crnt us 🇺🇸 New England J3 | Newport (Rhode Island)- Provincetown (Cape Cod)

les voyages ne sont jamais les mêmes, pourtant c’est toujours la même force qui me propulse vers cet inconnu

Une matinée bien remplie consacrée à la visite de trois Mansions. Une plongée dans un monde de puissance sociale et financière, un monde de surenchères, celui du Gilded Âge. Ici, les pavillons d’été construits à la fin du XIXe siècle, restaurés à merveille, rappellent le faste de ces familles aux noms de Vanderbilt, Oelrichs ou Berwind.

The Breakers Mansion (reconstruite en 1893) – Summer « cottage » de Cornelius Vanderbilt et de sa femme Alice Vanderbilt

The Marble House – l’opulence du Gilded Âge. Propriété construite par William Vanderbilt pour le 39ème anniversaire d’Alva Vanderbilt.

C’est un autre monde. On pense échapper à la vieille Europe, elle revient hanter le nouveau continent avec ses marbres, ses styles de la Renaissance au Baroque en passant par l’art grec. Les références crèvent les yeux. On éprouve le désir d’autres propositions.

Mais parfois, l’œil attrape une forme particulière, la courbure d’un objet, un détail dans une tapisserie qui permet de s’évader, d’imaginer cette vie, à cette époque auprès de ces femmes aux ambitions noyées dans l’ombre de leur mari.

Rosecliff (1902) – sur les traces de « The Great Gatsby ». Propriété achetée et reconstruite par Hermann, le mari de Tessie pour ses 39 ans.

Il y avait dans la salle gothique de Marble House ce jeune couple de japonais. Lui ne lâchait pas son appareil photo et gardait dans son viseur sa compagne. Elle se laissait prendre en photo, prenait la pause, plusieurs clichés se succédaient, puis elle se précipitait pour apprécier le résultat. Lui, il faisait défiler les différents portraits, puis lui demandait de retourner se positionner pour reprendre des photos. Ils ne portaient aucune attention à ce qui les entourait. Seul comptait le décor choisi pour la photo. Celui qui mettrait en valeur son modèle. C’était étonnant et même fascinant de les suivre des yeux, avec discrétion.

crnt us 🇺🇸 New England J2 | Foxborough – Newport (Rhode Island)

les voyages ne sont jamais les mêmes, pourtant c’est toujours la même force qui me propulse vers cet inconnu

Réveil très matinal ce matin, 4h30. Le temps de flâner, de trier les photos, d’alimenter le blog, Polarstep et IG, le jour se lève : ciel bleu intense et soleil au programme pour la journée.

65 Prospect Street

Retour sur la 95 South. Direction Providence (Rhode Island), au 65 Prospect Street, la dernière résidence de H.P. Lovecraft. Le paysage arboré défile. Ici et là, le feuillage des arbres ont déjà tourné au rouge. À la radio, Lynyr Skynyr, The Doors, The Who, Creadence Clearwater Survival, une remontée dans le temps. Souvenirs de jeunesse.

C’est un samedi matin paisible qui s’annonce, à marcher le long de Prospect Street et Benefit Street, sur les traces de l’écrivain natif de la ville. Je prends des photos, essaie de garder en mémoire celles que je n’ai pas prises. Les maisons en bois colorées sont aussi jolies les unes que les autres. Imaginer la vie à l’intérieur. Halloween approche et certaines se sont déjà parées des ornements bien reconnaissables de cette coutume anglo-celte.

Maison de Sarah Helen Whitman, poétesse, courtisée par E. Poe

Poursuivre la route jusqu’à Newport, Rhode Island. Marcher dans la ville et profiter du front de mer. Une multitude de gens savoure ce magnifique weekend automnal. L’ambiance est à la légèreté du moment. Sur les quais, les terrasses des restaurants ne désemplissent pas. On s’enfonce dans la ville à la découverte des célèbres Mansions, The Breakers, Rosecliff, Marble House, The Elms, entre autres, traces du faste des siècles derniers, on s’intéresse à l’histoire du tennis à l’International Tennis Hall of Fame, ses courts en herbe, on marche le long du Cliff Walk pour terminer avec la promenade panoramique de 10 miles le long de l’Ocean Drive, à la pointe, son phare.

Une première journée bien remplie !

crnt us 🇺🇸 New England J1| Boston-Foxborough

les voyages ne sont jamais les mêmes, pourtant c’est toujours la même force qui me propulse vers cet inconnu

Les longs couloirs d’aéroport à CDG, les Duty Free, la queue aux caisses, les langages internationaux qui se diffusent dans l’espace confiné et se font écho, j’avais oublié depuis un an cette ambiance à part du monde du passage et de l’attente, celui des départs et des arrivées.

La cabine étroite de l’Airbus A350-900, l’air ambiant confiné, l’odeur saturée du réchauffage des plats chauds, le pas accéléré du personnel navigant dans les allées exiguës. Et puis ma voisine en pleurs, en plein drame personnel, ses longs cheveux blonds en barrage devant son visage humide, un Kleenex dans la main droite.

Touch down sur la piste de Logan Airport. Comme un retour chez soi. Cette appel de la terre qui donne la sensation qu’on est bien ancré dans le sol, que l’énergie circule, apaisante. Grâce à l’application Mobile Passeport Control (MPC), éviter les longues files d’attente aux postes de l’immigration, récupérer dans la foulée les valises et se retrouver dans le bus qui mène aux Rental Cars.

Traverser Boston un vendredi en fin d’après-midi c’est se confronter aux bouchons des sorties de bureaux et des départs en weekend. Pas moyen d’échapper à cette cohue. Le trajet jusqu’à Foxborough prendra plus de temps que prévu. Il faudra contourner Boston par le Nord à travers des zones industrielles, des quartiers défavorisés, puis traverser la ville par la 93 avant de rejoindre la 95.

Nous ferons une halte traditionnelle au Walmart pour acheter quelques fruits, de quoi nous restaurer à l’hôtel avant de prendre une bonne nuit de repos à Foxborough. La journée de demain prévoit d’être intense.

crnt d’été Corse | Sartène, avant le départ #8

regard du dedans, vie au dehors | le temps enroulé à l’infini et le jour ressemble à la nuit c’est ici que tout commence ou recommence là où l’histoire se dit

[jrnl|temps passé]

Jour de départ, jour de retour. Nous ne rejoindrons pas Marseille par bateau avec le ferry de la Corsica Linéa, mais Bordeaux par avion. Un direct cette fois !

Mais avant, nous profiterons d’un petit déjeuner sur le port de Propriano avant de faire une courte halte à Sartène avant de rejoindre Figari en début d’après-midi. Ici, chacun s’affaire à ses tâches matinales. Nettoyage, courses, bavardages, pause sur un banc devant le port.

Sartène, c’est ce petit village accroché au flanc de la montagne.

La route qui serpente, ses rues étroites et ses escaliers. La place du village occupée ce matin par un marché artisanal proposant quelques produits locaux, charcuterie, fromages, fruits et légumes. Son église. Les touristes se sont agglutinés autour de ce périmètre où ce n’est que succession de restaurants dans ces ruelles étroites où piétons et gourmands attablés se croisent, les uns en frôlant les murs, les autres pris en étau entre les promeneurs et le mur opposé.

Une heure de route nous attend pour rejoindre l’aéroport. Ce soir, nous serons rentrés chez nous, des images de mer bleu profond, de maquis sauvage, de villages de montagne ou de bord de mer plein les yeux. La gentillesse des locaux et la douceur de vie.

crnt d’été Corse | la tour de Campomoro #7

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[jrnl|temps passé]

Vendredi, dernier jour avant le retour. Je regarde de l’autre côté du golf de Valenco et cette tour génoise m’intrigue encore. C’est comme un appel. Le temps est plus clément en fin d’après-midi, pourquoi ne pas tenter une petite marche jusqu’à la pointe ?

Descente en voiture jusqu’à Propriano et, à la sortie est, poursuivre vers Campomoro. La route épouse le relief, la voiture les courbes. L’arrivée sur le petit port de pêche ressemble à ce que j’avais observé sur Google Maps. Le ponton et le bateau de pêche amarré, le bar restaurant des Amis. On poursuit à pied. Direction la tour. Une marche en montée de 30 minutes environ indiquait le prospectus de l’office du tourisme. Après un passage dans un lotissement privé, le reste du parcours se fait sous le maquis par un étroit chemin de terre.

C’est un endroit paisible, sauvage. Je me laisse du temps pour contempler la vue à 360 degrés. Elle m’offre l’opportunité de me projeter ailleurs. Dans ces moments-là, naissent les projets pour d’autres ailleurs. Le site ferme ses portes, il est déjà plus de 19 heures. La descente se fait dans le silence.

crnt d’été Corse | Bonifacio #6

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[jrnl|temps passé]

Avant de prendre la route pour Bonifacio, il a fallu trouver une borne de recharge pour la voiture électrique de location. Petite visite au Auchan de Propriano. Attente sur un banc à regarder le défilé des vacanciers et des locaux avec leur chariot plein de courses. Sur le parking, un ballet de coffres de voiture qui s’ouvrent et se referment. Le bruit des roues des Caddies sur le goudron. Des bribes de conversation. Des pleurs d’enfant.

La route jusqu’à l’embranchement de l’aéroport de Figari serpente le long des massifs montagneux, surtout autour de Sartène. Puis la T40 devient plus docile et se déroule à travers le maquis presque en ligne droite jusqu’à Bonifacio. On longe le fond du port, un coup d’œil sur la citadelle médiévale qui surplombe la mer, et on monte en direction des parkings proches du cimetière marin. Ici, faire abstraction de la foule de touristes grouillante de partout. S’enfermer dans une bulle et imaginer un temps d’avant, un temps médiéval. Les fortifications, la haute-ville, le vent, la mer et en face, la Sardaigne.

Rentrer dans le cimetière marin, s’attarder sur les noms, la forme des caveaux.

Puis se rapprocher de la ville haute, s’engouffrer dans les ruelles saturées de visiteurs avides de trouver une place pour se restaurer en terrasse, de s’offrir un dernier souvenir de vacances. Il fait chaud, mais à certains coins de rue, le vent reste le bienvenue.

Profiter le la vue.

Descendre ensuite vers le port. Longer le quai sous le regard ancestral de la citadelle.

crnt d’été Corse | Propriano #4 #5

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[jrnl|temps passé]

Les jours s’étirent lentement entre ciel bleu et mer scintillante. De l’autre côté du golfe de Valinco, la montagne bleutée et son manteau de végétation dense, le maquis. À la pointe, on aperçoit la silhouette de la tour génoise de Campomoro, quelques rochers ocre. Pour y accéder, il faut compter une heure de randonnée sous un soleil d’été cuisant. À contrecœur, je fais l’impasse sur cette marche et toutes les autres. Je me projette vers une autre saison, plus clémente, pour envisager des découvertes nature. En attendant, je m’informe sur la région et je m’imagine cheminer au printemps sur ce sentier du littoral au départ du petit village de pêcheur de Campomoro. Par curiosité, je cherche sur Google maps, mode street view, là, apparaissent le ponton de bois et le toit-terrasse du bar-restaurant des Amis. Je poursuis la route entre habitations de pierre et mer. Au bout, un chemin de terre, fin d’accès avec Google maps. J’aperçois au loin la tour posée derrière un monticule arboré. Fin de visite.

Un lézard audacieux passe précipitamment entre mes pieds pour rejoindre la végétation en face de la terrasse. En dé-zoomant, sur la carte, je remarque que Rome est à la même latitude que notre lieu de villégiature. Remonte alors un souvenir lointain d’un Noël passé en famille chez mon oncle et ma tante. La douceur de la ville en hiver, un tourbillon de découvertes pour l’adolescente que j’étais, élevée en pleine campagne. La ville s’est inscrite en moi comme une aventure urbaine inoubliable. La magnifique Piazza Navona, les marches de la Piazza di Spagna, mes préférées, et toute cette ambiance d’une ville aux promesses du sud. La fontaine de Trevi et le vœu associé, de dos, ce lancer de la pièce dans l’eau turquoise. Entre oliviers et lauriers roses, végétation méditerranéenne diverse, les cigales s’en donnent à cœur joie. À l’horizon, la brume s’épaissit, quelques nuages de chaleurs se forment sur le golfe. Un hélicoptère de l’armée s’exerce à des simulations de sauvetage au-dessus de l’eau, trouble le calme apparent. La mer frissonne. Malgré une légère brise, il fait encore lourd. 

Je reçois des photos de K., en vacances sur une île au large de la Grèce. Un petit village à la blancheur immaculée accroché à flanc de colline, étroites ruelles et escaliers de pierre dans lesquels les chats errants aiment se prélasser. Ces images me renvoient aux travaux photographiques de Hans Silvester sur les chats des îles grecques. Cuisine méditerranéenne aux saveurs gourmandes de poissons frits, légumes de saison, de quoi profiter d’un été d’évasion. Je remonte vers Athènes sans m’arrêter, puis porte mon regard sur Thessalonique anciennement Salonique. Le camp de Zeitenlik aujourd’hui disparu. C’était en janvier 1916, mon arrière-grand-père, Auguste, celui qui avait quitté son Tarn-et-Garonne natal pour une guerre éclair, se retrouvait sur le front d’Orient. Six mois plus tard, terrassé par le paludisme, il s’est éteint à l’hôpital temporaire n°1 et a été enterré dans le cimetière militaire de la ville. 

crnt d’été Corse | Propriano-Filitosa-Sollacaro #3

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[jrnl|temps passé]

Matin paisible

Toujours cette même douceur du paysage au réveil, les massifs montagneux recouverts d’une végétation sauvage prise dans un voile de brume matinale. Une petite brise qui donne l’illusion de rafraîchir, même si le thermomètre se rapproche déjà des 30 degrés. Ils seront bientôt dépassés.

Il y a très longtemps que je n’étais pas revenue en Corse. La première fois, c’était durant l’été 1976 ou 1977, une maison d’architecte, surplombant la côte découpée et les eaux bleue turquoise de Cargèse. J’avais une douzaine d’années et j’étais orpheline de mère depuis peu. Mon père avait accepté de partir avec deux autres couples d’amis et leurs enfants. Toute une smala déplacée de Bourgogne en Corse. Comme un air de fête ! L’attente du ferry du soir à Marseille sous la chaleur, la visite à Notre-Dame de la Garde éclaboussée par le soleil méditerranéen, les étroites ruelles du Panier, le port… et la traversée en pleine nuit jusqu’à Ajaccio, les cabines étroites, le bateau qui tangue. La salle de cinéma tout en haut du ferry et ce film, dont le titre me revient à la mémoire, Soleil vert, avec Charlton Heston. A l’arrivée, attribution des chambres. Je dormais avec deux soeurs plus âgées que moi, cheveux longs et raides, corps dessiné par de nombreuses années de danse et sourire gourmand. Ce vivre en communauté était nouveau pour moi, un avant goût de liberté et d’échange sur les codes de vie des plus grands. Une ouverture musicale sur les tubes de l’été, Polnareff, Nino Ferrer et sa chanson Le Sud, mais surtout la découverte d’un groupe américain qui ne me quittera plus, Eagles et son célèbre Hôtel California, écouté en boucle durant tout le séjour sur des cassettes enregistrées. De quoi laisser une empreinte indélébile et confirmer ma passion déjà affirmée pour les Etats-Unis. Depuis, je ne suis plus revenue de ce côté-ci de la Corse.

Sur la route
Sur le site de Filitosa

En fin d’après-midi, une plongée dans la préhistoire Corse sur le site archéologique de Filitosa, proche de Sollacaro. Des statues-menhirs classées de toute beauté peut-on lire dans des commentaires. Il fait encore très chaud, mon corps accuse l’effort. A l’accueil, la jeune femme avait précisé que la visite durait une heure. Par précaution, j’ai emporté ma gourde. Regarder les pierres, se projeter dans un temps inconnu et imaginé, toucher la surface granuleuse du granit, fermer les yeux et ne rien ressentir. Est-ce normal ?

A chaque fois, je me demande ce qui m’échappe de ce moment, quand la rencontre n’est pas au rendez-vous.

Village de Sollacaro
Village d’Olméto

crnt d’été Corse | Propriano-Olmeto #2

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[jrnl|temps passé]

Ouvrir les volets et contempler en contrebas la mer, la plage de Scodi Neri, sous une couche nuageuse. De l’autre côté de la baie, à l’extrême pointe, se dessine la Tour de Campomoro. La température est déjà élevée, 28 degrés. A peine un souffle d’air, à peine un rayon de soleil entre deux nuages. Au large, une brume maritime entre mer et ciel. Les cigales chantent, envahissent l’espace. Un ferry de la Corsica Lingea s’éloigne du port de Propriano et se dirige vers une destination que je devine, Marseille ou Porto Torres en Sardaigne.

En fin d’après-midi, décider le grimper jusqu’à Olmeto, petit village accroché au flanc de la montagne, caressé par le soleil d’été.marcher dans les ruelles de la vieille ville, pavés et escaliers. Lever les yeux sur les hautes façades des maisons en pierre, puis à l’angle d’une ruelle découvrir un océan de toits de tuiles rouges usées par le temps. Plus loin, le golfe du Valinco, sa côte découpée et la mer bleu profond.

Ici, le temps semble s’être arrêté.

crnt d’été Corse | Figari #1

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[jrnl|temps passé]

JOURNÉE DE VOYAGE ✈️

Vol retardé de 30 minutes. Banquettes rouges, conversations en bruit de fond, nuages dans le ciel. Un jeune enfant passe du rire aux pleurs, humeur chagrine. Derrière le comptoir 22, les agents chargés de l’embarquement attendent en discutant. Le vol pour Figari au départ de Bordeaux était plein. Il s’affiche en porte d’embarquement. Nous devrons transiter par Paris.

Au décollage, la couche nuageuse est épaisse.

L’estuaire de la Gironde

Roissy CDG. Dans les allées du hall F, le va et vient des passagers traînant valise cabine, sac à dos sur les épaules, jogging, casquette, les yeux rivés sur leur téléphone, comme un ballet. L’attente dans les zones d’embarquement, les regards perdus dans le vide, l’empreinte de la fatigue sur les visages, le quotidien. On attend l’embarquement pour Figari en regardant le Tour de France sur un écran TV.

Annonce des consignes de sécurité, voix monotone. Roulage. Alignement sur la piste. Poussée des moteurs. V1, VR, décollage. On laisse Paris sur la gauche, on vire direction sud et l’avion déchire les nuages. Au-dessus, une mer de volumes cotonneux. L’arrivée est prévue à 19:18 à Figari. On quitte la côte méditerranéenne et au-dessus de l’eau, le ciel est dégagé. Début de descente. Entre couche nuageuse et eau, on aperçoit l’île enveloppée dans une légère brume.

Aéroport de Figari

Il faudra une heure de conduite sur une route tortueuse pour rejoindre notre lieu de villégiature, non loin de Propriano. Un arrêt de quelques minutes au supermarché du coin avant sa fermeture à 21 heures et c’est à la nuit tombée, à la lumière des phares de voiture que nous arrivons à destination.

jrnl|royan

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[jrnl|temps passé]

Le tram 

Vue du tram

Celle qui n’arrête pas de téléphoner. En quelques mots, on connaît toute sa vie, on l’imagine même avec ses hauts et ses bas. Ce soir, elle ira manger chez untel ou sera invitée ailleurs, mais elle ne veut pas le croiser.

Celle qui a toute une collection de bracelets en argent autour des poignets, ou plutôt autour de l’avant-bras. J’aurais aimé les regarder un par un, les comparer, les porter. Peut-être en choisir un pour de faux et y repenser un jour en regardant la vitrine d’une échoppe de bijoux.

Celle qui se demande si elle ne devrait pas laisser sa place à une personne âgée qui vient de monter dans la rame, une canne à la main. Elle regarde son voisin, sa voisine. Personne ne porte attention à la situation. Elle observe et ne bouge pas. Les stations défilent.

La gare

En rentrant dans le hall de la gare, un courant d’air me saisit. Ça grouille de personnes, c’est vendredi. Devant les écrans de départ, les regards tentent de capter un numéro de quai. Le mien n’apparaît pas encore. Une musique, dont l’air m’est connu, se diffuse dans le hall. Je marche jusqu’au piano. Un homme joue. Il enchaîne les morceaux, je reconnais l’Hymne à la joie. J’en profite pour avoir une pensée pour Auguste, mon arrière-grand-père, son nom est inscrit sur la plaque commémorative des Agents des chemins de fer morts pour la France en 14-18. C’est toujours émouvant de lire son nom, mon nom, inscrit dans le marbre. Je croise un sourd et muet qui parle par signe au téléphone avec une autre personne.

Dans le tunnel d’accès aux quais, un embouteillage se forme. Un départ pour Paris en TGV est prévu. Je dois atteindre le quai 12, de l’autre côté de le gare. Même train pour La Rochelle et Royan jusqu’à Saintes. Il s’agit de monter dans la bonne rame. Rien n’est indiqué. Le contrôleur désigne la dernière rame pour Royan.

Le trajet

En changeant de département, la pluie macule les vitres du train. La campagne est triste, le ciel uniforme. Je ressens l’humidité même à l’intérieur du train. Maisons basses, champs de colza, forêts défilent à l’allure nonchalante du TER.

La ville

Marcher dans la ville, libre. Profiter du temps présent. Avec N., on parle d’écriture, de nos projets, son livre à sortir. Une légère brise marine nous rafraîchit.

Le trajet retour

Sur le quai, le train attend les passagers peu nombreux. C’est samedi. il y aura un changement de train à Saintes. Un coup de fil à la maison pour signaler que je suis bien en route. Je rentrerai à temps.

jrnl|l’autre vie

regard du dedans, vie au dehors | le temps enroulé à l’infini et le jour ressemble à la nuit c’est ici que tout commence ou recommence là où l’histoire se dit

[jrnl|temps passé]

Jardin botanique, jeudi.

Elle a dit qu’elle avait mis sa culotte devant derrière et qu’elle n’avait pas eu le temps de la changer de sens dans la matinée, mais que là, ça suffisait, l’inconfort était trop présent. Elle se souvenait que X lui avait demandé de téléphoner au ministère pour régler une question de validation de césure. Elle lui avait répondu qu’elle n’avait pas le 06 du ministère et qu’il fallait redevenir réaliste.

Marcher dans les allées du jardin botanique. Personne ou si peu. Quelques flâneurs, rêveurs, joggers. Et moi, assise sur un banc de pierre à observer les bassins fleurissants. Moment apaisant. Une brise intermittente traverse les joncs, les herbes hautes, disperse les pollens, accompagne vers le sol des masses cotonneuses qui se détachent des végétaux. Sur un balcon de la résidence qui donne sur le jardin, raisonnent des bruits de couverts qui s’entrechoquent dans un assiette. Je prends des photos avec mon iPhone, regrettant d’avoir oublié mon appareil photo. C’est pas grave, le moment est saisi dans sa douceur, tranquillité, même si des voitures roulent sur le boulevard, trop proche.

Je poursuis en direction de Darwin, longe le fleuve, passe sous le porche d’entrée. C’est calme, un lieu à part, comme une place de village. Les gens y travaillent, se promènent, découvrent des murs couverts de street art, lisent enfoncés dans des canapés usés venant d’un autre âge.

Un rappel à l’enfance. Quand on passe de la bibliothèque rose à la bibliothèque verte !

Traversée de la Garonne entre Darwin et Quinconces. La brise du matin s’est accentuée. Avec la chaleur du jour ça fait du bien. Dans les parterres, de nombreuses pâquerettes jonchent l’herbe redevenue bien verte. Des rangées de coquelicots. Le miroir d’eau n’est pas encore actif. Il est squatté par des groupes de jeunes et des squatteurs.

Je m’enfonce dans la ville, traverse la place de la Bourse et file vers la place du Parlement. Une table au frais sous un parasol rectangulaire, la vue sur les touristes, des écoliers, des couples et des familles profitant de la belle journée. Le serveur m’apporte un smoothie, je le déguste à petite gorgée, sereine. À côté de moi, une femme lit un poème qu’elle dit avoir fignoler à une jeune femme qui vient de la rejoindre. C’est une photographie d’un jeune garçon sur une plage qui semble avoir déclenché cette écriture. Il est aussi question de faire un choix sur deux écritures de la dernière phrase. La jeune femme tranche, puis commence à parler de sa soirée d’hier. Un homme de quatre ans de plus qu’elle, elle en a 24. Un départ. Apparemment long. Autour de nous, les tables changent d’hôtes. Il se fait tard. Bientôt le début de soirée. Envisager le retour.