les rafales de vent. Plusieurs corps de ferme bordent la route. Parfois, la nouvelle habitation côtoie l’ancienne, encore debout malgré l’état de délabrement avancé. Dans un coin derrière une grange, un vieux break Ford rouillé, des tracteurs hors d’usage. Le temps de faire un stop à Pont Reyes, je rentre dans une librairie. Des œuvres d’Annie Ernaux sont mises en avant à côté des deux prix Pulitzer de fiction de cette année. Dehors, un homme cheveux longs peu entretenus, barbe hirsute et pieds nus, chante, danse en remontant la rue principale croisant le regard désemparé des promeneurs.

Bodega pas loin, on a fait un crochet pour revoir un des lieux de tournage des Oiseaux d’Hitchcock, l’école, l’église.

Faire la route, c’est aussi s’accorder un temps à part ouvert au silence, à la réflexion, à l’évasion vers un autre ailleurs. C’est un temps hors du temps. On roule du matin jusqu’au soir sans connaître la destination du lendemain. L’esprit reste ouvert, attentionné, à l’écoute. Le paysage défile, on s’arrête parfois, on profite de ce que la nature nous offre, des villes qu’on traverse.

Il m’est nécessaire, voire vital de garder trace de ces moments uniques. Écrire, prendre des photos, remplir un carnet de notes est fastidieux quand on est dans le rythme du voyage, mais ça en vaut la peine, car le voyage se construit aussi avec ces petits détails notés rapidement sur un bout de papier, ou figé dans le cadre d’un viseur d’appareil photo. Si on ne prend pas le temps de les capter, la saveur du voyage en est dépourvue et seul le banal reste, ce qui peut être vu, lu partout sur les réseaux, les films publicitaires. Revenir chez soi avec dans sa mémoire la trace des moments uniques qui ont fabriqué le voyage est précieux. Les retrouver et les compléter par l’écriture permet de poursuivre ce temps si apprécié, si essentiel.

Route : Napa – Petaluna – Pont Reyes – Bodega Bay – Jenner – Gualala

crnt US|santa rosa-napa

[les carnets de route ailleurs là-bas]

éphémérides : lever du soleil 06:08, coucher 20:26, premier quartier /// prévision météo Santa Rosa : matin 15°C, après-midi 18 ress. 21, soir 17, nuit 14

TRAJET 30/07 /// Santa Rosa – Napa

Il fait beau, on s’arrête au Carlos’ Country Kitchen sur College Ave pour prendre un breakfast. Une dizaine de tables, rideaux à carreaux rouges et blancs accrochés aux fenêtres, deux serveuses, deux cuisiniers et le patron, sweat foncé difforme et bonnet à pompon sur la tête, il rouspète, les clients attendent trop. En sortant, sur le parking, une belle Cadillac verte attire notre regard. On fait le tour, on prend des photos, on échange avec la propriétaire, la voiture date de 1951 et appartenait à Ira Boyd Humphreys décédé en 1976 à Denver, Colorado.

Carlos’Country Kitchen
Cadillac 1951

On s’est arrêté pour faire le plein d’essence au West College Gas & Mart juste à côté du diner. La femme garée devant l’autre pompe remontait dans son 4×4. À côté d’elle, assis sur le siège du passager, un caniche royal blanc. De dos, il ressemblait à une femme avec des bigoudis sur la tête.

On roule sur la HWY 101 vers la Francis Ford Coppola Winery. Ce sera l’occasion d’approcher les statuettes mythiques des Oscars présentées dans une vitrine à l’étage du bâtiment principal. Un retour de quelques décennies en arrière. Strass et paillettes d’hier et d’aujourd’hui. On fera l’impasse sur la dégustation des vins. C’est dimanche, des couples dégustent sur les différentes terrasses les vins proposés par les sommeliers, certains déjeunent entre amis ou en famille.

Geyserville – Sonoma Valley
Oscars 1973
Scénario de Godfather

Plus tard, on changera de vallée pour descendre jusqu’à Napa. Paysage de propriétés viticoles bordées d’oliviers, ciel bleu, une vallée qui porte encore les marques des incendies de 2020.

Sur la 128 puis 29, on aura l’occasion de s’arrêter dans divers vignobles aux architectures très variées. Pas de visite organisée, mais des dégustations de vins avec réservation. On prendra le temps de marcher sur les propriétés, de découvrir les intérieurs et quelques œuvres d’art intéressantes pour les histoires et symboles qu’elles transmettent.

The Frienship Bench de Gilliéron et Marc – Clos Pégase

L’œil s’attarde sur des courbures de bronze ou de marbre. Ici, Rabbitwoman et Dogman représentent la célébration de la différence et de l’amitié.

Sanna 2013 par Jaume Plenta – Hall St-Helena

Sanna, quel plaisir de la contempler en marbre cette fois. Elle est aussi présente à Bordeaux, place de la Comédie. Majestueuse et discrète à la fois malgré sa grande grande taille, depuis septembre 2014.

Bunny Foo Foo de Laurence Argent – Hall St-Helena

L’artiste a été inspirée par la chanson Little Rabbit Foo Foo que chantaient les enfants de la propriétaire dans les vignes lorsqu’ils étaient jeunes.

Au coin de la rue, une Rolls Royce. Elle tourne à droite, nous aussi. On la suit pendant deux, trois kilomètres. A son bord, on devine un homme et une femme. Ils rentrent dans une propriété parcourue par la Napa River. On devine au bout de l’allée une immense résidence, de grands jardins aménagés.

Route : Santa Rosa – Geyserville – Calistoga – St. Helena – Rutherford – Napa

crnt US|strawberry-santa rosa

[les carnets de route ailleurs là-bas]

éphémérides : lever du soleil 06:08, coucher 20:26, premier quartier /// prévision météo Santa Rosa : matin 15°C, après-midi 18 ress. 21, soir 17, nuit 14

TRAJET 29/07 /// Strawberry – Santa Rosa

Les critiques n’étaient pas vraiment bonnes, mais nous n’avons pas vraiment eu le choix, nous avons réservé ce motel au bord de la 101. Le vendredi et le samedi les tarifs explosent même dans des endroits peu fréquentés. À la TV, on avait accès aux programmes d’HBO, petite compensation il semblerait. Malheureusement, HBO ne change rien à la qualité navrante des chaînes US qui enchaînent pub sur pub et invitent au zapping compulsif.

Un arrêt rapide au Starbucks pour prendre un café et repérer ces deux-là qui s’étaient donnés rendez-vous dans le café pour faire plus ample connaissance. Lui, 35 ans environ, bermuda et casquette vissée sur la tête, n’arrête pas de parler. Elle, à peu près le même âge, a replié ses jambes sur le fauteuil comme pour se mettre à l’aise et manifeste son assentiment en remuant la tête par petits coups de bas en haut. Ils ne semblent pas très détendus. Lui, entre deux informations sur sa vie, mange un sandwich chaud. Elle, elle ponctue ses paroles à lui par des oh I see.

Profiter de rouler sur la Highway pour écrire quelques mots dans un carnet ou dans l’application note du téléphone. Se souvenir des petites choses, celles qui font qu’un voyage prend une couleur et une saveur plus personnelle. On quitte la 101 pour la 37. On longe une voie de chemin de fer. À droite, il y a cette vue sur la Baie de San Pablo. On profite du paysage, on chante, on baisse les vitres de la voiture pour écouter le bruit ronflant du moteur V8 d’une Corvette. D’un coup, la température est montée à 75°F. On file au milieu des propriétés d’élevages de chevaux aux clôtures en bois peintes en blanc. Les vignes succèdent aux ranches. On tourne à gauche en direction du Jack London State Historic Park.

John a 70 ans. Originaire d’Anaheim, à Los Angeles, il est bénévole depuis 20 ans dans le parc et fait découvrir avec d’autres bénévoles le havre de paix où l’écrivain voyageur avait décidé de vivre avec sa seconde femme, Charmian, près de Glen Ellen. Les visites sont libres et quand nous rentrons dans le cottage, il est assis à l’intérieur sur une chaise, concentré sur une lecture qui semble le passionner. C’est lui qui nous fera visiter la cuisine et la salle commune attachées au cottage uniquement dédié à l’écriture et à la partie nuit. On pose des questions, il y répond volontiers et devient même bavard. Alors on échange sur tout et rien, la vie en général, la culture, Jack London. Le temps passe, il fait chaud. Il est temps de reprendre la route.

Le cottage
La pièce commune du cottage
Le cottage vue des écuries
Les bureaux de Jack London
Véranda où l’écrivain s’est éteint

Trajet : Strawberry – Glen Ellen – Sonoma – Santa Rosa