crnt us 🇺🇸 route 20 | jr 33 Bend jour 2

les voyages ne sont jamais les mêmes, pourtant c’est toujours la même force qui me propulse vers cet inconnu

Ce matin, prendre le temps de se promener dans les quartiers résidentiels, observer les maisons, les jardins, s’attarder pour prendre en photo de vieilles voitures. Il tombe quelques gouttes de pluie. On retarde un peu notre visite de la journée.

Finalement, on quitte la ville en début d’après-midi pour un petit périple lacs, montagnes, forêts. La Cascade Lakes National Scenic Byway nous offre de beaux paysages. Le temps est mitigé, cependant meilleur que ce matin. On sort rapidement de la ville et c’est tout de suite la forêt de pins. À l’horizon, le Mont Bachelor, nuages accrochés à son sommet, plaques de neige persistante.

S’enchaînent ensuite Sparks Lake, Elk Lake, Lava Lake, Cultus Lake, tous protégés par la forêt, tous très différents les uns des autres. Une rivière s’écoule entre deux lacs, trace son chemin entre les arbres.

La journée s’achève, paisible. Demain nous reprendrons la route pour atteindre notre but, la fin de l’US Route 20 côté Ouest à Newport.

crnt us 🇺🇸 route 20 | jr 32 Bend

les voyages ne sont jamais les mêmes, pourtant c’est toujours la même force qui me propulse vers cet inconnu

Journée flânerie. La ville dans tous ses états, en périphérie avec ses shopping centers, en centre-ville avec la Old Town, nature avec la rivière, ses parcs. Respirer la ville, sentir ses pulsations, ses vibrations. Il fait beau. La vie est belle. Surprendre des conversations dans l’espace café de la librairie Barnes & Noble, ce ronronnement doux à la tonalité étrangère pour nous. Se sentir libre dans un monde à part. Marcher dans les rues de la Old Town, les magasins se succèdent, rentrer dans des librairies, manger une glace, se promener le long des berges aménagées du Mirror Pont, un espace calme où coule la Deschutes River, profiter de l’ombrage du Drake Park. Reprendre la voiture pour rejoindre un autre quartier de la ville, Old Mill Distric. De l’autre côté de la Deschutes River, au Hayden Homes Amphitheater débute un concert. On s’installe quelques minutes accoudés sur la rampe du pont qui franchit la rivière pour écouter.

Et puis, il y a eu ce moment incroyable où un couple de texans, lui, originaire de la région, nous a proposé de les accompagner au concert, ils avaient deux billets en trop et étaient ravis de nous en faire profiter. Nous acceptons et nous faisons connaissance tout en nous dirigeant au concert en plein air. Une soirée incroyable d’échanges et de partage. Au programme Citizen Cope et Michael Franti & Spearhead. Une découverte.

crnt us 🇺🇸 route 20 | jr 31 Boise ~ Bend

les voyages ne sont jamais les mêmes, pourtant c’est toujours la même force qui me propulse vers cet inconnu

Quitter la chambre 212 pour aborder une journée de route et atteindre Bend en fin d’après-midi. Moins de brume ce matin sur les montagnes qui entourent Boise, la ville s’étale dans la large vallée, respire tout l’espace.

Traverser Boise pour reprendre la Route 20. Le trafic fluide permet de sortir rapidement du centre ville et d’aborder la périphérie où s’enchaînent les feux rouges et les panneaux publicitaires. Ensuite dans la vallée de la Boise River, s’enchaîne un paysage agricole, maïs, blé moissonné, oignons, pommes de terre.

Passer une dernière fois la Snake River et rentrer dans l’état de l’Oregon à Nyssa. Aucun panneau de State Line ici. On commence alors une longue traversée dans le High Desert de l’Oregon qui couvre toute la partie sud-est de l’état.

À Vale, s’arrêter pour marcher un peu, prendre des photos de la ville, croiser quelques résidents, avant de repartir sur une route qui serpente autour de la rivière, entre les différents monts à la végétation brûlée par le soleil. La radio peine à trouver des ondes, ça grésille, ça souffle, ça résiste.

Profiter de ces derniers paysages dans lesquels on imagine des colonnes de migrants avancer pour trouver leur eldorado. Plus loin, après Bend, ce sera la forêt, puis le Pacifique. Le long des différentes rivières, dont la Malheur River, des ranchs, du bétail, quelques cultures dans les vallées. On croise de vieux pickups Ford. À Juntura, on change d’heure pour la dernière fois.

Avant Buchanan, le ciel est voilé. Sur la carte Google, sont signalés des feux de forêt. Rien de probant pour le moment. Passer Burns, Riley. Encore 1h30 de route, c’est tout droit. Bien s’imprégner de ce décor désertique du « High Desert ». Celui qui laisse l’esprit s’égarer dans les contrées lointaines de notre imaginaire. J’aime ce paysage désolé qui cache en lui tous les soupirs, pleurs et cris de ceux qui l’ont traversé un jour dans des conditions extrêmes. Terre ingrate, impitoyable sur laquelle bien des espoirs de vie meilleure se sont évanouis. Aujourd’hui traversée par un long ruban d’asphalte, elle continue de parler à ceux qui savent encore écouter le vent qui la balaye, le soleil qui l’écorche et la neige qui la plonge dans un hiver hypnotique. Herbes hautes, virevoltants, quelques feuillus ont su la dompter pour se faire une place, survivre en se nourrissant de ce qu’elle sait donner.

Brothers, 452 habitants, comme une oasis déposée au milieu de nulle part, traversée dans un souffle. Poursuivre la ligne droite, jusqu’à Bend, 36 miles indique le panneau en bord de route, sans plus rien croiser que quelques voitures, camions ou camping-cars, au compte goutte. On est au cœur de l’Oregon Badlands Wilderness.

S’arrêter sur le bord de la route, Millican, une Gost Town au passé sombre. Achetée, vendue et revendue de nombreuses fois depuis la fin du XIXème siècle. Une poignée d’habitants, une station service, une supérette, une piste en bordure de L’US 20, puis l’assassinat de Bill Mellin en 1988 mis fin à l’existence de cette ville. Il semblerait que depuis une quinzaine d’années, le lieu ait été acheté, un gardien habiterait à côté. Propriété privée est noté sur un panneau attaché au portail en fer d’une maison en mauvais état, à gauche des anciens bâtiments désaffectés. Comme un air de Bagdad Cafe…

Arriver en fin d’après-midi à Bend. Direction Downtown pour manger une glace et prendre le pouls de la ville.

crnt us 🇺🇸 route 20 | jr 30 Twin Falls ~ Boise

les voyages ne sont jamais les mêmes, pourtant c’est toujours la même force qui me propulse vers cet inconnu

Quitter la chambre 173 du Motel 6 pour se rendre aux Shoshone Falls, les Niagara Falls de l’Ouest, plus haute de 14 mètres. Et oui ! Le lieu est paisible, très peu fréquenté. Prendre le temps de regarder l’eau chuter. Envoûtant. Puis, revenir en ville pour voir le Perrine Bridge tout aussi impressionnant. Dans le parc, observer des jeunes gens préparer leur parachute pour se lancer dans le vide plus tard dans la journée. Les conditions sont favorables. Quant à nous , la route nous appelle, pas le temps d’attendre.

Shoshone Falls
Snake River
Perrine Bridge

On quitte Twin Falls en écoutant Christopher Cross qui nous ramène sur New York City, puis Orleans avec Still The One, Gloria Gaynor, I will survive, chanter avec elle, battre le tempo avec le pied, à suivre Eagles…

Plus tard chez un disquaire à Boise

Pour rejoindre l’I-84, on fait un détour par la Scenic Byway 30. On enjambe plusieurs fois la Snake River. Du trafic sur la deux fois deux voies, surtout des camions traînant jusqu’à 3 remorques. La température a aussi augmenté, plus de 30 degrés, l’horizon est brumeux. À la radio, impression de se retrouver dans les années 80.

Champ de pommes de terre symbole de l’Idaho

Avant Boise, on récupère la Route 20 qui se confond avec l’I-84. C’est ainsi que nous rentrons dans cette ville plombée par la chaleur. Peu de monde en centre ville. Nous trouvons une place pour nous garer face à l’Idaho State Capitol. Une halte pour manger au Bittercreek Alehouse avant de marcher dans Freak Alley Gallery, une rue célèbre pour son street art. Nous sommes dans le quartier « basque » de la ville. C’était écrit dans un article lu un jour quelque part.

Et puis, il y a eu ce moment étrange à la suite d’un échange avec le serveur du restaurant. Il nous raconte qu’il est venu en France il y a dix ans maintenant et qu’il a passé une semaine à Paris et une autre à Bordeaux. Son travail le rappelle à l’ordre, mais il revient nous donner discrètement un papier de la part d’un autre client qui vient de quitter une table proche de nous. À l’intérieur quelques mots écrits en français, « Félicitations pour ces superbes Jeux Olympiques. Profitez de votre séjour à Boise », à l’intérieur un billet de 20$. Étonnant. Déroutant. Pudique. On aurait tellement aimé échanger avec lui.

crnt us 🇺🇸 route 20 | jr 29 Idaho Falls ~ Twin Falls

les voyages ne sont jamais les mêmes, pourtant c’est toujours la même force qui me propulse vers cet inconnu

Quitter la chambre 480 d’un hôtel sans âme, mais situé en centre-ville et reprendre l’US Route 20 le soleil matinal dans le dos. La température encore clémente va augmenter au cours de la journée pour atteindre plus de 30 degrés. Faire quelques courses au Walmart.

Retrouver un paysage à perte de vue, aride, quelques buissons épineux, secs, appelés virevoltants ou tumbleweeds poussent dans cette immensité où l’herbe jaune persiste à exister.

Tumbleweeds

C’est dimanche et nous sommes arrêtés sur la route pour travaux, au loin on aperçoit l’East Butte qui culmine à 1950m.

Un arrêt à Atomic City. On y accède par une route récemment goudronnée, on repartira par la piste en terre. Des 59 habitants, nous n’en croiserons aucun. Juste, entendre le son de la télévision au volume élevé sortir d’une modeste habitation, comme si la vie ici était artificielle.

Traverser un champ de lave aux Craters of the Moon. Vent, chaleur, sol sombre, minéral. Se dégage une sensation de fin de monde et pourtant la vie reprend le dessus au milieu de rien.

S’écarter une nouvelle fois de la route 20. Traverser la petite ville de Shoshone. On aurait pu rentrer dans un magasin d’antiquités, acheter une babiole, on aurait pu manger au Manhattan Cafe, manger un burger-frites, on aurait pu attendre le passage d’un train devant la gare désaffectée, on aurait pu, mais c’est dimanche, un homme s’assoit sur un banc, se passe la main sur le visage et laisse la journée se terminer comme elle a commencé, dans l’ennui d’un jour d’été.

crnt us 🇺🇸 route 20 | jr 28 Idaho Falls

les voyages ne sont jamais les mêmes, pourtant c’est toujours la même force qui me propulse vers cet inconnu

S’arrêter une journée dans une ville inconnue, qui évoque peu de choses dans notre imaginaire. Juste l’effervescence d’une petite ville de l’Ouest américain un samedi matin. Quitter la chambre 420 pour quelques heures, laisser la voiture sur le parking de l’hôtel, marcher dans la ville historique, sur les berges de la Snake River, écouter le bruit des chutes d’eau, regarder le paysage. Prendre le temps de flâner, de penser aux dernier jours qui nous rapprochent de la fin de l’US Route 20.

Snake River
Un clin d’œil à la Snake River
off-shore
The Church of Jesus Christ of Latter-Day Saints

L’historic Old Town.

crnt us 🇺🇸 route 20 | jr 27 West Yellowstone ~ Idaho Falls

les voyages ne sont jamais les mêmes, pourtant c’est toujours la même force qui me propulse vers cet inconnu

Quitter la chambre 210 sous un ciel relativement dégagé. Rouler jusqu’à la sortie sud du Yellowstone. Laisser derrière nous cette merveille de la nature pour rejoindre le Teton Park qui devrait tenir toutes ses promesses aussi.

Longer une nouvelle fois la Madison River. Le scintillement de l’eau sous le soleil comme une couverture de diamants. Et la prairie, installée entre les pentes arborées des montagnes. Les joncs, les petites fleurs jaunes, roses ou bleues s’épanouissent au bord de l’eau, dans la prairie.

Une route à sens unique de 2 miles, la Firehole Canyon Drive, un étroit couloir et en contrebas, la Firehole River et ses Firehole Falls.

En revenant sur la 191, autour de nous, des champs de geysers. Le regard se porte sur les sites que nous avons déjà visité la veille. Des images reviennent encore bien présentes. On passe un sommet à 2500 m. On suit encore un peu la Highway 191, on retrouve parfois des tronçons de la Route 20. À la bifurcation avec West Thumb, le panneau annonce Grant Teton 29 miles et Jackson 79. On roule entre forêts de sapins et prairies. Un paysage toujours aussi envoûtant. L’œil est accroché par tous les détails que nous offre la nature si généreuse. Longer Lewis Lake assombri par un passage nuageux. Le ciel se voile. Des travaux sur la route. 20 minutes de délai sont annoncées sur un panneau d’information. Dès que nous pouvons passer, un camion citerne arrosant la piste en terre ouvre le chemin. On quitte le Yellowstone par l’entrée Sud, les arbres ont été rongés par le feu, les troncs noircis donnent une impression de désolation. Un réel contraste après ce que nous avons vu.

On aborde le Jackson Lake dans le Grand Teton Park par le Nord et on longe la rive Est. De l’autre côté, la chaîne de montagnes majestueuses et les neiges éternelles aux sommets. Un glacier encore présent malgré son recul permanent.

Jackson Lake

Au tournant de la route, une surprise, un Moose.

La Snake River

Nous atteignons Jackson en fin d’après-midi, une ville aussi bien active en été avec la Snake River qu’en hiver avec le domaine skiable. Aujourd’hui en centre ville, un regroupement pour soutenir la candidature de Kalama Harris.

Pistes de ski de Jackson

Sur la route pour rejoindre Idaho Falls, on change d’état.

crnt us 🇺🇸 route 20 | jr 26 Yellowstone 3

les voyages ne sont jamais les mêmes, pourtant c’est toujours la même force qui me propulse vers cet inconnu

La température est de 15 degrés lorsque nous quittons le motel pour profiter d’une troisième incursion dans le parc du Yellowstone, le ciel est voilé. Après l’entrée du parc, les voitures roulent à bonne distance les unes derrière les autres. Sur la gauche, la Madison River. Le soleil tente une percée. La route slalome entre la forêt de sapins. On profite d’un ralentissement pour se garer sur une aire de repos et marcher le long de la rivière. Profiter de cet espace inestimable. Le paysage est apaisant, la rivière tourbillonne et suit son cours, tranquille. Autour, c’est la forêt naturelle, les arbres meurent de leur propre mort, un jour abattus par un vent trop fort. Les troncs, lavés par les pluies, la neige, jonchent le sous-bois, les berges de la rivière, les branches sèches tracent un sillon à la surface de l’eau.

Plus loin, il y avait cette fille longiligne vêtue d’une salopette beige, des cheveux rouges longs nattés.

On fait le tour de multiples geysers. Mère Nature nous donne à voir un spectacle fabuleux, des couleurs magnifiques allant du bleu turquoise au vert émeraude en passant par toute la gamme des écrus, jaunes et cuivres. Autour de nous, la terre fume. Un voile de vapeur d’eau persiste autour de nous, mystérieux.

Il faudrait plus de temps d’écriture pour exprimer toutes les sensations, les ressentis que cette journée nous a offert. Il sera temps d’y revenir plus tard.

crnt us 🇺🇸 route 20 | jr 25 Gardiner ~ West Yellowstone par Livingston et Bozeman

les voyages ne sont jamais les mêmes, pourtant c’est toujours la même force qui me propulse vers cet inconnu

Quitter la chambre 212 pour rouler Nord vers Livingston, puis Ouest vers Bozeman avant de revenir vers le Yellowstone par l’entrée Ouest.

La route serpente dans un canyon. En contrebas, la Yellowstone River. Deux embarcations de rafting. On longe la Custer Gallatin National Forest dont les sommets sont dans la brume. Puis une large vallée. Des entrées de ranch. Des nuages de plus en plus accrochés au relief.

Livingston, ce nom sonne familier. Jim Harrison y habitait, pas très loin, chassait, pêchait à la mouche dans les rivières sauvages avant de passer l’hiver dans l’Arizona, à Patagonia. Livingston et Main Street, ses constructions historiques en briques rouges, le Murray Cafe et Hotel célèbre pour avoir hébergé des artistes célèbres. Livingston, ses airs de old town tranquille. Ici la vie s’écroule, paisible. Quelques voitures se croisent, quelques piétons sur les trottoirs. C’est l’heure du lunch et du rituel poche en papier avec à l’intérieur un sandwich et une canette de soda. Rentrer dans une librairie. Face à la caisse, sur une étagère, un livre signé par Jim Harrison, Plain Song, prix 400$.

Réception Murray Hôtel

Sortir de Livingston par l’Ouest. Longer la voie ferrée et des casses d’automobiles, un ranch, rattraper l’I-90. Le solel peine à sortir, bataille avec la couche nuageuse persistante sur les sommets. Traverser une ligne montagneuse et passer dans la vallée suivante.

Bozeman, le nom me plaît. Ville étendue avec de grandes artères, plaisante à parcourir, elle allie à la fois le côté rustique de l’Ouest Américain avec une forme d’élégance plus moderne. Elle semble intemporelle.

Quitter Bozeman sous le soleil, prendre la Highway 191 Sud pour rejoindre West Yellowstone. La route serpente dans la vallée le long de la Gallatin River. Se régaler de la route et se dire que demain une belle journée nous attend dans le Yellowstone. En espérant que la météo sera plus clémente qu’aujourd’hui.

crnt us 🇺🇸 route 20 | jr 24 Yellowstone

les voyages ne sont jamais les mêmes, pourtant c’est toujours la même force qui me propulse vers cet inconnu

Quitter la chambre 229 pour aborder une journée incroyable. Le Yellowstone se réveille avec le soleil, une légère brise et une température douce. Parcourir les 4 miles qui nous séparent du premier spot de ce jour, Mammoth Hot Springs.

C’est un choc de couleurs et d’harmonie qui nous saisit. Le spectacle se passe de mots…

Nous poursuivons la route qui nous mènera jusqu’à Norris. Le paysage est encore une fois plein de surprises.

Et puis, Norris et ses bassins. Le grondement des geysers. L’eau qui boue. Le vent qui balaie les fumerolles. C’est incroyable ce que la nature peut nous offrir. Écouter le vent dans les arbres, se brûler les yeux en regardant la pierre blanche. La fin de journée est majestueuse. Peu de monde dans le parc, le soleil décline et la nature nous a comblés une nouvelle fois.

crnt us 🇺🇸 route 20 | jr 23 Hardin ~ Gardiner

les voyages ne sont jamais les mêmes, pourtant c’est toujours la même force qui me propulse vers cet inconnu

Quitter la chambre 121 de l’hôtel après un breakfast américain « chimique » pris sur place. On se rattrapera un autre jour dans un diner local. Ciel dégagé, comme la promesse d’une belle journée.

Belle journée pour se rendre sur le site de Little Big Horn Battlefield. Je tenais à ce détour qui va conclure un des objectifs de ce road trip, renforcer ce lien auquel je suis attachée depuis si longtemps.

C’est un espace auquel je ne m’attendais pas. En fait, je n’avais pas vraiment imaginé quel serait mon ressenti en rentrant sur le site, immense. Souffle coupé devant cette étendue de prairie. Ici l’histoire a inscrit son empreinte dans le sang pour laisser victorieuses les tribus indiennes pour un temps seulement. Au pied des collines, la Little Big Horn River déploie ses méandres et chuchote à ceux qui veulent bien entendre une douce mélodie venue des temps anciens où les indiens vivaient paisibles sous l’ombrage propagé par les feuillus bordant le lit sinueux de la rivière. Avancer sur les sommets des collines, de tous les côtés, le regard se perd aussi loin qu’il le peut. La prairie a grillé sous le puisant soleil, comme devait l’être cette fin juin 1876. Une brise caresse les herbes hautes. Imaginer la 7ème cavalerie charger. Imaginer à sa tête le Général Custer, pour quelques heures encore, déployer ses hommes face aux guerriers indiens s’opposant jusqu’à donner leur vie à l’idée de se rendre dans des réserves éloignées, loin de la terre de leurs ancêtres.

La Beartooth Scenic Byway commence à Red Lodge. US 212. Le paysage change, montagnes recouvertes de forêts de sapins, hauts plateaux. La route serpente le long de la rivière. Le soleil réchauffe la vallée. Plus de ranches par ici. Plus de vaches ni de chevaux. Le paysage grandiose régale l’œil attiré par l’harmonie des couleurs, des courbes. En fin de journée, parcourir la Lamar Valley. Elle suit la rivière du même nom. Des troupeaux de bisons éparpillés sur tout le secteur viennent se désaltérer. Au loin, un grizzli. Plus loin une oursonne et son petit gambadent dans les hautes herbes, rejoignent la forêt. Un coyote traverse la route, s’enfonce dans le paysage. Merveilleuse nature, si sauvage, si indomptable. On rentre dans le Yellowstone.

crnt us 🇺🇸 route 20 | jr 22 Shoshoni ~ Hardin

les voyages ne sont jamais les mêmes, pourtant c’est toujours la même force qui me propulse vers cet inconnu

Quitter la chambre 111 sous un ciel maussade. Nuit calme. Motel modeste malgré le prix. Seulement 3 voitures garées devant les chambres. Déposer les clés à l’office. Ne croiser personne. Traverser Shoshoni, 471 habitants, un carré sur la carte traversé par la Highway 26 d’Est en Ouest et la reprise de la Route 20 vers le Nord. une station service au croisement des deux artères principales, une église, de petites habitations plus ou moins bien entretenues. A l’extérieur de l’agglomération, des mobil homes, des terrains colonisés par de vieilles carcasses de voitures déposées à l’endroit même où elles ont dû rendre leur dernier souffle. Des emplacements qui ressemblent à des décharges à ciel ouvert

Très vite la route traverse une chaîne montagneuse. Une rivière serpente dans la vallée encaissée. Sur des aires de repos, des pêcheurs installent leur matériel. C’est dimanche. À Thermopolis, prendre la Highway 120 en direction de Cody.

Cody, la ville de Buffalo Bill. Elle porte son nom de famille. Rien de particulier à faire ici, si ce n’est parcourir les deux côtés de Sheridan Avenue, immortaliser le Buffalo Bill Irma hôtel par une photo. S’arrêter au Cody Stampede Park, regarder les cow boys s’entraîner au rodeo, alors qu’un nuage orageux apporte quelques gouttes de pluie.

Reprendre la route off l’US 20. Passer la State Line, entrer dans l’état du Montana. Retrouver le soleil et la chaleur. Passer la Yellowstone River à auteur de Laurel. Rentrer dans la ville de Billings, essayer des bottes au Boots Barn et reprendre la route pour Hardin. L’Est du Montana ressemble à la partie du Wyoming que nous avons quitté temporairement, la prairie, l’ancienne terre des troupeaux de bisons.

Line State
Yellowstone River